“Un Ratzinger ben cotto, per favore !” - “Un Ratzinger à point, s’il vous plaît !“ Au restaurant Ago e Lillo, situé sur la Piazza Risorgimento, tout près des murailles vaticanes, passer des commandes peut donner lieu à des demandes insolites. Depuis quelques semaines, ce restaurant très touristique et à vrai dire peu fréquenté par les employés du Vatican - mis à part quelques gardes suisses - affiche à son menu quatre burgers portant les noms civils des quatre papes les plus récents… sans liens réels avec les goûts et les origines géographiques des principaux intéressés.
Le “Prevost burger” n’a ainsi rien de péruvien ni d’américain : il s’agit d’un simple sandwich comptant un steak haché, du pesto de basilic et de la stracciatella, un savoureux fromage des Pouilles dérivé de la mozzarella. Quant au “Bergoglio chicken burger”, il compte, comme son nom l’indique, du poulet, avec du fromage, de la tomate et de la salade. Des ingrédients bien éloignés des saveurs de la viande de boeuf du Rio de la Plata, ou du plat préféré du pontife argentin, qu’il aimait préparer lui-même lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires et voulait retrouver les saveurs italiennes de son enfance : les tagliatelles à l’encre de seiche.
Une bière mélangée à du Fanta pour le menu Benoît XVI
Le “Ratzinger bacon cheeseburger”, pour sa part, n’a rien de bavarois. Avec un steak haché, du bacon, du fromage, de la tomate et de la salade, il apparaît que les goûts culinaires de Benoît XVI n’ont pas été réellement étudiés. Pour rendre hommage au pontife allemand, quelques visiteurs bien informés pourraient toutefois agrémenter leur repas d’une bière, voire d’une bière mélangée avec du Fanta : ce breuvage pourrait sembler hérétique ou relever d’une forme de douteux syncrétisme gustatif, mais n’a jamais fait l’objet d’un décret d’interdiction du dicastère pour la Doctrine de la foi. Et pour cause : Benoît XVI en était adepte !

Enfin, le “Wojtyla veggie burger”, comptant un steak végétal, est là aussi une étrangeté : le véganisme était loin d'être en vogue sous le pontificat de Jean Paul II, même si ses interventions sur une éthique de l’alimentation invitaient à tenir compte de la souffrance animale. Sans fixer de réel interdit - sauf pour les vendredis de Carême et le Mercredi des cendres -, le pape polonais exhortait à la sobriété dans la consommation de viande. Publié en 1992, le Catéchisme de l’Eglise catholique soulignait qu’il était "contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux ou de disposer de leur mort".
En tout cas, tout comme les statuettes du comptoir représentant Jésus au milieu de vedettes du foot, ce menu touristique relève du kitsch romain, plus que d’une réelle identification au style d’alimentation des papes. Ces noms de burgers montrent toutefois qu’à Rome, la “Pope culture” s’invite jusque dans les fast-foods, et que les papes suscitent une certaine sympathie du grand public. L’utilisation commerciale de l’image des papes est de plus en plus contrôlée et le nihil obstat du Vatican n’aurait probablement pas été obtenu s’il avait été demandé par les patrons du restaurant, mais en réalité, même si on mange le burger avec les doigts, le risque réel d'une mise à l’Index demeure limité !

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