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Pédaler pour rendre grâce : le pèlerinage d’Aymeric jusqu’à Lisieux

Aymeric a pédalé trois jours pour rallier Lisieux depuis son domicile avec une action de grâce particulière.

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Caroline Moulinet - publié le 20/01/26
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Aymeric, marié et père de deux jeunes enfants, est parti en pèlerinage vers Lisieux. Enfourchant son vélo depuis son domicile, il a emporté avec lui ses espoirs, plusieurs intentions, une action de grâce particulière, un amour du patrimoine français et une tendresse spéciale pour sainte Thérèse.

Aymeric avait en tête ce pèlerinage à Lisieux depuis le confinement. Pendant cette période, sa fille avait souffert de bronchiolites à répétition, elle avait été hospitalisée plusieurs fois. La famille avait demandé l’intercession de sainte Thérèse pour l’enfant et le père de famille s’était promis d’aller rendre grâce, en personne, au sanctuaire de Lisieux. Pourtant, la vie professionnelle conduit la famille d’Aymeric en Papouasie Nouvelle-Guinée et le pèlerinage est remis à plus tard. En rentrant après quatre ans d’expatriation, l’idée revient dans l’esprit d’Aymeric qui se décide à partir.

"Début novembre dernier, j’ai entrepris un pèlerinage à vélo, en solo, depuis mon domicile de Croissy-sur-Seine, dans les Yvelines, jusqu’au sanctuaire de Sainte Thérèse à Lisieux. Dans ma sacoche, je portais plusieurs intentions : ma recherche d’emploi, ma famille, mon couple, ainsi qu’une profonde gratitude envers sainte Thérèse pour son intercession lorsque ma fille, très malade au début de sa vie, avait retrouvé la santé."

220 kilomètres séparent Croissy de Lisieux. Aymeric pense partir à pied mais son épouse lui suggère le vélo. "Ma femme travaille, nous avons deux enfants, je ne pouvais pas m’absenter trop longtemps. Le vélo était un bon compromis entre ma démarche d'action de grâce et mon devoir de père de famille." Trois jours de ‘cyclo-rando’ par la vallée de la Seine, Vernon puis Évreux avant de rallier Lisieux. Les pauses et les hôtelleries donnent lieu à de belles discussions, les témoins interrogeant Aymeric sur sa démarche avec son vélo bien équipé.

De la genèse du pèlerinage à l’expérience du vélo

Plus jeune, Aymeric avait lu On a roulé sur la terre, d’Alexandre Poussin et Sylvain Tesson (Éditions France Loisirs). L’expérience des auteurs, partis à vélo, avait fortement touché le jeune homme. Une graine semée en terre demandait à germer. Progressivement, le projet mûrit et le voyage a lieu. "Quand les choses piétinent, rouler donne une autre perspective. À pied, un voyage peut être beau, mais long. La voiture ou le train, eux, vont trop vite. Le vélo est à vitesse humaine, il permet de vivre l’instant et d'admirer le paysage."

Aymeric s’organise donc, préparant son équipement, préparant aussi son rythme : laudes le matin, chapelet une fois par jour. "À vélo, on pense mais on est aussi concentré sur la route. Il s’agit de ne pas se tromper de route, ni de tomber. L’effort physique permet d’expérimenter les choses différemment. J’écoutais les conférences d’un prêtre franciscain en pédalant, ainsi que des chants de sainte Thérèse."

Le père de famille fait alors l’expérience d’une paix nouvelle. Pas de fulgurance mais l’émergence d’une paix calme et profonde. Il s’en aperçoit à l’occasion de deux chutes sur la voie verte. Cet itinéraire, aménagé principalement pour les cyclistes, permet une étape sans voiture et sans danger. Pourtant, par deux fois, Aymeric tombe en glissant sur le bas-côté. En temps normal, ce type d’incident l’aurait mis en colère, mais sur cette route, il n’en est rien. "Cela m’a surpris moi-même," se souvient Aymeric. "Je n’étais pas énervé, j’étais vraiment dans l’état d’esprit d’offrir tout ce que je vivais."

Des racines et des fruits 

"L’arrivée à Lisieux a été fantastique", partage avec émotion le père de famille. Arrivé par l’arrière de la basilique, par la voie Jean XXIII, la basilique se découvre peu à peu. "C’était très beau, l’édifice baigné dans la lumière orangée de la fin de journée." Aymeric passe la nuit au sanctuaire, participe aux offices de la soirée au carmel de Lisieux et à la messe dominicale le lendemain. Il prie devant le corps de sainte Thérèse, la remerciant pour son intercession pour la guérison de sa fille; il dépose par écrit les autres intentions qu’il avait emportées avec lui. 

Aymeric se sent particulièrement touché par sainte Thérèse, cette petite sainte discrète, cachée dans son carmel et pourtant connue de par le monde. "J’aime beaucoup voyager et j’ai rencontré l’empreinte de sainte Thérèse aux quatre coins du globe. Tant de gens la connaissent, cela me laisse songeur", confie Aymeric. 

Voyager, c’est aussi redécouvrir le patrimoine français. Après son expérience d’expatriation, Aymeric est heureux de renouer avec ses origines. Son périple l’amène devant la mairie de son mariage civil, près de l’église de son mariage religieux, sur les traces des promesses de son baptême. "Nos églises de France sont si belles, ainsi que les collégiales de Vernon et de Poissy. Ce sont des lieux baignés d’histoire et de foi. J’ai aussi une vraie attirance pour les sanctuaires", explique Aymeric. 

Le pèlerinage du père de famille, entre l’Ile de France et Lisieux, est l’expérience incarnée d’une démarche spirituelle : "En région parisienne, je manquais d’air au milieu des pots d’échappement, les vélos électriques me doublaient dans la côte de Saint-Germain-en-Laye. Ma seule assistance était le Seigneur, Lui qui me guide et me pousse vers de nouveaux horizons." Aymeric a dû aussi ajuster ses trajectoires pour tenir compte de sa largeur inhabituelle due aux sacoches de vélo, pour enfin arriver sous un doux soleil à Lisieux, son objectif, la conclusion de sa première ‘cyclo-rando’. Une expérience qu’il espère réitérer, son expérience attestant du message de Pierre (1 Pierre 5, 7) : "Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu’il prend soin de vous."

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