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L’écrivain Boualem Sansal entre à l’Académie française

L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (au centre) pose aux côtés de l'écrivain français Daniel Rondeau (à gauche), membre de l'Académie française, de l'auteur franco-libanais et secrétaire perpétuel de l'Académie française Amin Maalouf (à gauche) et du membre français de l'Académie française Xavier Darcos (à droite), après avoir reçu le prix Cino del Duca à l'Académie française, à Paris, le 4 décembre 2025. Boualem Sansal a été élu membre de l'Académie française le 29 janvier 2026, près de trois mois après sa libération de prison en Algérie.

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Cécile Séveirac - avec AFP - publié le 29/01/26
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Boualem Sansal a été élu ce jeudi 29 janvier à l'Académie française, trois mois après être sorti des geôles algériennes pour ses propos sur le régime algérien.

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"Immortel". L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu ce jeudi 29 janvier à l'Académie française, une consécration, trois mois après être sorti de prison en Algérie. Les membres de la prestigieuse institution de défense de la langue française ont adoubé Boualem Sansal au premier tour, avec 25 voix "pour" et un bulletin blanc pour 26 votants, a annoncé l'Académie.

L'auteur de "2084" prendra, à une date encore indéterminée, le fauteuil laissé vacant par l'avocat et historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021. Il sera intronisé lors d'une cérémonie à huis clos, au cours de laquelle il recevra un habit vert brodé de rameaux d'olivier et une épée. Six prétendants étaient en lice mais Boualem Sansal était de loin le plus connu d'entre eux.

Fondée en 1635 par Richelieu, le principal ministre du roi Louis XIII, l'Académie française a comme mission de "donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences". Elle rédige un dictionnaire et se prononce sur des règles orthographiques. En novembre, l'Académie avait élu deux nouveaux entrants, les écrivains Florian Zeller et Eric Neuhoff.

Goûter "les petites choses"

Le Franco-algérien rejoint parmi les "immortels" - surnom donné aux académiciens - la philosophe Sylviane Agacinski, l'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, l'écrivain Erik Orsenna - ancienne plume du président François Mitterrand -, le médecin, écrivain et diplomate Jean-Christophe Rufin, ou encore la romancière et essayiste Chantal Thomas. L'écrivain - qui a obtenu la nationalité française en 2024 - avait eu un avant-goût de la coupole le 4 décembre lorsqu'il a été honoré par l'Académie, qui lui a remis le prix mondial Cino del Duca trois semaines après sa libération, le 12 novembre.

"Je suis un peu euphorique parce que je goûte à la liberté, des petites choses. Je ne parle pas des grandes. Des petites choses. Des bons petits repas, des petits trucs. Vous n'imaginez pas comme les petites choses sont de grands plaisirs", a-t-il déclaré lundi en recevant la médaille de la ville à Strasbourg (Est). La vie de cet ancien fonctionnaire algérien bascule le 16 novembre 2024 quand il est arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d'être emprisonné. Très critique envers le régime d'Alger, il avait été arrêté après une interview auprès du média Frontières dans laquelle il dénonçait la dérive totalitaire d'Alger et abordait l'appartenance de l'Ouest algérien au Maroc.

Son sort émeut aussitôt en France, où une campagne est lancée en faveur de cet athée revendiqué, adversaire acharné des jihadistes et critique féroce du pouvoir d'Alger. Il est condamné à cinq ans de prison, accusé d'"atteinte à l'unité nationale", avant de bénéficier d'une grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et de retrouver, enfin, la liberté. Boualem Sansal est l'auteur d'une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999.

Il a reçu le grand prix du roman de l'Académie française en 2015 pour "2084. La fin du monde" (Gallimard), inspiré du chef-d'oeuvre de George Orwell "1984", ex æquo avec l'écrivain franco-tunisien Hédi Kaddour. Il est également l'auteur de "Rue Darwin", du "Village de l'Allemand" et de "Vivre".

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