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Sur la plage, Zarpo révèle le beau et le sacré dans le sable

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Iris Bridier - publié le 21/01/26
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Sur la grande plage des Sables d’Olonne, ses œuvres éphémères parlent de beauté, d’actualité et témoignent de son intériorité. En ratissant le sable, Zarpo prie, relie les passants et rappelle, avec une simplicité désarmante, que le beau conduit au vrai et que l’art peut se faire instrument de la grâce.

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C’est par une belle journée d’hiver ensoleillée que nous l’avons rencontré. Celui qui a troqué son légendaire combo chapeau de paille-marinière pour une chaude chapka vissée sur la tête, désigne fièrement, sur son veston, le double cœur vendéen qui ne le quitte jamais. Aux Sables d’Olonne, ce "Jardinier de la plage" fait partie intégrante du paysage. À quelques mètres de la majestueuse statue d’Ulysse réalisée par Christophe Charbonnel, ce sont d’autres œuvres d’art qu’offre généreusement Zarpo en dessinant avec son râteau. 

Sur le sable, il inscrit avec minutie dessins et messages symboliques, offrant aux badauds, quelle que soit la saison, ses œuvres poétiques. Demandes en mariage, hommages ou messages particuliers liés à l’actualité, sur commande ou selon son inspiration, l’artiste a toujours un message et l’affirme sans ambiguïté : "Vive les vaches, vive les paysans !", "2026 sous le Sacré-Cœur de Jésus pour la France Éternelle. Je vous souhaite le meilleur et le plus saint pour vous." Ce qui l’anime ? "Mettre du beau dans l’espace public, parce que le beau permet de voir la Création." Spécialement pour Aleteia, il dessine le visage de la Vierge Marie, accompagné de cet ex-voto d’un jour : "Merci Marie".

Relier les gens entre eux

Zarpo confie humblement qu’il prie en ratissant et qu’en période de doutes, il se réfugie dans la vie des saints. En voiture, il n’écoute que les musiques d’Hildegarde de Bingen, et il se passionne pour les recettes de cette moniale médiévale, autant que pour l’histoire des apparitions mariales : "Chaque fois que j’en découvre une nouvelle, je suis excité comme un petit enfant !", s’enthousiasme ce recommençant.

"L'art officiel, tous ces trucs grandiloquents hyper modernes ou hyper abstraits : c’est de la déconstruction visuelle et esthétique. On nous éloigne du beau."

Après avoir reçu une éducation religieuse - "baptême, communion, tout le parcours classique !" -, il avoue avoir "comme tout le monde, connu une période de rébellion". "Mais, renchérit-il non sans humour, comme le saumon revient là où il est né, j’ai renoué avec le message d’espérance." Alors, il choisit d’utiliser son art pour offrir du bonheur et "connecter les gens" en inscrivant un prénom sur le sable : "Baptême ou pas baptême, tout le monde a un prénom ! Voilà la façon simple que j’ai trouvée au départ, pour établir un lien, un contact et marquer les gens l’espace d’un instant."

Le Vendéen se réjouit des sourires des passants touchés par sa démarche, c’est son plus grand moteur. "Le 1er novembre, pour la Toussaint, j’avais écrit “bonne fête à tous les saints”. Le fait d’écrire le prénom ou le saint du jour interpelle les gens."

"Un arbre sans racines ne porte pas de fruits"

Chaque 29 septembre, le "Jardinier de la plage" représente saint Michel sur le sable, ici c’est une institution : les Sablais sont attachés à cette autre figure, celle de l’archange que la Libre Pensée a fait déplacer. L’occasion pour l’artiste de dénoncer le déboulonnage des statues. "C’est aberrant ! s’insurge-t-il, parce qu’un arbre sans racines ne porte pas de fruits." Renchérissant sur ce contexte d’inversion des valeurs, Zarpo dénonce ce qu’il surnomme "l’art officiel, tous ces trucs grandiloquents hyper modernes ou hyper abstraits : c’est de la déconstruction visuelle et esthétique. On nous éloigne du beau." À l’inverse, loin de toute mondanité, il préfère dessiner sur la baie avec cette ligne d’horizon "qui appelle au voyage". 

À l’instar de nombreux artistes profondément inspirés, le "Jardinier de la plage" goûte l’invisible et en révèle la transcendance : "J’essaie de faire ce que je peux, la vérité est reliée au beau, c’est sacré. C’est ce que je ressens en visitant une église ou une cathédrale : il y a dans le travail de l’artiste quelque chose de bien plus grand qui nous dépasse." 

Quand bien même son œuvre, éphémère, sera bien vite effacée par les vagues ou le vent, il résume paisiblement : "Cela nous rappelle que nous sommes poussière et que nous redeviendrons poussière." Révolté contre "le perpétuel mensonge du fantasme du virtuel" et "le travestissement de la réalité" qu’entraîne l’invasion des smartphones et de "tous ces filtres qui nous déconnectent", l’artiste, profondément enraciné, cherche à réinscrire les promeneurs dans le réel  et, si possible, dans leur intériorité.

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