Un téléphone portable caché, des scrutins inattendus, un classement qui n'était pas arrivé depuis 750 ans… Ces informations proviennent du livre Le dernier conclave, écrit par Gérard O’Connell et Elisabetta Piqué, qui sort ce 5 février en France et qui regorge d’informations croustillantes collectées par les deux vaticanistes. Les cardinaux n’ont en effet pas le droit de communiquer sur ce qu’il s’est passé durant le conclave, sous peine d’excommunication, ce qui a obligé les vaticanistes à se concentrer sur les déclarations publiques et privées de chacun des électeurs, ainsi que sur leurs indiscrétions, pour réussir à comprendre tout ce qui s’est passé.
Tout d’abord, la cérémonie d’entrée en conclave débute le 7 mai 2025 à 16h30, et pourtant, la fumée noire ne sera visible qu'à partir de 21h01, soit 1h20 de plus qu’en 2013, pour le conclave qui avait élu le pape François. Alors, que s’est-il passé ? D’après les vaticanistes, le retard est dû à deux événements : tout d’abord, les cardinaux, une fois enfermés dans la chapelle Sixtine, vivent une méditation préparée par une personne extérieure. Pour ce conclave, c’est le capucin Raniero Cantalamessa, qui s’en est chargé, et elle aurait duré plus d’une heure. Normalement, elle 15 minutes... Mais ce n’est pas tout ! Alors que les cardinaux vont enfin commencer les scrutins, la sécurité intervient : il y a une carte SIM active dans la chapelle Sixtine ! Or, aucun téléphone ou appareil électronique n’est toléré pendant le conclave. C’est finalement un des doyens qui se rend compte qu’il avait oublié son téléphone dans sa poche. L’incident est vite réglé et les cardinaux vivent alors le premier scrutin.
Le cardinal Erdő en tête
Ensuite, le premier scrutin pourrait s’apparenter à un tour de chauffe, et pourtant, il est primordial pour faire ressortir des candidats et comprendre les dynamiques en jeu. Lors du premier scrutin, trois noms apparaissent déjà en tête. Tout d’abord le cardinal Peter Erdő, figure importante chez les cardinaux conservateurs, arrive en première position et envoie ainsi un message fort. De son côté, le cardinal Parolin, numéro 2 du Vatican pendant le pontificat du pape François, est en troisième position, là où tout le monde pensait qu’il arriverait premier. Et enfin, en seconde position, on retrouve le cardinal Robert Prevost, qui est encore un inconnu pour beaucoup de cardinaux, mais qui deviendra le Pape que nous connaissons tous aujourd’hui, Léon XIV.
Enfin, le dernier scrutin ne laisse aucune surprise, le cardinal Robert Prévost est élu pape avec 108 voix sur 133. Le cardinal Parolin est arrivé en deuxième position à partir du deuxième scrutin, mais au troisième scrutin, Erdő, qui était en tête au premier scrutin, perd sa troisième position face à un autre cardinal : Jean-Marc Aveline, évêque de Marseille. C’est la première fois depuis Grégoire XI, en 1370, qu’un Français est si proche de devenir pape. Et cela indique que la parole de Mgr Aveline pourrait avoir de l’importance pendant le pontificat de Léon XIV.
Alors, à la lecture du livre, on peut penser que le conclave est surtout un événement politique, avec des camps qui s’affrontent pour placer au mieux leur candidat selon leur agenda, mais ce serait gommer un aspect primordial de l’événement qui passe au-dessus des attentes de chacun : la dimension spirituelle et le rôle essentiel de l’Esprit saint. Le livre rapporte notamment l’expérience d’un cardinal qui avoue avoir eu l’impression de vivre le conclave comme une petite retraite. Une petite retraite qui compte son lot de rebondissements, car ce conclave garde encore pour lui bien des secrets.
![[VIDÉO] Portable caché, scrutins inattendus… Dans les coulisses du dernier conclave](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2025/05/VATICAN-POPE-CONCLAVE-SISTINE0A-2013-000_DV1436250.jpg?resize=75,75&q=25)







