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Nigeria : l’appel à la paix de Léon XIV face à l’escalade des violences

Un fidèle prie à l'Église évangélique lors d'une prière organisée par l'Association chrétienne du Nigeria (CAN) à Minna, le 7 décembre 2025.

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Cécile Séveirac - avec AFP - publié le 08/02/26
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Lors de l’Angélus du 8 février, le pape Léon XIV a exprimé sa "douleur et sa préoccupation" après de nouvelles attaques meurtrières et enlèvements de masse au Nigeria, appelant à la fraternité et à une action déterminée pour protéger les civils.

Lors de la prière de l’Angélus, dimanche 8 février 2026, le pape Léon XIV a lancé un appel solennel à la paix et à la fraternité entre les peuples, évoquant avec gravité la situation sécuritaire au Nigeria, frappé ces dernières semaines par une recrudescence d’attaques meurtrières et d’enlèvements de masse. "Les stratégies de puissance économique et militaire – l’histoire nous l’enseigne – n’offrent pas d’avenir à l’humanité", a déclaré le Pape devant les fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

"C’est avec douleur et préoccupation que j’ai appris les récentes attaques contre diverses communautés au Nigeria, qui ont causé de graves pertes en vies humaines", a poursuivi le Pape, assurant de sa "proximité dans la prière" avec toutes les victimes de la violence et du terrorisme. Léon XIV connaît bien ce pays d’Afrique de l’Ouest, où il s’est rendu à plusieurs reprises entre 2001 et 2013 lorsqu’il était prieur général des Augustins.

Ces paroles interviennent alors que le Nigeria traverse l’une de ses périodes sécuritaires les plus sombres. Dans l’État de Kaduna, dans le nord du pays, au moins 51 personnes ont été enlevées et trois autres tuées en l’espace de trois jours, selon des sources sécuritaires citées par l’AFP. Quatre localités ont été visées par des attaques coordonnées menées par des bandes armées, dans une région à majorité chrétienne déjà durement éprouvée : samedi 7 février, 11 personnes, dont le prêtre catholique Nathaniel Asuwaye, ont été kidnappées à Karku, tandis qu’une attaque distincte à Kasuwar Magani a fait trois morts et 38 enlèvements, parmi lesquels figuraient un imam local et plusieurs fidèles musulmans. Ces violences surviennent quelques semaines après un enlèvement massif de 183 fidèles chrétiens, kidnappés le 18 janvier lors d’attaques simultanées contre plusieurs églises du gouvernement local de Kajuru, en plein culte dominical. L’ensemble des otages a depuis été libéré par vagues successives. Parallèlement, dans l’ouest du pays, l’État de Kwara a été endeuillé début février par des attaques contre deux villages, qui ont fait plus de 170 morts, selon des sources locales.

Les enlèvements de masse sont devenus une pratique courante au Nigeria, perpétrés tant par des groupes jihadistes que par des gangs criminels, localement appelés "bandits". Ces derniers agissent sans revendication idéologique claire et exigent principalement des rançons. Selon un rapport du cabinet SBM Intelligence, les kidnappings ont rapporté environ 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, faisant de ce phénomène une véritable "industrie".

Etat d'urgence

Face à cette spirale de violences, le président nigérian a décrété l’état d’urgence et lancé un vaste recrutement au sein des forces de sécurité. Mais ces mesures peinent à enrayer l’insécurité, régulièrement dénoncée par la communauté internationale. Les États-Unis ont ainsi critiqué l’incapacité des autorités nigérianes à protéger les civils. Dans son message, Léon XIV appelle les autorités à "agir avec détermination pour garantir la sécurité et la protection de la vie de chaque citoyen", rappelant que "l’avenir réside dans le respect et la fraternité entre les peuples". En ce jour de mémoire de sainte Joséphine Bakhita, patronne des victimes de la traite humaine, le Pape a également souligné que "la paix commence par la dignité", un message qui résonne fortement dans un Nigeria meurtri mais toujours en quête de stabilité.

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