Jamais les membres du clergé n’ont payé un tel tribut face à la violence. Alors que la dernière étude de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), parue ce 9 février 2026, salue une légère baisse des arrestations et enlèvements de prêtres et religieuses dans le monde en 2025, il révèle en parallèle une hausse préoccupante des assassinats.
Une baisse des arrestations et enlèvements
D’après les chiffres publiés par l’AED, vingt-huit prêtres, religieux et religieuses étaient arrêtés ou privés de liberté dans le monde en 2025, contre soixante-douze l’année précédente. Cette diminution est majoritairement liée à la libération d’une quarantaine d’otages au Nicaragua, où le régime Ortega a desserré temporairement son étau autour de l’Église. En 2025, seuls deux religieux étaient détenus en détention. Pour autant, la pression demeure vive : la Chine ou la Biélorussie continuent d’arrêter, d’interroger et parfois d’expulser des membres du clergé, dans un climat d’intimidation permanent.
Autre sujet de préoccupation : l’Inde, où les actes de persécution à l’encontre des chrétiens sont en hausse constante. Fait marquant, les quatre arrestations signalées dans le pays en 2025 ont visé uniquement des religieuses, systématiquement suspectées à tort d’enlèvement ou de traite humaine. Ces accusations suivaient souvent des pressions ou agressions orchestrées par des groupes de nationalistes hindous radicaux. Toutes ont été libérées par la suite. Le Venezuela a quant à lui enregistré deux arrestations de membres du clergé en 2025. Le père américain Gregory Schaffer a été libéré après l’intervention de la nonciature, et, en décembre, le cardinal Baltazar Porras, ancien archevêque de Caracas, a été retenu plusieurs heures à l’aéroport. Menacé, il s’est vu annuler son passeport vénézuélien et refuser l’utilisation de ses papiers diplomatiques avant d’être relâché.
Bien que les enlèvements de religieux catholiques aient diminué, passant de quarante-quatre en 2024 à trente-huit en 2025, ces chiffres restent préoccupants et montrent le danger de servir l’Église dans de nombreuses régions du monde. En Afrique subsaharienne, les enlèvements de membres du clergé sont très fréquents, notamment au Nigeria et au Cameroun.
Dix-neuf religieux tués en 2025
Si le nombre de privations de liberté diminue, celui des assassinats atteint un niveau inédit. Dix-neuf prêtres, religieuses ou religieux ont été tués en 2025, contre treize en 2024. Parmi eux, quinze étaient prêtres, deux séminaristes et deux religieuses. Cette hausse soudaine inquiète les observateurs et révèle de nouveaux foyers de violence. Le Nigeria, une fois encore, paie un tribut effroyable : deux prêtres et deux séminaristes y ont péri, victimes de factions armées, de bandits ou de groupes islamistes. Mais d’autres pays déchirés par la violence, comme Haïti ou la République démocratique du Congo, rejoignent la liste noire.
Des vies données jusqu’au bout
Derrière ces chiffres, se dessinent des parcours de fidélité poussée jusqu’au martyre. Le père nigérian Mathew Eyea, abattu lors d’une tentative d’enlèvement, les sœurs Evanette Onezaire et Jeanne Voltaire, froidement tuées à Haïti lors d’une attaque contre leur communauté, ou encore le père Olivier Gwékouya, assassiné dans sa paroisse au Cameroun : autant de visages venus allonger la liste des martyrs de la foi en 2025. Bien d’autres prêtres et religieuses ont payé de leur vie leur engagement pour avoir refusé de plier face aux pressions des rebelles ou des régimes autoritaires, au Soudan, au Kenya ou au Mexique par exemple. Si la persécution revêt des formes multiples, l’Église, à travers son clergé, demeure enracinée auprès des plus vulnérables. L’AED appelle à la prière et à la mobilisation afin de soutenir ces hommes et ces femmes qui, au péril de leur vie, témoignent de l’Évangile.










