Carême 2026
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Ce dimanche, l’Église invite à regarder ceux qui souffrent dans leur corps, leur esprit ou leur cœur, avec un message d’espérance : le Seigneur se fait proche de la fragilité humaine. Il appelle à devenir signe de sa tendresse et de sa lumière. Le chemin est clair : partager, accueillir, apaiser, encourager. Isaïe, Paul et Jésus parlent un seul langage, celui de la compassion, de la foi et du témoignage.
La charité porte la lumière
Isaïe décrit une promesse : quand tu partages ton pain, que tu accueilles le sans-abri, que tu vêts le sans-habit, "ta lumière jaillira comme l’aurore" (Is 58, 8). Des gestes de miséricorde où le Seigneur se révèle. Voilà la première guérison. Avant le soulagement des blessures, vient une lumière intérieure qui guérit la dureté du cœur. La charité ouvre un passage à la lumière de Dieu. Aujourd’hui cette parole prend sa force. Ceux qui, dans le monde médical, social ou pastoral, se dévouent près des malades, deviennent porteurs de cette lumière. Dans chaque soin, chaque écoute, le visage de Dieu se penche sur la faiblesse humaine. Augustin le dit : "Là où est la charité, là est Dieu. Si tu veux voir Dieu, regarde celui que tu aimes" (Let. 155, 13). Le Seigneur se montre, non dans une vision lointaine, mais par la main qui se tend, la présence qui console. En aimant, nous devenons lumière, car Dieu est lumière.

La puissance dans la faiblesse
Paul, lui, confesse son humilité : "C’est dans la faiblesse, timide et tout tremblant, que je me suis présenté à vous" (1Co 2, 3). Il ne prêche pas un évangile de prestige, mais Jésus crucifié. Visage de la faiblesse où se manifeste la puissance de Dieu : l’amour qui va jusqu’au bout, sans reprendre ce qu’il donne. Ainsi, la santé n’est pas toujours absence de douleur, mais plénitude d’un amour qui demeure même dans l’épreuve. Aujourd’hui, beaucoup expérimentent la fragilité, la maladie, la vieillesse, la souffrance, la solitude. Paul dit que là, dans ces blessures, agit la puissance de Dieu. La grâce ne supprime pas la faiblesse, elle la transfigure.
Pour les catéchumènes, cette parole compte : suivre le Seigneur n’épargne pas la souffrance. Cela donne une force nouvelle, celle de l’amour du Père. Voilà la puissance de Dieu dont parle Paul : aimer toujours, même quand tout semble perdu, ce que vivent tant de malades, de soignants, d’accompagnateurs, souvent dans le secret.
Laisser passer la lumière
L’Évangile confie une mission : "Vous êtes la lumière du monde" (Mt 5, 14). Ces mots ne sont pas une option. Ils disent notre identité. Être baptisé, ou en marche vers le baptême, c’est devenir lumière pour le monde. Écoutons Jésus : la lumière ne vient pas de nous, mais de Dieu. Elle nous traverse. Nous sommes des lampes à huile que l’Esprit fait briller.
Il ajoute : "On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau" (Mt 5, 15). Belle image pour nous ! Si nous voulons être disciples, laissons la lumière éclairer la maison, l’Église, et au-delà, le monde. Nos sociétés sont marquées par la peur, l’isolement, le découragement. On cherche une lumière sans savoir où la trouver. Le Seigneur nous confie une mission : être cette lumière. Chaque acte de bonté, chaque encouragement, chaque visite à un malade, chaque réconciliation est une étincelle du Royaume. Augustin dit encore : "Ce n’est pas toi qui éclaires, mais si tu es éclairé, tu éclaires. Reçois pour donner, ne garde pas pour toi cette lumière qu’on t’a donnée" (Ser. 272). La lumière du Christ nous est donnée pour rayonner. Le croyant devient responsable de la clarté du monde.
Un guide sur le chemin
Nous le pressentons, la lumière de Dieu guérit les corps, et surtout le cœur. Elle commence quand nous nous approchons des autres, sans peur ni jugement. Les équipes de pastorale de la santé visitent les hôpitaux, les maisons de retraite, les malades à domicile. Sel et lumière, elles rendent visible la tendresse du Seigneur. Un sourire, une bénédiction, une prière près d’un lit d’hôpital devient manifestation du Royaume.
Regardons la vraie lumière qui éclaire tout homme en ce monde. Qu’elle renouvelle la douceur, la force dans la faiblesse et la joie d’aimer.
Pour les catéchumènes, cette lumière est un guide sur le chemin à la rencontre du Seigneur. Le baptême ne supprime pas les épreuves, il rend capables de les vivre avec Jésus. Tous sont appelés à être lumière du monde, non par eux-mêmes, mais par Celui qui habite en nous.
Guérison pour le monde
Isaïe l’a promis : "Ta lumière jaillira comme l’aurore." La promesse s’accomplit aujourd’hui. Partageons le pain, accueillons nos frères, accompagnons ceux qui souffrent : la lumière brillera. Paul y conduit : "Votre foi repose sur la puissance de Dieu" (1Co 5, 5). Que cette puissance agisse dans nos cœurs. Jésus nous envoie : "Vous êtes la lumière du monde." Ne la cachons pas. Laissons-la illuminer nos fragilités. Qu’elle devienne source de vie pour les autres. Regardons la vraie lumière qui éclaire tout homme en ce monde. Qu’elle renouvelle la douceur, la force dans la faiblesse et la joie d’aimer. Notre vie deviendra prière. Notre prière, lumière. Notre lumière, guérison pour le monde.
Lectures du 5e dimanche du temps ordinaire (année A) :
![[HOMÉLIE] Chaque acte de bonté laisse passer la lumière de Dieu](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2026/02/hopital.jpg?resize=620,350&q=75)









