Quand la vie est sombre et compliquée, sous la couche des tracas et des tristesses, les Béatitudes apportent la paix. Notre chroniqueuse Alexandra Maclennan rappelle ainsi que la plus haute forme de bonheur est celui qui associe les autres.
De l’actualité du monde surgissent de semaine en semaine de nouveaux motifs d’inquiétude. Nous nous sommes habitués à vivre avec une intranquillité diffuse. Nos élans, nos enthousiasmes sont ralentis dans leur réalisation spontanée par une nébuleuse d’appréhensions et de complexités, réelles ou imaginées. Autour de nous, ceux que nous aimons souffrent. Des personnes merveilleuses, figures de stabilité dans nos paysages quotidiens, sont éprouvées. Et pourtant, cette année comme toutes les autres, nous entendons l’Évangile des Béatitudes (Mt 5, 1-12) qui nous promet la plus haute forme de bonheur (beatus en latin, la félicité, un bonheur inentamé).
Ces personnes qui osent
En entendant cette promesse, sommes-nous autorisés à penser que "les autres années oui, mais cette année c’est compliqué quand même" ? La Parole de Dieu s’applique-t-elle de manière conditionnelle ? Y a-t-il des restrictions et des exceptions en petits caractères en bas de la page ?
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Loin des images sur papier glacé d’hédonisme satisfait, la plus haute forme de bonheur est celui qui associe les autres.
Regardons autour de nous ces personnes dont le sourire, la chaleur et la générosité à travers le deuil, la séparation et les mille tracas de la vie sont autant de rayons de soleil dardant à travers des rideaux de pluie. Ces personnes qui continuent envers et contre tout de vivre pleinement, d’aller au-devant du monde avec curiosité, émerveillement et charité, oser la nouveauté, choisir de s’entourer de toutes belles choses. Je pense à Pilar et Tracey. Pilar est une universitaire espagnole et une femme catholique au grand cœur qui donne son temps, son sourire, son élégance et son énergie à ceux qui vivent dans sa lumière. Tracey est une universitaire irlandaise, et au milieu de l’anticatholicisme réflexe ambiant, elle fait surgir par sa recherche des voix discrètes de héros, prêtres, religieux et religieuses qui ont incarné le message évangélique de tout leur être et toute la beauté de la foi catholique.
Le bonheur qui associe les autres
Une homélie entendue ce dimanche des Béatitudes dans une église normande nous a rappelé que sous la couche de tracas et de tristesses, conséquences en cascade de désobéissances humaines, si nous "laissons entrer plus profondément en nous ces Béatitudes", nous trouverons la paix à laquelle aspire notre nature profonde. La paix de l’abandon et de la confiance, la paix de la relation ordonnée à Dieu, à soi et au monde. Loin des images sur papier glacé d’hédonisme satisfait, la plus haute forme de bonheur est celui qui associe les autres. Merci à ce prêtre qui a dit à son assemblée que "le bonheur appartient à ceux qui souffrent avec Dieu et construisent avec Lui la paix".












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