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Séoul : la 1.500e messe célébrée pour la réconciliation entre les Corées

6 min de lecture
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Crédit : Korea Reconciliation Committee of the Archdiocese of Seoul

Messe pour la Paix à Séoul le 10 février 2026.

L’archidiocèse de Séoul a célébré le 10 février la 1.500e "Messe pour la réconciliation nationale et l’unité" à la cathédrale de Myeongdong, rassemblant plus de 400 fidèles. Depuis 31 ans, chaque mardi soir, cette initiative de prière cherche à soutenir la paix et la réconciliation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, alors que la péninsule reste marquée par la guerre de Corée et la séparation des familles.

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L'archidiocèse catholique de Séoul (Corée du Sud) a célébré mardi 10 février la "Messe pour la réconciliation nationale et l'unité" à la cathédrale de l’Immaculée Conception de Myeongdong, où plus de 400 fidèles étaient rassemblés. Il s'agit de la 1.500e messe pour la paix célébrée en Corée du Sud. Pendant 31 ans, chaque mardi à 19h, l'archidiocèse de Séoul a ainsi maintenu cet effort de prière afin de demander la réconciliation des deux Corées.

"La célébration régulière de messes pendant près de 31 ans, avec une fidélité inébranlable à une seule et même intention, constitue un fait pratiquement sans précédent dans toute l’histoire de l’Église catholique en Corée", a déclaré Mgr Peter Chung Soon-taick, archevêque de Séoul et président du Comité pour la réconciliation de la Corée. "Cela montre à quel point la paix sur la péninsule coréenne, ainsi que la réconciliation et l’unité entre le Nord et le Sud, sont essentielles pour notre peuple."

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"Transformer la division en unité"

Mgr Chung Soon-taick a souligné que malgré les périodes d'espoir et de rupture entre les deux États, la prière des fidèles est plus que jamais nécessaire et porteuse d'espérance pour l'avenir. "Au cours des 30 dernières années, il y a eu des moments où la paix sur la péninsule semblait à portée de main, et d’autres périodes où le dialogue s’est totalement interrompu et où les tensions ont atteint leur paroxysme", a ainsi relevé le prélat. Mais, assure-t-il, "les efforts pour comprendre l’autre et rechercher la réconciliation ne sont en aucun cas un choix faible ou irréaliste ; au contraire, ils constituent une décision plus courageuse. J’espère que cette 1.500e messe deviendra une occasion pour que la volonté de Dieu se réalise sur cette terre – transformant la haine en amour, la discorde en réconciliation et la division en unité. "

La messe pour la réconciliation a été célébrée pour la première fois le 7 mars 1995 par le cardinal Kim Sou-hwan (alors archevêque de Séoul et administrateur apostolique de Pyongyang). Cette tradition s'est ensuite poursuivie avec le Comité pour la Réconciliation de la Corée, lancé le 1er mars 1995, année marquant le 50e anniversaire de la libération et de la division.

Mgr Chung durant l'homélie.

La séparation des deux Corées n’est pas le résultat d’un conflit interne initial, mais d’une division géopolitique imposée dans le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale et du début de la guerre froide. Colonisée par le Japon de 1910 à 1945, la péninsule coréenne est libérée en août 1945 après la capitulation japonaise, mais est administrée par les Alliés après la conférence de Yalta : troupes soviétiques au nord, États-Unis au sud. Le pays est coupé par la ligne du 38e parallèle, choisie comme ligne de démarcation administrative provisoire.

Deux pays toujours en guerre

Mais la guerre froide va tout changer et la Corée devient un nouveau théâtre de la guerre par procuration entre les deux camps. Les élections unifiées n'auront jamais lieu. Deux États distincts sont proclamés : au sud, la République de Corée, au Nord, la République populaire démocratique de Corée. Dans la nuit du 24 au 25 juin 1950, les soldats nord-coréens franchissent en masse la ligne du 38e parallèle. Cette violation signe le début de la guerre de Corée qui durera trois ans. Impliquant les grandes puissances de la guerre froide et une large coalition internationale dirigée principalement par les États-Unis, la guerre de Corée deviendra l'un des conflits les plus meurtriers post-Seconde Guerre mondiale, avec un nombre de morts civils et militaires estimé entre 3 et 4 millions. La guerre de Corée s’achève le 27 juillet 1953 par la signature d’un armistice entre la Corée du Nord, la Chine et les forces des Nations unies soutenant la Corée du Sud, sans qu'aucun traité de paix n'ait jamais été signé. Depuis, les deux Corées restent techniquement en guerre, alternant périodes de tension et phases de dialogue. L'étanchéité entre les deux États reste totale, provoquant une séparation massive qui touche les Coréens jusque dans leurs familles.

Alors que Séoul se prépare à accueillir les Journées Mondiales de la Jeunesse, prévues en août 2027, le thème de l'unité et de la paix est plus que jamais valorisé. "Pour les pèlerins, aller voir la zone démilitarisée, la frontière, les points de contrôle, les missiles dirigés vers le Nord, se replonger dans l'atmosphère de la guerre froide, c'est une expérience qui aidera à comprendre la souffrance du peuple coréen", confiait à Aleteia le père Fabiano Rebeggiani, prêtre italien de l'archidiocèse de Séoul. "La seule possibilité d'annoncer un jour l'Évangile en Corée du Nord n'est pas seulement par des moyens politiques, mais surtout par une prière constante. Comme le pape Jean Paul II a consacré la Russie à Notre-Dame de Fatima, l'intercession de la Vierge Marie serait également nécessaire en Corée", ajoutait-il.

En Corée du Sud, seulement 10% de la population coréenne est catholique dans un pays principalement sans religion. Quant à la Corée du Nord, difficile voire impossible de connaître avec précision le nombre de catholiques et plus largement de chrétiens tant la liberté religieuse y est inexistante. Le christianisme est considéré par la dictature de Kim Jung Un comme une menace à la suprématie de l’État, réduisant les chrétiens au silence et à la clandestinité sous peine de déportation dans des camps de travail. Selon l'ONG protestante Portes Ouvertes, spécialisée dans la persécution des chrétiens à travers le monde, "plusieurs dizaines de milliers de chrétiens se trouvent actuellement en camps de travaux forcés en Corée du Nord". Celle-ci est à la première place dans l'index mondial de persécution des chrétiens 2026.