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Tous les dimanches ont un nom !

3 min de lecture
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Crédit : Shutterstock I godongphoto

Liturgie de la Parole, église Saint-Jacques (Sallanches).

La tradition s’est un peu perdue, notamment depuis la réforme liturgique, mais la pratique antique veut que l’on désigne chaque dimanche par le premier mot du chant d’entrée latin. Ainsi chacun possède-t-il un nom, qui en donne souvent la couleur spirituelle.

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Quasimodo est bien connu, lui, le héros du roman-cathédrale de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. Mais il a un homonyme, qui n’a pas l’heur, ou le malheur, d’être un homme : le deuxième dimanche de Pâques. C’est d’ailleurs parce qu’il a été trouvé, bébé, ce jour-là, sur le parvis de la basilique parisienne, que l’orphelin est appelé par cet étonnant prénom. Il faut dire que son père adoptif est prêtre. Et, comme tel, il sait comment on appelle les dimanches. Car ce n’est pas un privilège du seul dimanche devenu depuis Jean-Paul II dimanche de la Miséricorde divine.

"[Dieu] donne à chacune un nom" (Ps 146,4), dit le psaume en parlant des étoiles du ciel, et la liturgie, elle, s’occupe des dimanches. À vrai dire, l’appellation propre à chacun vient du premier mot de l’introït, antienne du début de la messe, souvent chantée dans une mélodie grégorienne. Dans une tradition hébraïque, vivante aujourd’hui pour les publications papales, on désigne un texte par son ou ses mots primitifs. "Comme [quasi modo] des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole qui vous fera grandir pour arriver au salut" (1 P 2,2) est ainsi l’introït du deuxième dimanche, désigné par cette désormais fameuse locution Quasimodo.

Un nom pour une tonalité

Au-delà de désigner simplement un jour particulier de la liturgie, ce qui est d’autant plus pratique et parlant que l’on vit dans un monde rythmé par la vie de l’Église, ce qui n’est plus tellement le cas aujourd’hui, ces appellations dominicales rappellent la tonalité de chacun des premiers jours de la semaine. Voilà pourquoi on connaît le plus souvent les dimanches de Gaudete et de Laetare, troisième de l’Avent et quatrième du Carême, qui voient les ornements s’éclaircir, passant du violet au rose, par anticipation de la joie des fêtes de Noël ou de Pâques qui approchent.

"Soyez toujours dans la joie [gaudete] du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Le Seigneur est proche" (Ph 4,4-5) et "Réjouissez-vous [laetare] avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez !" (Is 66,10) sont ainsi les deux antiennes qui font commencer la liturgie de ces deux dimanches où l’allégresse prime.

Comment s’appellera le prochain héros de roman ?

On pourrait aussi parler des dimanches d’Invocabit (1er du Carême), de Reminiscere (2e), d’Oculi (3e), de Judica (5e)… et de tous les dimanches, avec des noms plus ou moins évocateurs. Depuis la réforme liturgique et l’abandon relatif du chant grégorien et donc de l’introït, l’appellation latine est moins utilisée, mais connaître cette tradition est une invitation à faire plus attention aux textes de la messe. Qui sait si un romancier n’est pas en train d’écrire un roman dont le héros est Venite. "Entrez [venite], inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu" (Ps 94,6-7) dit ainsi l’antienne du Ve dimanche de temps ordinaire, ce 8 février.