Un drame ferroviaire d’une ampleur exceptionnelle a frappé l’Espagne le 18 janvier en début de soirée. Deux trains à grande vitesse sont entrés en collision à hauteur de la commune d’Adamuz, dans la province de Cordoue, en Andalousie, peu avant 19h45. Le bilan humain est lourd : au moins 39 personnes ont perdu la vie et 123 passagers ont été blessés, dont plusieurs grièvement.
Selon les premiers éléments communiqués par le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif), un train de la compagnie privée Iryo, le LD AV 6189, parti de Malaga à 18h40 à destination de Madrid Puerta de Atocha avec 317 personnes à bord, a déraillé au niveau des aiguillages d’entrée de la voie 1 à Adamuz. Dans son élan, il a envahi la voie adjacente et percuté un autre train circulant en sens inverse. Ce second convoi, un Alvia (TGV longue distance 2384) reliant Madrid Puerta de Atocha à Huelva, a également déraillé sous la violence du choc. L’ampleur de cet accident a immédiatement plongé la commune d’Adamuz dans une situation d’urgence absolue, appelant à une mobilisation rapide des secours mais aussi de la population locale.
La solidarité au cœur du drame
Dans ce village d’environ 4.000 habitants, la solidarité s’est immédiatement organisée. Des centaines de volontaires ont passé la nuit à soutenir les équipes de secours, distribuant de l’eau, des sandwichs et des couvertures aux survivants. "Tout le village a aidé", témoignait Ángel à l’antenne de RTVE. Le quotidien El Mundo rapporte également l’engagement de Gonzalo Sánchez, vendeur de billets de loterie à Adamuz, qui a utilisé son quad pour secourir et mettre à l’abri une douzaine de passagers après leur sortie des trains accidentés.
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De son côté, la paroisse San Andrés d’Adamuz a aussi joué un rôle clé dans cet élan de solidarité. Dès les premières heures, l’église paroissiale a ouvert ses portes aux victimes pour leur offrir abri, nourriture et boissons chaudes. De nombreux paroissiens sont venus allumer les chauffages et préparer l’arrivée de blessés susceptibles d’avoir besoin d’assistance. Le curé de la paroisse, le père Rafael Prados Godoy, s’est rendu en personne au centre municipal pour accueillir les passagers évacués par bus depuis le lieu de l’accident.
Devant la mairie, où les habitants se sont rassemblés spontanément, les locaux du chœur Romero "Virgen del Sol" ont été ouverts pour répondre plus efficacement aux besoins immédiats. "Toutes les denrées alimentaires données par Cáritas y ont été acheminées, et des boissons chaudes et des sandwichs ont été préparés", a indiqué le curé, selon le diocèse de Cordue.
La prière de l'Eglise pour les victimes et leurs familles
Face à ce drame, de nombreuses voix dont celle de l’Église catholique espagnole se sont élevées pour exprimer leur solidarité. À commencer par l’évêque de Cordoue (la région où s’est produit le drame) Jesús Fernández. Dans un communiqué, il a confié les victimes et les blessés au Seigneur afin qu’"ils ne cessent de ressentir son aide, sa force et son réconfort en ce moment d’incertitude et de douleur".
Le secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole et évêque auxiliaire de Tolède, César García Magán, a lui aussi fait part de sa "profonde tristesse" et assuré ses prières "pour le repos éternel des défunts et le prompt rétablissement des blessés". Tout comme le cardinal José Cobo, archevêque de Madrid et vice-président de la Conférence des évêques, qui a déclaré suivre "avec une profonde tristesse" l’évolution de la situation, priant pour les victimes, leurs familles et tous ceux engagés dans les secours. Des messages similaires ont été publiés par José Antonio Satué, évêque de Malaga et par l’archevêque de Séville.
Le pape Léon XIV a également affirmé être "profondément attristé" par cet accident, dans un télégramme publié le 19 janvier. Offrant "ses prières pour le repos éternel des défunts", le Pape a adressé ses "sincères condoléances" aux familles des victimes et a fait parvenir "sa vive sollicitude et ses vœux de prompt rétablissement" aux plus de 120 blessés. Dans ce message signé du cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin et envoyé à Mgr Luis Javier Argüello García, président de la conférence épiscopale espagnole, le pontife a aussi encouragé les équipes de secours à "persévérer dans leurs efforts d’aide et d’assistance", et a accordé sa "bénédiction apostolique réconfortante, comme signe d’espérance dans le Seigneur ressuscité".
Alors que l’émotion reste vive dans tout le pays, une enquête est en cours pour déterminer les causes exactes de cet accident ferroviaire dramatique. En attendant, Adamuz incarne, par l’engagement de ses habitants et de sa paroisse, une solidarité exemplaire face à l’une des pires tragédies qu’ait connues le réseau ferroviaire espagnol ces dernières années.

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