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Trophée Jules-Verne : Thomas Coville, un record du monde forgé par la persévérance

Trophée Jules-Verne : Thomas Coville signe un record du monde forgé par la persévérance

Cette victoire, Thomas Coville y tenait énormément. À 57 ans, le navigateur français et son équipage ont établi ce 25 janvier un nouveau record du monde en remportant le Trophée Jules-Verne 2026 à bord de Sodebo Ultim 3, au terme d’un tour du monde sans escale où la persévérance, la maîtrise technique et la force du collectif ont fait la différence.

5 min de lecture

Source: LOIC VENANCE / AFP

Le skipper français Thomas Coville célèbre son arrivée au large du Finistère, au terme du trophée Jules-Verne qu’il a obtenu en réalisant un nouveau record de tour du monde à la voile, le 25 janvier 2026.

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Thomas Coville l’a fait. Après des années de préparation, d’efforts acharnés et de défis incessants, le navigateur français et son équipage (Benjamin Schwartz, Nicolas Troussel, Léonard Legrand, Pierre Leboucher, Guillaume Pirouelle, Frédéric Denis) à bord du trimaran Sodebo Ultim 3 ont remporté le Trophée Jules-Verne 2026, bouclant le tour du monde sans escale ni assistance en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes, ce 25 janvier. Un record qui a fait tomber celui de Francis Joyon, après avoir tenu quasiment neuf ans — à un jour près. Les navigateurs, partis le 15 décembre, ont réussi leur révolution autour du globe via les mers australes et les trois grands caps (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn). Ils ont franchi la ligne d'arrivée à 7h46'55", entre l'île d'Ouessant et le cap Lizard (Angleterre), inscrivant ainsi leur nom dans la légende de la voile mondiale.

Le Trophée Jules-Verne, l’un des exploits nautiques les plus exigeants de la planète, a été créé en octobre 1992 par des figures emblématiques de la course au large — Yves Le Cornec, Titouan Lamazou et Florence Arthaud — avec l’ambition de réaliser le tour du monde en quatre-vingts jours, comme Phileas Fogg et Jean Passepartout, les héros du roman de Jules Verne. Mais ce n’est pas seulement une course contre le temps : c’est une course contre soi-même, contre les éléments, contre l’imprévisible, et c’est une véritable leçon de courage et d’abnégation.

Le "7 majeur"

Ces valeurs résonnent profondément chez Thomas Coville. À 57 ans, il s’inscrit dans la lignée des grands navigateurs français. Le skipper a commencé sa carrière aux côtés d’Olivier de Kersauson en 1997. Et, dès 28 ans, il marquait déjà les esprits en établissant un record du monde sur le trimaran Sport-Elec (27 mètres), bouclant le tour en 71 jours. Le succès s’est confirmé en 2010 avec Franck Cammas sur Groupama 3 (31 mètres), en 48 jours. Puis, en solitaire, il a démontré son talent sur Sodebo Ultim en 2016, battant Francis Joyon en 49 jours, 3 heures et quelques minutes, avant que François Gabart n’améliore le record en 2017 avec Macif (42 jours, 16 heures et 40 minutes).

Trophée Jules-Verne : Thomas Coville, un record du monde forgé par la persévérance

Le Trophée Jules-Verne lui avait pourtant résisté lors de ses trois premières tentatives entre 2020 et 2025, à cause d’avaries ou d’imprévus techniques. Cette fois, aucun obstacle n’a freiné Thomas Coville et son équipe. Le skipper a su combiner patience, stratégie et maîtrise technique pour franchir chaque cap, chaque passage difficile, et enfin inscrire son nom au palmarès. Une performance exceptionnelle qui reflète avant tout l’intensité des liens humains et la force du collectif qui ont uni les sept membres de l'équipage pendant des semaines au cœur de l’océan.

Mon Graal, je suis fondamentalement amoureux des autres. Je vais chercher dans l'altérité quelque chose qui me remplit, me rend généreux.

C’est cette dimension humaine du défi que Thomas Coville a tenu à souligner quelques minutes après son arrivée sur le port de Brest. "Le projet qu'on a mené tous les sept, et j'ai appelé ça le 7 majeur. [...] On a partagé quelque chose qui n'appartiendra qu'à nous, c'est notre secret. On a construit, une trace, un projet, un temps qui étaient basés sur le collectif, sur ce 7 majeurs", a-t-il déclaré en s’adressant à ses équipiers. Et d’ajouter au sujet de la dimension humaine du défi : "C'est des années et des années de travail, de résilience et des années et des années d'avoir envie de défendre plus qu'un Trophée Jules Verne. Mon Graal, je suis fondamentalement amoureux des autres. Je vais chercher dans l'altérité quelque chose qui me remplit, me rend généreux, je ne vais pas chercher que des gens faciles. Ces six mecs sont tous incroyablement uniques et singuliers. J'aime aller chercher ça : sept personnes différentes qui ont tous envie de faire la même chose."

Au‑delà du record, ce succès illustre combien les grandes réussites naissent souvent de la patience, de l’audace et d’une foi profonde dans son projet. Même confrontés à l’immensité des océans et aux contraintes impitoyables d’un tour du monde sans escale ni assistance, Thomas Coville et son équipage ont su maintenir le cap, animés par une conviction inflexible que la persévérance et la solidarité peuvent mener à l’excellence. Leur exploit reste un message puissant pour tous : ne jamais renoncer, même quand la victoire semble hors de portée.