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Hong Kong : l’ex-magnat de la presse Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison

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Cécile Séveirac - avec AFP - publié le 09/02/26
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L'homme d'affaires catholique Jimmy Lai, fondateur d'un journal opposé au Parti communiste chinois, a été condamné ce lundi 9 février à 20 ans de prison. Cette peine très lourde infligée à l'homme de 78 ans le destine à finir le reste de sa vie derrière les barreaux.

L'ex-patron de presse hongkongais Jimmy Lai a été condamné lundi 9 février à 20 ans de prison, la peine la plus lourde jamais infligée en vertu de la loi sur la sécurité nationale, imposée par Pékin. Le magnat a été reconnu coupable de deux chefs d'accusation de complot en vue de collusion avec des forces étrangères.

Les cas de collusion d'une gravité particulière sont passibles de peines allant de 10 ans de prison à la réclusion à perpétuité. Jimmy Lai était notamment accusé d'avoir conspiré pour inciter des pays étrangers à imposer des sanctions contre les autorités centrales chinoises et celles de Hong Kong. Il était aussi poursuivi pour publications jugées séditieuses. La peine maximale est de deux ans de prison pour une première infraction.

Il était reproché à Jimmy Lai d'avoir utilisé son journal comme plateforme pour publier du contenu contre le Parti communiste chinois (PCC), au pouvoir en Chine continentale. C'est aux juges qu'il revient de décider si ces peines peuvent se cumuler, et dans quelle mesure.

La cour a dit prendre en compte l'âge de Jimmy Lai, son état de santé et son maintien à l'isolement pour ne pas infliger la prison à vie. La condamnation de Jimmy Lai est, de loin, la plus sévère prononcée en lien avec la loi sur la sécurité nationale. Elle dépasse le précédent record de 10 ans d'emprisonnement, peine infligée en 2024 au juriste Benny Tai.

Et maintenant ?

Jimmy Lai a été condamné en 2022 à cinq ans et neuf mois de prison pour fraude, dans le cadre d'un litige sur la violation supposée des conditions de location des bureaux de son ancien journal. Il purgeait encore cette peine lundi. Les juges ont décidé que deux années de la nouvelle condamnation se chevaucheraient avec la peine en cours. Concrètement, Jimmy Lai voit donc sa détention prolongée de 18 ans supplémentaires - et non pas 20. Les juges ont également condamné huit coaccusés de Jimmy Lai, dont six membres de la direction du quotidien Apple Daily. De hauts responsables de la rédaction, Ryan Law, Lam Man-chung et Fung Wai-kong, ont écopé de 10 ans de prison.

Trois autres — Cheung Kim-hung, Chan Pui-man et Yeung Ching-kee — ont bénéficié de peines moins sévères après avoir témoigné contre Jimmy Lai. Cheung Kim-hung a été condamné à six ans et neuf mois de prison. Wayland Chan Tsz-wah et Andy Li, deux hommes plus jeunes ayant plaidé coupable de complot avec Jimmy Lai pour rallier des pays occidentaux à leur cause, ont été condamnés à des peines allant jusqu'à sept ans et trois mois d'emprisonnement. Jimmy Lai dispose de 28 jours pour faire appel, a indiqué à l'AFP son avocat Robert Pang, sans préciser si le magnat entend exercer ce recours. S'il purge l'intégralité de sa peine, Jimmy Lai devrait avoir 96 ans au moment de retrouver la liberté.

Jimmy Lai a été le rédacteur en chef du journal d'opposition Apple Daily, fermé en 2021 par les autorités au nom de la nouvelle loi sur la sécurité nationale. Incarcéré depuis 2020 dans la prison de Stanley à Hong Kong, son procès s'est ouvert le 18 décembre 2023. Fervent catholique depuis sa conversion en 1997 et défenseur des mouvements prodémocratie, ses prises de position très critiques du pouvoir ont fait de lui l'une des icônes du combat contre la Chine communiste. Il est emprisonné depuis le mois de juin 2020, accusé de collusion avec les forces étrangères selon les dispositions prévues par la très sévère loi sur la sécurité nationale. Adoptée en 2020 après les manifestations massives contre le gouvernement communiste, cette dernière vise à interdire "la trahison, la sécession, la sédition et la subversion". Utilisée comme un véritable outil de répression contre la moindre opposition au Parti Communiste Chinois (PCC), elle a mis fin de facto au principe  "Un pays, deux systèmes" instauré depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

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