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Pourquoi une boîte de sardines figure-t-elle parmi les trésors du Vatican ?

3 min de lecture
Cardinal Josef Beran

Crédit : CTK Historic | Alamy Stock Photo

Cardinal Josef Beran

Au cœur de la sacristie du Vatican, parmi les objets liturgiques les plus précieux, repose une simple boîte de sardines. Mais cette conserve n’est pas anodine : elle a servi de calice au cardinal tchèque Josef Beran lors de sa captivité dans les camps nazis. Un symbole étonnant qui rappelle la puissance de la foi dans la précarité et l’humilité.

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Parmi les richesses secrètes de la sacristie du Vatican, aux côtés de calices d’or et de remarquables vêtements liturgiques, se trouve un objet insolite : une humble boîte de sardines. Utilisée comme calice par le cardinal tchèque Josef Beran, aujourd’hui Serviteur de Dieu, lors de ses années d’emprisonnement dans les camps nazis, elle incarne la force de la foi vécue dans la captivité.

Le trésor pontifical 

Dans une interview accordée en 2011 au média italien Zenit, le père Pavol Benedik, ancien sacristain papal, évoque les clés les plus importantes de sa collection : celle de la sacristie du Vatican. Dans cette pièce est conservé le trésor pontifical, renfermant reliques, calices, et linges d’exception. On y trouve des objets d’une grande noblesse, tel le calice d’or de 1854 utilisé lors de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX, et, juste à côté, une boîte de sardines ayant servi à célébrer la messe dans l’obscurité d’un camp nazi. 

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Le triomphe de l’Evangile dans la captivité

Le cardinal Josef Beran naît en 1888 en Bohême. Archevêque de Prague, il est arrêté successivement par les nazis puis par le régime communiste, subissant dix-sept ans de captivité et d’isolement total. Privé de tout dans le camp de concentration de Dachau, où une épidémie de typhoïde manque de lui coûter la vie, il célèbre en secret l’Eucharistie. Faute de calice, il utilise une simple boîte de sardines, lavée et consacrée. Cet objet du quotidien, normalement jetable, devient le réceptacle du Corps et du Sang du Christ. Le geste du cardinal résume la profondeur de sa foi : là où la dignité humaine est bafouée et la foi proscrite, la célébration demeure possible grâce à l’humilité et l’inventivité du prêtre. Josef Beran, qui refuse l’oppression, termine sa vie à Rome, élevé au rang de cardinal, puis déplacé auprès des papes dans la basilique Saint-Pierre. En 2018, sa dépouille retrouve Prague.

Le pape Paul VI, frappé par le témoignage du cardinal, demanda que cette boîte de sardines soit conservée avec les plus hauts symboles du trésor pontifical. L’histoire de Josef Beran invite à méditer sur la grandeur spirituelle cachée derrière la simplicité matérielle. Tandis que les calices précieux brillent dans le trésor papal, cette boîte témoigne du triomphe de l’Évangile dans l’adversité.