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Iznik n’a pas fini de dévoiler ses secrets. C’est en décembre 2025 que des archéologues ont découvert, au cœur des ruines de cette cité du nord-ouest de la Turquie, une fresque représentant Jésus en Bon Pasteur. Le Christ y est figuré jeune, rasé de près, vêtu d’une toge romaine et portant une chèvre sur ses épaules. Selon les chercheurs, il s’agirait de l’un des très rares cas en Anatolie où Jésus est dépeint avec des attributs typiquement romains. Peut-être l’une des découvertes les plus importantes de l’ère paléochrétienne.
Une découverte exceptionnelle pour l’archéologie
Cette fresque a été mise à jour lors de fouilles au sein de la nécropole d'Hisardere, dans le district d'Iznik. Une découverte qui revêt une importance exceptionnelle pour l'archéologie turque et mondiale, selon les experts. L'archéologue en chef, Gülşen Kutbay, a décrit l'œuvre d'art comme étant probablement "le seul exemple de ce genre dans la région". Les murs et le plafond de la tombe exiguë présentent des motifs d'oiseaux et de plantes et sont aussi décorés de portraits d'hommes et de femmes nobles, accompagnés d'esclaves. Des fouilles qui ont également permis de découvrir les squelettes de cinq personnes, trois jeunes adultes et un nourrisson.
La fresque récemment mise au jour orne le mur nord d'un hypogée, un tombeau souterrain datant du IIIe siècle après J.-C.. Si le mur sud de l'édifice est fortement endommagé, les autres murs ainsi que le plafond sont remarquablement bien conservés. L'intérieur du tombeau comprenait un lit funéraire composé de plaques de terre cuite sur lesquelles était déposé le défunt. Juste derrière ce lit se trouve la représentation du Bon Pasteur. Cette figuration symbolique du Christ était courante dans le monde méditerranéen durant les premiers siècles du christianisme, mais quasiment inexistante en Anatolie, ce qui confère à cet exemplaire une valeur particulière.

Le Bon Pasteur, signe des premiers chrétiens
Avant que la croix ne s’impose comme emblème du christianisme, c’est le Bon Pasteur qui exprimait symboliquement la foi des premiers disciples. Cette image de Jésus portant une brebis évoquait la protection divine et le salut, tout en transmettant, avec discrétion, le message chrétien dans un contexte où les signes d’expression religieuse restaient rares. Les représentations de ce motif abondent dans les catacombes d’Italie, en Afrique du Nord et dans quelques lieux d’Orient, mais elles demeurent très peu fréquentes en Anatolie.
Iznik, centre du christianisme primitif
Cette découverte a fait suite à la visite de Léon XIV à Iznik, fin novembre 2025, lors de son voyage apostolique en Turquie. Accompagné d’une myriade de journalistes, le souverain pontife s’était rendu dans cette petite ville paisible autrefois appelée Nicée, devant les ruines d’une basilique découverte en 2014. Là même où l’empereur romain Constantin avait réuni les patriarches chrétiens en concile pour définir le Credo, il y a presque mille sept cents ans. Une découverte qui permet d’asseoir encore davantage Iznik comme un centre important du christianisme primitif.








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