Depuis plus de vingt ans, Loupio enchante des milliers de lecteurs avec ses aventures de jeune troubadour au cœur généreux. Et désormais, ce personnage attachant prend forme sur scène dans une comédie musicale vivante et immersive dont le succès retentissant en 2025 a confirmé l’attrait auprès du public, avec une nouvelle tournée prévue en 2026. Entretien avec Jean‑François Kieffer, le créateur de Loupio, pour découvrir ce qui l’a incité à faire quitter la bande dessinée à son héros et à le faire vivre sur scène. Loupio a-t-il encore des choses à transmettre ?
Aleteia : Comment est née cette idée de porter Loupio sur scène ?
Jean‑François Kieffer : Dès que j’ai commencé à dessiner Loupio, le projet a rapidement dépassé le cadre de la bande dessinée. Il y a eu des temps de rencontre, des animations, de nombreuses paroisses et des groupes de scouts chantaient des chansons… Souvent, les gens me demandaient, et me le demandent d’ailleurs encore, : "À quand un dessin animé ?" Et ma réponse reste inchangée : je ne veux pas en faire un dessin animé. Ce que j’ai toujours voulu, c’est un spectacle, car l’univers du troubadour et du mage s’y prête particulièrement bien. Et puis, un jour, La Jeune Maîtrise de la cathédrale de Reims est venue me demander l’autorisation de monter un spectacle Loupio. J’ai accepté avec joie et j’ai écrit le spectacle qui a beaucoup plu à mon éditeur, Mame. Plus tard, encouragé par José Gurdak, l’arrangeur des chansons de Loupio depuis la réalisation des CD, l’idée de créer une comédie musicale s’est imposée. Et c’est comme ça, qu’avec Mame, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure.
Comment s’est faite l’adaptation ?
J’ai gardé la même trame que pour le spectacle de Reims. Je l’ai adapté un peu pour y glisser plus de chansons et une trame. Mon rôle était bien précis : écrire le spectacle et être sur scène en tant que musicien. Gaëtan de Courrèges s’est occupé de la mise en scène. La chorégraphie a été réalisée par Edith Fortin, de l’opéra-rock Starmania.
Durant le spectacle il y a une vraie osmose entre les enfants et les parents, dont beaucoup sont des anciens lecteurs de Loupio.
Pour moi, c’est un grand plaisir de travailler avec des professionnels. Ma grande crainte était liée au mot "comédie musicale". On pense tout de suite à des productions comme Notre-Dame de Paris ou Le Roi Lion, avec des moyens considérables. Les gens entendent cela et s’attendent à quelque chose de très spectaculaire. Or, nous n’avons pas ces moyens-là. Mais je suis heureux de constater que le public se sent comblé, même avec peu de moyens. Je pense que tant que le message est beau, la question de la quantité de moyens ne se pose pas, c’est la qualité qui prime.
Que souhaitez-vous que le public retienne en sortant du spectacle ?
Je constate que durant le spectacle il y a une vraie osmose entre les enfants et les parents, dont beaucoup sont des anciens lecteurs de Loupio. Ils réalisent ce que perçoivent leurs enfants. Et le public chante avec nous ! C’est cette complicité que je cherche avant tout avec le public. C’est quelque chose d’assez bouleversant. En ce sens, j’ai un rêve : parcourir une partie de la Bretagne et dire aux gens de venir avec leurs instruments pour qu’à la fin du spectacle, on puisse danser tous devant le théâtre. Cela me rappelle un souvenir très fort : lors d’une rencontre en Bretagne, on s’est mis à chanter Comme le voilier, et tout le monde a dansé.

Loupio a-t-il encore quelque chose à dire aujourd’hui ?
Oui ! Il y aura d’ailleurs des choses très profondes dans le prochain tome que j’ai appelé Vers Compostelle. Loupio va surprendre les lecteurs. Il y aura une profondeur spirituelle encore plus marquée. Je réfléchis aussi beaucoup à parler dans Loupio de Laudato si’, de la sauvegarde de la Création. Mais il faut encore trouver la bonne manière de le faire. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ces sujets.
D’une manière ou d’une autre, le papa de Loupio continuera à chanter. Mais à plusieurs, c’est toujours mieux.
Nous approchons aussi de la fin des albums. J’irai sans doute jusqu’au tome 15 ou 16, si la santé me le permet. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de tome 17. Mais Loupio continuera à vivre ! Et puis il y aura peut-être d’autres projets. Nous réfléchissons notamment à une formule plus légère que le spectacle actuel. Je rêve qu’on puisse venir quelque part à deux ou trois musiciens seulement. D’une manière ou d’une autre, le papa de Loupio continuera à chanter. Mais à plusieurs, c’est toujours mieux.
Pourquoi venir voir Loupio sur scène en 2026 ?
Pour en sortir heureux !
Pratique
- 22 février 2026 à Nantes
- 23 février 2026 à Vannes
- 24 février 2026 à Rennes
- 25 février 2026 au Mans
- 27 et 28 février 2026 à Chaville
En partenariat avec Mame










