"Père, vous vous souvenez quand vous m’avez donné l’onction des malades avant mon opération ? Les médecins ne comprenaient pas comment les choses s’étaient passées. Ce sacrement m’a donné une paix que je n’arrive pas à expliquer." Un témoignage comme celui-ci, nous les prêtres, en recevons régulièrement. Mais ils restent souvent dans l’intimité d’une conversation. Pourtant, ils racontent quelque chose d’essentiel sur ce sacrement des malades que l’Église nous offre dans l’épreuve de la maladie. C’est pourquoi je lance aujourd’hui, avec le soutien et le relais de la Conférence des évêques de France, une grande enquête nationale auprès de tous ceux qui ont reçu l’onction des malades.
Un sacrement méconnu
Soyons honnêtes : l’onction des malades reste le parent pauvre de notre vie sacramentelle. Beaucoup gardent en mémoire l’image de l’extrême-onction, ce sacrement donné à la dernière minute, et si possible pour certains quand la personne n’est plus consciente. Un ami prêtre, alors qu’il venait visiter un malade à l’hôpital à la demande de sa famille, et parce que le malade avait repris conscience, a eu droit à cette remarque : "Ce n’est pas encore le moment. Il ne faut pas qu’il vous voie. Repartez !"
Depuis près de quatre-vingts ans, l’Église, avec Pie XII puis le concile Vatican II, souligne que ce sacrement n’est pas réservé aux agonisants mais qu’il est bien "l’onction sacrée des malades". Il s’adresse à toute personne "dangereusement malade", c’est-à-dire dont la maladie atteint la personne dans son unité de corps, d’âme et d’esprit. Une opération grave, un cancer, une dépression profonde, une maladie chronique qui ébranle toute l’existence : voilà autant de situations où l’onction peut être reçue, et même renouvelée si la maladie s’aggrave.
“Des grâces particulières”
L’objectif de cette enquête est simple : mieux comprendre comment ce sacrement est vécu par ceux qui le reçoivent. Dans quelles circonstances l’onction a-t-elle été proposée ? Comment s’est déroulée la célébration ? Quels ont été ses effets sur la personne malade, sur sa famille, sur son rapport à la maladie et à Dieu ?
Nous savons que ce sacrement confère des grâces particulières. La formule qui accompagne l’onction le rappelle : "Par cette onction sainte, que le Seigneur vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tout péché, qu’il vous sauve et vous relève." Réconfort spirituel, union au Christ dans sa passion, pardon des péchés, et parfois guérison du corps ou de troubles psychiques : les fruits touchent la personne dans sa globalité. Si le catéchisme énumère quelques effets du sacrement et s’il n’est pas possible de mesurer toutes les grâces reçues, nous pouvons essayer de mieux témoigner de ce que Dieu réalise chez les fidèles qui reçoivent l’onction des malades.
D’indispensables témoignages
Je pense à ce petit garçon de 7 ans, atteint d’un cancer, qui a reçu l’onction au cours d’une messe paroissiale, entouré de toute la communauté. Il a reçu une grande paix. Il est mort deux mois plus tard juste après avoir reçu une nouvelle onction dans le cadre familial. Je pense à cette femme qui avait perdu presque toute sa vue sur un œil et qui a retrouvé six dixièmes dans les jours qui ont suivi l’onction. Je pense à cet enfant qui faisait des crises d’asthme si violentes qu’il frôlait la mort chaque mois, et qui n’en a plus jamais refait après avoir reçu le sacrement.
Ces histoires témoignent de la réalité d’un sacrement vivant, agissant. Mais elles restent bien souvent silencieuses. En répondant à cette enquête et en la transmettant à vos proches, vous permettrez à l’Église de mieux comprendre comment accompagner les malades, comment former les prêtres, comment en parler aux fidèles.
Un sacrement de guérison
L’onction des malades appartient aux "sacrements de guérison", aux côtés de la confession. Elle n’est pas simplement un ultime passage avant la mort. Elle est un remède que le Christ nous offre dans l’épreuve, une force pour tenir et peut-être guérir, une grâce pour transformer la souffrance en lieu de rencontre avec Lui. C’est justement parce qu’elle est donnée pendant la maladie, et non à la toute fin, qu’elle peut déployer toute sa puissance. Nous demandons alors au Seigneur un soin et un remède sans exiger de Lui un miracle. Si nous attendons le dernier moment, nous privons le malade de cette aide précieuse dans son combat.
Cette enquête veut contribuer à changer cette perception, grâce au témoignage de ceux qui ont reçu la manifestation de la tendresse de Dieu pour eux à travers l’onction des malades.
Participez en 5 minutes !
Si vous avez reçu l’onction des malades, je vous invite à répondre à cette enquête en cliquant sur ce lien. Il vous faudra environ 5 minutes. Votre témoignage, qu’il raconte une guérison spectaculaire ou simplement une paix retrouvée, qu’il exprime des questions ou des doutes, sera précieux. Il n’y a pas de "bon" ou de "mauvais" témoignage. Ce qui compte, c’est votre expérience vécue. L’enquête garantit la confidentialité de vos réponses. Il est possible aussi d’aider quelqu’un à répondre au questionnaire. Cette démarche s’inscrit dans un travail de recherche sur la dimension de guérison dans le sacrement de l’onction des malades. Au moment où se multiplient des initiatives de prières de guérison, il est important de pouvoir donner toute sa place au sacrement que le Christ lui-même a institué à cette fin. N’ayons pas peur ! N’attendons pas le dernier moment. Osons demander ce sacrement quand la maladie nous atteint en discernant peut-être avec un prêtre pour vérifier si c’est justifié. Et si vous l’avez reçu, osez témoigner de ce que vous avez vécu, non seulement avec cette enquête mais aussi autour de vous. Votre parole peut aider d’autres malades à découvrir cette grâce que le Christ nous offre dans l’épreuve.









