Le pape Léon XIV lors de ses vœux au corps diplomatique s’est inspiré de saint Augustin, comme il aime à le faire, pour mettre en avant la légitimité de l’engagement chrétien dans le champ politique. Sans se lancer dans une carrière politicienne, l’éventualité d’une candidature aux élections locales doit nous interroger. Nous sommes à la veille d’élections municipales et les listes se finalisent ces jours-ci avec en perspective un premier tour le 15 mars prochain. Devons-nous nous porter candidats dans une France complexe, tendue, incertaine ?
Vivant dans la cité terrestre
La réponse dépend bien sûr de chacun mais quand on a la possibilité de prendre ce type d’engagement, il faut vraiment se poser la question et oser se lancer dans cette fonction qui demande du temps, de la réflexion, beaucoup de diplomatie et certainement aussi des joies, celles de rencontres et du travail collectif. Léon XIV, toujours dans ce même discours aux diplomates explique : "Le chrétien, vivant dans la cité terrestre, n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil."
Pourquoi alors s’engager dans ce monde politique alors que certains trouvent plus facile ou plus opportun d’aider une association, de prendre des fonctions dans la paroisse ? Une responsabilité n’est pas exclusive de l’autre et chacun peut choisir, selon ses aptitudes, son âge, ses compétences. La question de la candidature aux municipales est une option parmi d’autres et elle est plus que légitime pour un chrétien. Examinons ces raisons.
Remettre l’église au milieu du village
Notre France pose des questions morales fondamentales et si celles-ci sont du ressort du Parlement et de l’Élysée, les élus de terrain ont une influence qui est double. Ils peuvent informer, expliquer et fédérer dans leur quartier, dans leur village avec une action de terrain, de proximité fondée sur des relations humaines denses et de confiance. Ils peuvent aussi influer sur leurs députés et sénateurs avec plus de poids, de légitimité en étant eux aussi des élus. La France de la proximité est écoutée ou devrait l’être par les instances nationales.
La question locale est tout aussi importante. Bien sûr, le chrétien aura à cœur de préserver les églises qui sont propriété des communes pour elles qui ont été construites avant 1905 et ils pourront "remettre l’église au milieu du village" en rappelant qu’elle fait partie intégrante de la culture locale. Les ancêtres de beaucoup d’habitants ont participé à sa construction, offert un vitrail ou un ornement. C’est ici que furent célébrées les grandes victoires et où les cloches ont sonné les armistices, c’est ici que l’on a dit À-Dieu à tant de générations, c’est un monument souvent historique par son architecture ou son histoire. Mais dans la vie locale, l’élu chrétien prendra aussi des positions affirmées sur les sujets essentiels : l’école et la politique familiale, la sécurité, l’aide à l’emploi, l’accès à la santé, etc.
Fermeté et ouverture
Ces élus donneront un point de vue souvent riche et de bon sens dans les débats, avec une fermeté et une ouverture, avec compréhension des différences et l’affirmation des richesses de l’homme, la famille en particulier. Ils auront à cœur de faire vivre les valeurs chrétiennes, les grands principes éthiques, la doctrine sociale et les convictions d’un chrétien qui se conjuguent avec celles de tout homme ou femme de bonne volonté.
Nous avons besoin, dans cette France laïque et repliée sur elle-même, d’ouvertures, d’élévations et tout simplement d’écoute pour répondre à nos prochains que sont les concitoyens d’une collectivité.
Non sans risque
Cet engagement dans la politique, même municipale, n'est pas sans risque. Léon XIV, en faisant référence à La Cité de Dieu, l’œuvre majeure de son cher Augustin nous avertit : "Augustin met également en garde contre les graves dangers pour la vie politique dérivant de fausses représentations de l’histoire, d’un nationalisme excessif et d’une distorsion de l’idéal de l’homme d’État." Cela s’applique à la commune, en particulier dans les grandes collectivités où les partis et leur doxa ont tendance à prendre le dessus sur la préoccupation locale aux dépens des administrés des villes et des communautés de communes.
Se porter candidat sur une liste électorale est aujourd’hui un vrai défi et les dangers sont nombreux : concessions, récupération, tensions etc. C’est cependant un challenge essentiel et nombreux sont les chrétiens qui ne veulent plus se taire et se soumettre à l’opinion toute faite du politiquement correct. Nombreux sont ceux qui s’engagent, encourageons-les. D’autres peuvent encore se poser des questions : osez !

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