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Le plan du gouvernement pour lutter contre l’infertilité

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Mathilde de Robien - publié le 06/02/26
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Le plan contre l'infertilité a été présenté ce jeudi 5 février par le gouvernement. À travers 16 mesures, il prévoit de sensibiliser les Français à ce sujet, mieux diagnostiquer l'infertilité et d'augmenter les centres de conservation des ovocytes, en étendant notamment ce dispositif au secteur privé.

En France, un couple sur huit rencontre des difficultés à concevoir. Selon le "rapport sur les causes d’infertilité" présenté en 2022 au gouvernement, l’infertilité touche directement 3,3 millions de Français. Un chiffre faramineux, et "qui va croissant", constatent les auteurs. Il y a deux ans, Emmanuel Macron avait promis un plan contre l’infertilité. Ce jeudi 5 février, le ministère de la Santé a annoncé une série de mesures pour "permettre à chacun de faire ses choix intimes de manière éclairée". "Les enjeux de l'infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects" pour permettre le "lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues", a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors de la présentation de ce plan.

Une lettre aux Français de 29 ans

Seize mesures ont été annoncées. Parmi elles figure la "diffusion d’une information ciblée, équilibrée, à la fois sur la santé sexuelle et sur la santé reproductive, à destination de l’ensemble des Français et Françaises de 29 ans". "Cette démarche vise à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes adultes, sans injonction ni pression sociale, et contiendra donc logiquement des informations sur la santé sexuelle et la contraception. Elle rappellera également que la fertilité est un enjeu partagé entre les femmes et les hommes et que les possibilités d’autoconservation des gamètes existent, sans qu’elles soient une solution miracle", détaille un communiqué.

La volonté d’informer les jeunes adultes est louable (bien que peu délicate vis-à-vis des couples en espérance d'enfant), mais l’information n’intervient-elle pas un peu tard ? Aujourd’hui, les mères ont effectivement en moyenne leur premier enfant à 29,1 ans. Mais il est reconnu que chez la femme, la fertilité spontanée diminue dès 30 ans. Si le gouvernement vise les Français de 29 ans, c’est parce que c’est l’âge à partir duquel l’autoconservation des gamètes est autorisée hors condition médicale. Or la ministre veut éviter le "si j’avais su".

Le Syndicat de la Famille se réjouit de l’intérêt du gouvernement pour la problématique de l’infertilité, mais il regrette la pauvreté des annonces, à commencer par l’envoi de ce courrier : "Alors que l’âge de 30 ans est déjà celui d’une baisse de la fertilité des femmes, comment le gouvernement peut-il espérer que l’envoi d’un message, qui plus est à 29 ans, c’est-à-dire tardivement, pourrait changer quelque chose dans la trajectoire procréative des jeunes adultes ?".

La congélation d’ovocytes comme réponse à l’infertilité

Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021. Dans les faits, il y a de longs délais d'attente. C’est pourquoi d'ici à 2028, le ministère prévoit le déploiement de 30 centres nouvellement autorisés d’autoconservation des ovocytes (en plus des 40 existants) et envisage d'ouvrir ce terrain aux centres privés à but lucratif, "afin d’élargir l’offre et de réduire les délais d’accès". Outre les questions éthiques que la congélation de gamètes soulève, le risque est grand de tomber dès lors dans une logique commerciale. "Malgré les assurances de la ministre sur la gratuité et l'absence de "logique marchande", nous alertons sur le risque réel de marchandisation de la souffrance des couples", alerte le Syndicat de la Famille.

Une telle mesure conduira des femmes à ne jamais avoir l’enfant ou les enfants qu’elles espéraient alors qu’elles étaient parfaitement fécondes plus tôt.

"L’incitation à faire congeler ses ovocytes, avec une extension du dispositif au secteur privé, revient à inciter les femmes en âge de procréer à reporter leur maternité à plus tard", soulève encore le Syndicat de la Famille. "Mais plus tard, ce sera physiologiquement plus difficile, même en ayant des ovocytes cryoconservés", souligne le Syndicat, rappelant que le taux de succès d’une FIV ne dépasse pas les 18% en France. "Une telle mesure conduira des femmes à ne jamais avoir l’enfant ou les enfants qu’elles espéraient alors qu’elles étaient parfaitement fécondes plus tôt."

Le plan promet aussi la poursuite de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et l’amélioration du diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (SPOK), pathologie fortement associée à l’infertilité, encore insuffisamment diagnostiquée.

Et la Naprotechnologie ?

Certes le gouvernement annonce vouloir améliorer le parcours de soins dédié à la fertilité. Mais les moyens mis en œuvre paraissent un peu légers : il annonce simplement "l’intégration d’une fiche dédiée à la fertilité dans Mon bilan prévention". Rien sur la prise en charge et l'amélioration de l'analyse des causes de l'hypofertilité propre à chaque couple ? C'est ce que proposent précisément les parcours en NaProTechnologie. Élaborée aux États-Unis par le Docteur Thomas W. Hilgers dans les années 1990, cette méthode, d’inspiration chrétienne, cherche à identifier les causes sous-jacentes de l’infertilité.

La NaProTechnologie, abréviation de Natural Procreative Technology, que l’on peut traduire par "Procréation Naturelle Médicalement Assistée", désigne une approche médicale personnalisée, qui associe observations cliniques et moyens médicamenteux, pour favoriser une conception naturelle. Elle utilise pour cela toutes les ressources de la médecine et de la chirurgie dans le but de favoriser l’efficacité de l’acte procréateur, sans pour autant se substituer à lui. La NaProTechnologie s’efforce ainsi d’explorer toutes les causes possibles d’une hypofertilité, et d’y remédier par un traitement hormonal ou chirurgical, afin que la conception reste au sein de l’union conjugale.

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