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Christophe Barratier : “J’avais envie de faire quelque chose qui éveille les consciences”

6 min de lecture
Christophe Barratier : "Le spectacle et l'Occupation ont façonné mon enfance"

Crédit : Axel Films Production

Adapté de la BD de Vincent Dugomier et Benoît Ers, Les Enfants de la Résistance de Christophe Barratier sortira au cinéma le 11 février 2026.

À l’occasion de la sortie de son nouveau film "Les Enfants de la Résistance" ce 11 février, Christophe Barratier revient pour Aleteia sur l’adaptation cinématographique de cette bande dessinée à succès de Vincent Dugomier et Benoît Ers, publiée par Le Lombard. Entre transmission de la mémoire et défis du grand écran, le réalisateur confie sa passion pour cette période de l'histoire et raconte les coulisses de ce projet poignant.

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Christophe Barratier, réalisateur des Choristes, Faubourg 36 et La Nouvelle Guerre des Boutons, revient avec un nouveau projet ambitieux : Les Enfants de la Résistance. Adaptation de la bande dessinée à succès de Vincent Dugomier et Benoît Ers, le film plonge au cœur de la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de trois enfants. François, Eusèbe et Lisa, armés de courage et d’ingéniosité, choisissent de résister à l’occupation allemande dans leur village. Entre sabotages, messages codés et évasions périlleuses, leur audace devient le symbole d’une jeunesse décidée à défendre la liberté malgré la peur. Le film mêle jeunes talents — Lucas Hector, Nina Filbrandt, Octave Gerbi — et comédiens expérimentés comme Artus, Gérard Jugnot ou encore Pierre Deladonchamps, offrant profondeur et intensité à cette aventure historique. À l’occasion de sa sortie au cinéma le 11 février 2026, Christophe Barratier se confie à Aleteia sur la genèse du projet et son âme d’enfant passionné par cette période importante de l’Histoire. 

Aleteia : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’adapter Les Enfants de la Résistance au cinéma ?
Christophe Barratier : On m’a parlé de cette bande dessinée que je ne connaissais pas. J’ai été stupéfait de constater son succès alors qu'on dit souvent que les enfants ne s'intéressent pas à l'histoire et encore moins aux conflits. Tous les enfants peuvent s’intéresser à l’Histoire si on leur en donne les clés. La période de l’Occupation m’a toujours fascinée, et l’idée d’en faire un film m’a semblé tout simplement géniale.

D'où vous vient cet intérêt pour l'Occupation ?
Je suis né dans une famille de comédiens. Mon père Jacques Henri Barratier était réalisateur et ma mère Eva Simonet était actrice, puis attachée de presse. J’ai été élevé par ma grand-mère, comédienne de théâtre, qui a vécu l’Occupation à Paris. Elle me parlait souvent de cette période, tout comme mes parents, qui à l'époque étaient enfants. Le spectacle et les histoires sur l'Occupation ont façonné mon enfance.

Y a-t-il une scène qui a été particulièrement difficile à tourner, émotionnellement ou techniquement ?
Non. Certaines scènes, comme celle du train, ne posaient pas de difficulté cinématographique, mais demandaient une grande organisation. Pour les enfants, il fallait aussi respecter le temps de tournage, nous n’avions pas le droit de dépasser les quatre heures par jour. Les scènes émotionnelles étaient les plus faciles à tourner. Comme elles sont souvent muettes, en général, je mets de la musique sur la scène de tournage car elle est le meilleur directeur des acteurs. 

Les Américains prennent pour modèle les Avengers ou les héros de Marvel, nous de ce côté-là, nous n’avons pas besoin de les inventer.

J’ai particulièrement aimé tourner la scène de l’église, quand le petit garçon, François, lit les noms des personnes du village tombées durant la Grande Guerre. C'est un acte courageux car il brave l’interdiction des nazis de commémorer le 11 novembre. Cette scène a ému tout le monde sur le tournage.

Le film touche toutes les générations et offre aux plus jeunes une porte d’entrée vers l’histoire de l’Occupation et de la Résistance. Quelle place accordez-vous à la transmission de la mémoire ?
Effectivement, le film s'adresse à toutes les générations : parents, enfants, grands-parents, arrières grands-parents... Toute la famille prend plaisir à regarder le film. Durant les avant-premières, les grands-parents et arrières grands-parents me confiaient que le film les avait ramenés dans leur enfance. Et c’est vrai, peu importe notre âge, ce film nous ramène à l’enfance, moi le premier.

Les Américains prennent pour modèle les Avengers ou les héros de Marvel, nous de ce côté-là, nous n’avons pas besoin de les inventer. La Résistance a compté de nombreux héros, aux engagements multiples, dont certains ont risqué leur vie pour en sauver d’autres. Certes, la France sous l’Occupation a montré un visage épouvantable notamment avec Vichy mais il y a eu des grands héros dont il faut s’en souvenir. 

Qu’aimeriez-vous que les spectateurs retiennent en sortant de la salle ?
Qu’ils soient émus, qu’ils en parlent entre eux. Après les avant-premières, des familles venaient me remercier. J’avais l’impression qu’elles avaient vécu et partagé un bon moment ensemble. Ce partage, cette reconnaissance, ne sont pas seulement gratifiants : ils sont le plus beau cadeau et le plus beau compliment qu’un metteur en scène puisse recevoir. Nos enfants sont face à un mode particulièrement instable. Ce film donne aussi une leçon pour qu’on s’en serve pour notre avenir. Je n’ai pas la prétention de vouloir donner une leçon car ma motivation première est de raconter une belle histoire, mais j’ai envie de faire quelque chose qui éveille les consciences. Et si mon film peut le faire, tout en offrant un bon divertissement alors j’ai tout réussi.

La bande dessinée accompagne ses lecteurs dans le temps, en faisant évoluer ses héros avec eux. Souhaitez-vous reproduire cette dynamique au cinéma, et imaginer une suite ?
Effectivement, dans la BD les enfants grandissent, à la fin de la guerre ils ont 18 ans. J'adorerai tourner la suite, d'ailleurs on se prépare à le faire ! Ce serait parfait de garder les mêmes acteurs. 

Pratique

Les Enfants de la Résistance, Christophe Barratier, 11 février 2026, à partir de 8 ans selon Allociné.