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Maxim Naumov, le patineur olympique qui a transformé son chagrin en gloire

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Cécile Thévenin - publié le 19/01/26
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Le jeune patineur américain Maxim Naumov s’est qualifié le 11 janvier pour les Jeux olympiques, moins d’un an après le tragique accident d’avion qui a coûté la vie à ses parents. Dans cette épreuve, il accomplit un exploit exceptionnel, porté par une force invisible : la présence aimante de ses parents, qui, bien qu’absents, continuent de l’accompagner et de nourrir son courage. Sa résilience témoigne de l’amour qui les unissait et qui continue de rayonner à travers lui.

29 janvier 2025. La collusion d’un avion American Airlines avec un Black Hawk militaire tue 67 passagers, dont 28 jeunes patineurs et leurs accompagnants. C’est l’une des plus grandes tragédies de l’histoire du patinage artistique. Parmi les victimes, Evgenia Shishkova et Vadim Naumov, champions du monde en 1994 de patinage en couple et athlètes olympiques aux Jeux d’Albertville et de Lillehammer. Après être devenus partenaires sur glace, les deux Russes sont tombés amoureux. Ils sont partis aux Etats-Unis où ils ont enseigné le patin. Leur fils unique, Maxim, y est né en 2001, alors ils y sont restés. À leur mort, ils entamaient leur trentième année de mariage.

L’orphelin qui bouleverse l’Amérique à son retour sportif

Ils ont transmis à leur fils leur amour du sport, dès ses 5 ans. Ses coachs sont ses propres parents. Il est doué et performe encore plus en compétition. En ce début 2025, pour la troisième fois, il finit quatrième aux championnats nationaux des Etats-Unis. Ses parents, qui l’ont accompagné, ont prévu de rentrer quelques jours après lui, afin d’encadrer un stage de patinage. Quelques heures avant l’accident, sa mère annonce à Maxim qu’ils viennent de changer de vol et lui propose de venir les chercher à leur arrivée. Mais ce vol de dernière minute sera fatal. D’habitude, Evgenia contacte les siens dès l’atterrissage. L’appel n’arrivera jamais.

Après la mort de ses parents, Maxim annule sa participation à la compétition internationale pour laquelle sa quatrième place l’avait qualifié. Il n’exclut pas alors d’arrêter définitivement de patiner. Quand il remonte publiquement sur glace les premières fois après la perte de ses parents, le courage de son retour galvanise la foule et ses larmes à genou à la fin de sa performance émeuvent. Sur sa seconde chorégraphie, la musique choisie est l’Ave Maria. Sur ses lèvres, on déchiffre un "Je vous aime". Et ce dimanche 11 janvier 2026, moins d’un an après s’être retrouvé brutalement orphelin, Maxim a encore réhaussé l’exploit sportif et réalisé le rêve qu’il portait avec ses parents : à 24 ans, il vient de se qualifier aux prochains Jeux Olympiques à Milan, en grimpant à la troisème place du championnat des États-Unis.

Trois sur la glace

Lui, si proche de ses parents dont il ne fait que louer la bonté depuis leur mort, veut les honorer, en leur rendant hommage par ses mots, par sa résilience et par son patinage. D’autant plus qu’il perd en eux ses entraîneurs, et qu’il n’a pas de frères et sœurs. De son vivant, sa mère, trop stressée, s’éloignait durant les prestations en compétition de son enfant. Paradoxalement, maintenant qu’ils sont partis, Maxim sent la présence de ses parents avec lui. Il trace sur lui des signes de croix avant de débuter un programme. La croix qu’on le voyait toujours arborer sur sa tunique en compétition, il l’a gardée au cou. Et désormais, il regarde le ciel. On le voit parler à ses parents, comme un dialogue dans la prière. Après le programme court, le regard plein de combativité et de douleur, il présente une photo de lui à trois ans sur la glace avec ses parents et lui donne un baiser. "J’aimerais qu’ils soient là pour expérimenter cela avec moi, mais je sens leur présence, et ils sont avec moi".

L’image saisissante de la croix

Mais le signe de cette triple présence sur la glace s’est rendu plus singulièrement visible au dernier programme de ses championnats nationaux.

À la réalisation d’un double axel, un des sauts les plus durs en patinage artistique, la chaîne autour de son cou, fait très rare, se détache. Pourtant, elle ne tombe pas. Cinq secondes et trois retournés plus tard, il se saisit à pleine main du collier qui s’est collé à son épaule gauche. Et il finit sa chorégraphie en cramponnant le bijou, la chaîne se déployant au rythme de ses pirouettes, ce qui serait impossible en compétition où tenir un objet est interdit. Le moment n’a pas échappé aux spectateurs, et il explique en entretien à la chaîne King 5 Seattle : "J’ai fait un saut et je crois que ma chaîne s’est déclipsée, elle s’est accrochée à mon épaule comme ça… Ce n’était pas intentionnel ou quoi que ce soit, c’est apparu sur mon épaule gauche, et je me souviens à la toute fin de l’avoir brandie et tenue. J’ignore si c’était une coïncidence ou le message que ça signifiait. Mais on sentait quelque chose de spécial. Pas du tout planifié, c’est arrivé comme cela, j’espère que c’était un message de mes parents…". Qu’était donc ce bijou mystérieux ? interroge le journaliste curieux. Maxim porte alors sa main sur sa poitrine : "C’est ma croix, je la porte toujours, quoi qu’il se passe, je la garde sur moi, et je sens que c’est une protection. Même si elle s’est détachée, le fait qu’elle soit quand même restée sur mon épaule ! et qu’elle patinait avec moi ! et la saisir et la garder avec moi encore… quel moment incroyable…", livre-t-il, saisi dans son intériorité par ce qui vient de se passer.

Dans leur dernier post Instagram, Evgenia et Vadim écrivaient à leur enfant qu’ils aiment : "Notre fils nous rend tous fiers". Ce dimanche 11 janvier 2026, dans ses premiers mots de qualifiés, c’est eux et le Ciel que Maxim inclut dans sa gratitude : "Nous l’avons fait. Dieu est bon !"

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