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"Le soir, je suis épuisée, je sais qu’une deuxième journée de travail m’attend, celle avec mes enfants. C’est chouette, mais j’ai le sentiment qu’ils accaparent tellement mon attention que je ne me retrouve plus avec mon époux. Une fois les enfants couchés, on passe en revue les tâches administratives, puis nous nous adonnons à nos occupations personnelles (lecture, séries, cuisine…) essayant de décompresser de la journée," se plaint Véronique.
Ce quotidien illustre bien le défi de nombreux couples : après une journée chargée, chacun rentre chez soi avec ses expériences, ses émotions et parfois ses difficultés. Si un temps pour souffler est naturel, la reconnexion au conjoint reste tout aussi importante. "On vit souvent la vie de l’autre par procuration lorsqu’on n’est pas ensemble. Échanger sur son vécu permet de mieux entrer dans le paysage de l’autre. Travailler le lien est essentiel : sinon, la vie se réduit à une liste de tâches ou à la résolution de problèmes, sans rien qui crée véritablement confiance ou esprit d’équipe", explique Bérengère de Charentenay, conseillère conjugale et familiale dans le Morbihan, précisant que "comme un muscle, la relation a besoin d’être entretenue". Et pour y arriver, elle invite à se poser la question : Comment est-ce que j’aime me reconnecter ?
Ces rituels qui nourrissent le couple
Un peu comme la prière des cinq doigts — bonjour, pardon, s’il te plaît, merci, je t’aime — la spécialiste propose quelques moyens simples mais puissants de se reconnecter et de nourrir la relation de couple. "On peut distinguer plusieurs types de communication. Le tête-à-tête permet de partager ses informations, opinions, connaissances, ce que l’on vit au quotidien ou ses projets. Le cœur-à-cœur sert à exprimer ses émotions en mots. Le corps-à-corps passe par le toucher, le baiser, les caresses. Et enfin l’âme-à-âme permet de partager son intimité profonde, ses idéaux, sa spiritualité", détaille Bérengère de Charentenay, en précisant l’importance de ritualiser ces petites retrouvailles à deux. "Mais attention à ne pas trop "instituer" ces moments, pour que cela ne devienne ni une contrainte ni une source de fatigue", prévient-elle.
Chez Sophie et Pierre, cela passe par des apéros du vendredi soir dans le restaurant en bas de chez eux. "C’est notre moment à nous. On peut débriefer la semaine, parler de ce qui l’a marquée et des idées pour le week-end. On peut rarement se poser ensemble la semaine, alors je chéris d’autant plus ces moments", témoigne Sophie. Chez Marianne et Samuel, ce sont les confidences sur l’oreiller, une fois les lumières éteintes et les enfants couchés, qui transforment le couple. "C’est drôle comme ça fait du bien de papoter dans le silence de la nuit", sourit la jeune femme.

De son côté, Hélène raconte : "Dans ma famille, la cuisine a toujours occupé une place importante. Je me souviens encore qu’on pouvait papoter avec ma sœur ou ma mère des heures durant autour d’une tisane. Avec Jacques, on reproduit naturellement ce fonctionnement, ce qui nous permet d’aborder non seulement notre journée passée mais aussi de parler d’autres choses qui nous travaillent ou nous réjouissent." Maylis et Paul, eux, se connectent durant leur temps de prière avec leur communauté. "Nous nous retrouvons chaque mercredi pour prier, mais aussi pour aborder différents sujets de la vie quotidienne. C’est réconfortant", explique Maylis, confiant qu’en semaine, ils communiquent avec des petits mots doux laissés ici et là dans l’appartement. "Même un simple "merci d’avoir vidé le lave-vaisselle" me réchauffe le cœur", avoue la jeune femme.
Se reconnecter au quotidien, ce n’est donc pas seulement se redire comment s’est passée la journée, mais aussi créer des espaces de tendresse : invitations à l’intimité, mais aussi simples témoignages d’amour et de bienveillance. "Il est important de se dire qu’on est content d’être ensemble, de partager ses émotions et ce que l’on a envie de vivre dans la soirée. Mettre des mots sur ce qui nous habite est essentiel, car l’autre n’est pas dans notre tête", conclut Bérengère de Charentenay.










