Plus qu’un outil d’échange, l’argent agit comme un révélateur de sécurité intérieure, de rapport à la réussite et de valeur personnelle. S’il n’est à l’origine qu’une invention sociale, c’est la relation entretenue avec lui qui influence la manière de le gagner, de le dépenser ou de le conserver. "La manière dont on entre en relation avec l’argent a un impact sur le comportement que l’on adopte à son égard", prévient Christian Junod, économiste de formation et ancien conseiller en placements financiers dans une grande banque suisse. Ainsi, tandis que certains y projettent une mesure de leur valeur et cherchent à en accumuler toujours davantage pour affirmer leur réussite, d’autres, au contraire, entretiennent une relation distante, voire conflictuelle, percevant l’argent comme quelque chose de négatif ou de suspect. Entre quête, rejet et ambivalence, ces attitudes façonnent les comportements financiers et les émotions qui les accompagnent. Dans son livre Ce que l’argent dit de vous (Eyrolles), Christian Junod explore plusieurs grandes dynamiques qui révèlent notre rapport intime à l’argent et propose une voie à suivre pour être en paix avec ses finances.
1La tendance "écureuil"
"J’économise de l’argent, pièce par pièce ou à coups de centaines, de milliers ou de millions."

"Les écureuils épargnent et disposent ainsi en permanence d’argent : c’est l’aspect positif de cette attitude. En revanche, le revers de la médaille est plus sombre : ce profil a tendance à s’accrocher à son argent et à vivre dans la peur de le perdre", explique Christian Junod à Aleteia. Ainsi, si les écureuils s’enrichissent plus rapidement que les autres, le risque est que leur vie, elle, reste pauvre, tant leurs choix sont guidés par la peur.
2La tendance "repousseur"
"Je fais en sorte que l’argent n’arrive pas à moi, je le garde à distance."
"Les personnes qui sont dans ce mouvement ont une ou plusieurs projections négatives de l’argent. Pour elles, il représente une source de maux, de conflits et d’angoisse", note le spécialiste. Les repousseurs ne contrôlent pas leurs encaissements, sont régulièrement moins bien payés que leurs collègues et ne font rien pour y remédier, proposent de la gratuité ou des rabais sans que le client ne le leur demande, refusent leur part d’héritage, etc. "Le fait qu’ils ne soient pas attachés à l’argent ne leur évite pas les soucis financiers, dont ils n’ont pas l’énergie nécessaire pour sortir."
3La tendance "montagne russe"
"J’économise et m’en débarrasse (ou le déchirement intérieur)."

Si ce profil a la capacité d’épargner, le retour à zéro est toujours présent. Il existe donc une forme d’épuisement à tout recommencer sans cesse. "Celui qui est dans ce mouvement se débarrasse en principe involontairement de son argent d’une manière qui ne lui apporte ni satisfaction particulière ni durabilité", souligne l’expert de la relation à l’argent. Il peut s’agir d’un coup dur (réparations dans la maison, problème avec le véhicule, etc.). La personne peut aussi faire des dépenses sans trop réfléchir ou donner de l’argent à gauche et à droite, en s’oubliant complètement.
4La bonne attitude : la neutralité
"Ne pas servir le Mammon." (Mt. 6, 24)
"Aucune des trois précédentes attitudes face à l’argent n’est gagnante, annonce d’emblée Christian Junod. L’idée est justement d’en sortir pour aller vers la quatrième, la bonne attitude." Pour être en paix et se sentir en sécurité avec l’argent, il conseille de le voir pour ce à quoi il sert réellement. Il s’agit donc de trouver une forme de neutralité à son égard et de faire confiance à la vie. "C’est une forme d’abandon", précise Christian Junod. Mais attention : il ne s’agit pas d’insouciance. Il est question de cesser de s’en préoccuper excessivement et de lui donner un pouvoir qu’il n’a pas.
"Utiliser sa relation à l’argent comme une formidable opportunité de (re)créer de la paix intérieure est un chemin qui, petit à petit, ouvre la possibilité de mettre de côté, ou de laisser moins de place à tout ce qui empêche de toucher à la profondeur de son être. Et là, ce qui peut sembler miraculeux apparaît : cette paix, cette sérénité au plus profond de soi existe déjà et a toujours existé", conclut l’économiste.
Voilà donc une belle démarche à suivre pour qui souhaite mener une vie plus sereine et approcher le bonheur — un bonheur qui se trouve ailleurs que sur un compte en banque !











