Chaque mardi, Léon XIV se réfugie pour 24 heures à Castel Gandolfo, loin des couloirs du palais apostolique, du protocole papal et de la foule. Une parenthèse de verdure, de silence et de détente loin des regards, avec ses passe-temps préférés.
"Il va essayer d’y aller plus souvent parce que c’est loin de la foule — loin du train-train quotidien." Quelques semaines après l’élection de Léon XIV, son frère John Prevost confiait à la presse américaine que le Pape comptait redonner à Castel Gandolfo son titre perdu sous le pontificat de son prédécesseur François : les lieux allaient redevenir la résidence secondaire du pontife. Et plus encore : l’écrin de verdure situé à 30 kilomètres de Rome deviendrait "une habitude permanente" de ce pontificat, promettait John, frère proche et confident familial du chef de l’Église catholique.
Piscine, tennis et équitation
Et de fait, en quelques mois, les "mardis de Léon" sont devenus une institution. Chaque lundi en fin de journée, le pontife américano-péruvien sort du Vatican, emmené dans son van noir. Accompagné de gendarmes et gardes suisses, le Pape rejoint le parc des Castelli romani pour son jour de repos. Le mardi, pas d’audience à l’agenda des papes : ses prédécesseurs avant lui avaient sacralisé cette journée de parenthèse qu’ils organisaient selon leur sensibilité. François ne sortait pas du Vatican, Jean Paul II s’offrait des excursions en montagne… Léon, lui, s’adonne au tennis avec son secrétaire péruvien, et à la natation. Les hauts murs de Castel Gandolfo dissimulant ses dizaines d’hectares champêtres abritent une bulle couverte lui permettant de manier la raquette, et une piscine construite du temps du pape polonais – récemment rénovée pour le nouveau locataire de la résidence, a appris Aleteia.
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Des changements sont intervenus depuis les derniers papes qui y venaient en villégiature : le pape François ayant décidé de convertir le palais apostolique de Castel Gandolfo en musée, le nouveau pontife a élu domicile dans une demeure non loin, la Villa Barberini. À l’automne dernier, en répondant aux questions des journalistes qui l’attendaient à sa sortie de Castel Gandolfo, le Pape a indiqué que son "congé" du mardi n’était pas synonyme d’oisiveté ni de déconnexion complète puisqu’il continuait à traiter les correspondances urgentes et à prendre des appels téléphoniques. Cependant, "c’est vraiment une occasion de se détendre, et il n’a pas à porter son habit papal tout le temps", glissait son frère John, laissant entendre que le visiteur lambda pouvait au détour d’un bosquet tomber sur le successeur de Pierre en jogging. Une rencontre peu probable cependant : à 14h, le Pape privatise son jardin. Les grilles sont fermées aux touristes et le 267e pontife s’adonne à ses hobbies préférés. Outre le tennis, on murmure de source sûre qu’il a repris l’équitation, déjà pratiquée lorsqu’il était missionnaire au Pérou. La radio espagnole COPE, qui est allée sur place avec de jeunes étudiants, avance qu’il monte Saleros, un cheval originaire de Valence âgé de 10 ans, "avec lequel il a créé un lien spécial". Dans les écuries papales on trouve aussi le jeune Proton, un pur-sang blanc offert par un éleveur polonais.
Le rituel du mardi soir de Léon XIV
"Chaque être humain, pour bien se soigner, devrait faire des activités pour le corps et l’âme, les deux ensemble", a confié le pontife américain, en assurant que cette pause durant la semaine est une habitude qui l’« aide beaucoup". De fait, ses nouvelles lourdes responsabilités, à la tête d’un micro-État et comme guide spirituelle d’1,4 milliard d’âmes, ont surchargé l’agenda du septuagénaire. "Il est plus fatigué qu’avant — cela se voit sur son visage. Il essaie simplement de rester calme et de se coucher à une heure raisonnable", a reconnu son frère John. À Castel Gandolfo, Léon XIV reçoit aussi discrètement ses amis proches, certains venus des États-Unis, ou encore du Pérou pour des moments conviviaux.

Mais dès qu’il ressort de cette parenthèse, l’évêque de Rome est à nouveau happé par sa charge : une flopée de journalistes l’attendent de pied ferme chaque mardi soir, devant la grille de sa bâtisse, caméras braquées, micros tendus, pour obtenir quelque déclaration à la volée.












