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Aides financières, congés… Un rapport entend révolutionner la politique familiale en France

Un rapport parlementaire propose des mesures phares pour réformer la politique familiale

Face à la natalité française au plus bas, un rapport parlementaire propose 37 mesures chocs pour une "révolution" de la politique familiale.

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Anna Ashkova - avec AFP - publié le 11/02/26
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Face à la natalité française au plus bas, un rapport parlementaire propose ce 11 février 37 mesures chocs pour "permettre aux Français qui souhaitent avoir des enfants d’en avoir".

À l’heure du déclin démographique en France, un rapport parlementaire, publié ce 11 février, propose de révolutionner la politique familiale afin d'aider les Français à réaliser leur désir d'enfant.  Soutien financier, mesures pour concilier vie personnelle et professionnelle ainsi que pour mieux intégrer les familles dans l'espace public, le rapport porté par la Mission d’information parlementaire sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France, créée à l’initiative du groupe Horizons, propose 37 mesures phares. Deux ans après l'appel controversé d'Emmanuel Macron au "réarmement démographique", cette mission d'information constate que le désir d'enfant reste "élevé en France" mais que "sa réalisation est de plus en plus entravée par les obstacles économiques, professionnels et symboliques".

"J'appelle à une révolution de la politique familiale" pour "permettre aux Français de réaliser leur désir d'enfant", explique le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus qui signe ce rapport à l'issue d'une mission parlementaire sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité, observée en France depuis une quinzaine d'années. En 2025, 644.000 bébés ont vu le jour, soit 2,3% de moins qu'en 2024 et surtout 24% de moins qu'en 2010, selon l'Insee. Il s'agit du plus faible nombre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Une nouvelle politique familiale, "fondée sur les principes de liberté, d'universalité, de lisibilité et de stabilité", doit ainsi répondre à ce "désir d'enfant empêché", décrit le rapport. Celle-ci serait pilotée par un ministère dédié, rattaché au Premier ministre. 

Un retour à l’universalité des allocations familiales

Mesure phare proposé en : la création d'un "versement familial unique" de 250 euros par enfant et par mois, attribué sans conditions de ressources, dès le premier enfant, jusqu'à ses 20 ans. Cette prestation fusionnerait une dizaine d'aides existantes, pour un surcoût d'environ 5 à 10 milliards d'euros, selon le rapporteur.

D'autres propositions visent à soutenir financièrement les familles (possibilité pour les entreprises de verser une prime de naissance défiscalisée, relever le plafond des avantages fiscaux des foyers avec enfants) ou à les aider à se loger (création d'un prêt à taux zéro pour l'acquisition d'un logement lors d'une naissance, permettre une meilleure rotation du logement social).

Au-delà de l'Etat, la société entière doit s'adapter, les entreprises et la famille au sens large ont aussi un rôle à jouer.

Des mesures veulent également améliorer les conditions d'accueil d'un enfant et aider à la conciliation entre vie professionnelle et personnelle : création d'un "congé parental unifié" rémunérés douze mois proportionnellement au salaire, ouverture du congé proche aidant aux grands-parents pour qu'ils puissent ponctuellement garder leurs petits-enfants ou encore accorder aux parents et grands-parents des autorisations d'absence pour participer aux moments clés de la scolarité (environ quatre demi-journées par an).

"Au-delà de l'Etat, la société entière doit s'adapter, les entreprises et la famille au sens large ont aussi un rôle à jouer", estime Jérémie Patrier-Leitus.

La famille, au cœur des prochaines élections présidentielles ? 

Quelques semaines après le tollé suscité par la SNCF et sa nouvelle classe affaires Optimum "sans enfants", perçue comme une nouvelle démonstration de la tendance "no-kids", le rapport recommande de rendre obligatoire l'aménagement d'espaces adaptés aux enfants dans les trains. "On ne peut pas d'un côté s'alarmer du fait qu'en France on ne fait plus d'enfants et de l'autre ne plus les tolérer", pointe la députée Liot Constance de Pélichy, qui a présidé la mission d'information et déposé une proposition de loi visant à interdire de tels espaces excluant les plus jeunes. Elle a également émis une série de recommandations complémentaires, parfois proches de celles du rapporteur.

Que deviendront les propositions du rapport ? Certaines "peuvent se mettre en place d'ici 2027", mais d'autres ont leur place "dans un projet présidentiel", estime le rapporteur Jérémie Patrier-Leitus, qui espère les voir portées par Édouard Philippe.

Face à la chute de la natalité, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) a appelé en janvier le gouvernement à réinvestir dans la politique familiale. Si le sujet préoccupe tout l'échiquier politique pour différentes raisons, il n'est pas certain que les partis s'en emparent. La démographie reste en effet un phénomène complexe, devant être pris en compte dans l'ensemble des politiques publiques, sur un temps relativement long. Pourtant comme le souligne dans Aleteia l’économiste Jean-Didier Lecaillon, auteur de La Famille au cœur de l’économie, "le défi que nous avons à relever, celui de la démographie, justifie de commencer par bien poser le problème et donc de faire le pari de la famille”. “Symboliquement, mais les symboles sont importants, c’est un véritable ministère de la Famille qui doit être envisagé dont la feuille de route serait de souligner et de renforcer son rôle décisif comme investissement…", note-t-il appelant à une révolution économique, intégrant l’investissement dans la jeunesse, au nom de la justice et de l’efficacité.

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