Campagne de Carême 2026
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L’adoption définitive du budget 2026 début février enfonce la France dans une crise inévitable qui ne pourra se résoudre qu’avec de longues années d’austérité. Nos parlementaires ont fait l’autruche, ils continuent à nier les réalités, les déficits. Ils ont aussi procrastiné : on verra bien demain, et demain, il y aura l’élection présidentielle. Chacun veut mordicus être le candidat de son camp, ou soutenir son parti qui sera bien évidemment le parti providentiel. La société française vieillit, les entreprises peinent face à une concurrence mondiale effrénée : sommes-nous condamnés à mourir de froid ?
Cesser de promettre la lune
Triste, absurde, raisonnement de nos élites qui ne voient pas plus loin que le bout d’une élection. Les entreprises sont taxées, surtaxées et l’on sait qu’elles sont les moteurs de l’économie : on tue — ou du moins on handicape fortement — la poule aux œufs d’or, augmentant la dette que nous devrions alléger, tous et très vite. Nous n’y échapperons pas, même si la tendance est de dire que cela concernera nos enfants, façon de préciser que l’on n’a pas à s’inquiéter, que l’austérité sera dans longtemps, que nous avons le temps de trouver des solutions et, d’ailleurs, si la croissance reprend, on évitera les difficultés. Il n’en est rien et les politiques de tous bords feraient bien de dire clairement ce dont ils ont conscience.
Qui osera proposer une politique de grande rigueur sachant que le président élu devra inéluctablement mettre en place des mesures de réduction drastique des dépenses de l’État ? Il faut dire la vérité et maintenant, cesser de promettre la lune aux Français, sans quoi le futur président prendra le risque de créer une réaction populaire terrible avec des fractures graves dans la société, entre fonctionnaires et salariés du privés, entre pensionnés et jeunes actifs, etc.
Une révolution morale
Ces constats, tout le monde peut les faire et plus encore en ajoutant la décroissance de la natalité, les corporatismes, les normes européennes et les délires des écologistes radicaux. On peut aussi se poser des questions : comment pouvons-nous agir ou quelle réponse à apporter, en tant qu’individu ? Le vote, bien sûr, est un acte essentiel, mais pas suffisant. Il n’y a pas de recette universelle. Beaucoup peuvent réagir pour ne pas subir en étant acteur dans leur sphère professionnelle ou familiale. La première chose consiste lancer une révolution morale dans son environnement propre. Oui, le travail est valorisant pour l’homme, oui, la solidarité est fondamentale pour le lien social et elle peut s’exercer de façon directe, sans avoir besoin de faire appel à des aides, subventions et autres palliatifs consommateurs d’argent public.
La charité d’hier, si fortement raillée, se fondait sur des relations humaines.
Regardons nos vies de tous les jours. Ai-je besoin de médicaments de confort, ne pourrais-je pas conduire telle personne âgée chez le médecin plutôt que prendre une ambulance, ne devrais-je pas oser employer un apprenti et moi-même prendre ma retraite un peu plus tard alors que je suis en bonne forme physique et mentale ? Ces exemples de tous les jours ne permettront certes pas de combler la dette abyssale mais ils sont des petits signes d’un changement radical d’état d’esprit. Passer de "on a droit" à "conscient des enjeux de société, on s’engage pour". Ce n’est pas rien et c’est même fondamental. Habituée à moins travailler (ah ! les funestes 35 heures) et à considérer le travail comme une punition, consommateurs de loisirs, la société s’est enfermée dans des égoïsmes stériles.
Ce qui crée du lien
La solidarité, la création de liens sociaux directs et non des réseaux digitaux créateurs de solitudes, la vie de quartier, de bureau ou d’usine, la vie associative, tout ce qui crée des liens entre les hommes permet d’agir dans des mini-sociétés à dimension humaine. La charité d’hier, si fortement raillée, se fondait sur des relations humaines. Mettre un peu plus d’humanité, recréer des relations directes, l’émulation des groupes de proximité, ce n’est certes pas une solution pour sauver l’économie française mais une contribution, à ce changement moral fondamental, pour passer d’une société d’assistés à une société de responsabilités. Beaucoup sont déjà dans cet esprit de reconquête, se prennent en charge, réhabilitent le travail et le promeuvent comme une valeur auprès des jeunes et des seniors, valorisent les liens familiaux et redécouvrent les joies des relations sociales.
Ces révolutionnaires des temps actuels sont ceux qui affirment les fondamentaux. Ils se marient, ils souhaitent des enfants pour leur plus grand bonheur et pour l’avenir. Ils savent que les vraies joies sont dans l’échange, le partage les relations humaines et non dans cette morbide consommation effrénée. Et quelle est la responsabilité des chrétiens ? Ne pas pleurer sur les dérives actuelles, mais certainement donner l’exemple de l’espérance dans un monde qui en manque tragiquement.









