Le premier Livre de l’Ancien Testament, la Genèse, atteste de la prééminence de l’olivier parmi les arbres de la Bible. Ainsi, le récit biblique l’évoque-t-il lors de l’épisode du Déluge, juste après que les flots aient dévasté la terre, en ces termes : "Vers le soir, la colombe revint, et voici qu’il y avait dans son bec un rameau d’olivier tout frais ! Noé comprit ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre" (Gn 8,11). Le premier arbre à avoir échappé à la destruction causée par les eaux ayant recouvert la terre fut ainsi l’olivier, le brin rapporté par la colombe s’imposant dès lors comme un riche symbole de paix et de calme. Un symbole immortalisé par le célèbre peintre Pablo Picasso au lendemain de la Seconde Guerre mondiale avec cette colombe portant un brin d’olivier dans son bec…
Majesté de l’olivier
L’olivier deviendra rapidement non seulement un symbole de paix et de protection, mais également de sagesse, ainsi qu’il ressort également du Livre des Juges avec cette parabole : "Un jour, les arbres se mirent en campagne pour se donner un roi et le consacrer par l’onction. Ils dirent à l’olivier : “Sois notre roi !”. L’olivier leur répondit : “Faudra-t-il que je renonce à mon huile, qui sert à honorer Dieu et les hommes, pour aller me balancer au-dessus des autres arbres ?" (Jg 9,9). L’olivier, arbre biblique des plus fructueux notamment par son huile, n’a que faire des honneurs, sa raison d’être étant d’apporter ressources et profusion aux hommes, une image d’abondance souvent reprise par le Christ dans ses paraboles. Outre son bois et ses fruits, l’huile de l’olivier était en effet indispensable pour alimenter les lampes dans les temples et garantir la lumière, signe de dévotion également fort. Mais le caractère encore plus marqué qui distingue l’olivier des autres arbres réside certainement dans l’onction à partir de l’huile tirée de son fruit et servant à consacrer les premiers rois d’Israël et, par extension, symbole du Christ.
Témoin de Gethsémani
Jésus ne cachait pas son attirance pour le Jardin des Oliviers où il aimait se rendre avec ses disciples afin de prier et partager la Parole, une oliveraie réputée dont le nom – Gethsémani – signifiait le "pressoir à huile". Évoqué avec une rare intensité dramatique par le peintre de la Renaissance italienne, Andrea Mantegna, Gethsémani symbolise le lieu de la prière ultime du Christ au moment d’être trahi par les siens, les oliviers qui veillaient sur Lui étant les tout derniers témoins de ses angoisses.
Mais l’olivier apparaît comme un signe de longévité : certains des oliviers présents encore de nos jours au Jardin des Oliviers seraient issus d’une plante mère contemporaine de Jésus… Résistant à toutes les épreuves et repoussant même à partir d’une souche abattue, l’olivier, arbre biblique des plus fructueux, offre ainsi également une image éclatante de vie et de Résurrection…









