Savez-vous ce qu’il faut pour fabriquer du gin ? Des baies de genévrier. Et c’est justement ce que vont cueillir chaque année, au mois de septembre, les moines bénédictins du monastère de San Salvador de Leyre, situé en Navarre (Espagne). Dans ce monastère du IXe siècle, l’un des plus anciens d’Europe, ce sont aujourd'hui 17 moines espagnols qui y mènent une vie contemplative, marquée par le silence, la prière et le travail. “Ora et labora”.
Parmi eux, le père Eduardo Oliver, un jeune moine de 30 ans qui a trouvé sa vocation pendant les JMJ de Madrid en 2011. Et c’est lui qui raconte au média Aciprensa, la volonté initiale des moines de relancer une production de liqueur au monastère. La liqueur médiévale San Benito avait connu un grand succès les siècles passés, notamment pour ses valeurs curatives, mais sa production avait été abandonnée. Pendant un an et demi, les moines vont alors se plonger dans les livres anciens de la bibliothèque du monastère pour retrouver la recette de cette liqueur à base de plantes, répertoriée fidèlement par leurs prédécesseurs. Et quand ils mettent la main dessus, et découvrent la liste des plantes nécessaires, ils réalisent que celles-ci sont toutes à disposition dans la forêt qui jouxte le monastère.
Un processus de contemplation
C’est donc en partant à la cueillette, qu’ils découvrent que leur forêt regorge également de genévrier, dont les baies sont utilisées pour fabriquer du gin. Alors, les moines décident de se lancer un autre défi : en plus de la liqueur, pourquoi ne pas fabriquer aussi leur propre gin, afin d’apporter à leur tour une pierre à l'édifice, et perpétuer un héritage ? Ils se mettent au travail, et en plus de travailler à trouver la bonne recette, créent un laboratoire dans le respect des exigences sanitaires. Puis, ils réfléchissent à la conception et à l'étiquetage des bouteilles. "C’est une dynamique où chacun a trouvé sa place et s'intègre naturellement : les plus anciens à l'étiquetage, les plus jeunes à la macération", explique le frère Eduardo. "Le processus est très artisanal et manuel, il n'est pas du tout industrialisé et demande beaucoup de temps et de précision", complète-t-il, voyant dans ce long processus un temps "très calme, très contemplatif et recueilli, ce qui correspond tout à fait à notre mode de vie".
Première bouteille au roi
Le lancement de la toute première bouteille de gin "Monasterio de Leyre" a eu lieu en octobre 2025, coïncidant avec la visite au monastère du roi et de la reine d'Espagne accompagnés de leur fille, l'infante Leonor. "Ils viennent régulièrement à Leyre car c'est le berceau des anciens rois de Navarre, et nous avons donc pu leur offrir nos toutes premières bouteilles". Depuis, le gin et la liqueur de Leyre sont vendus dans certaines paroisses et peuvent également être achetés à la boutique du monastère. "Il s'agit d'éditions très limitées, fabriquées en petites quantités, car elles ne sont pas destinées à la production de masse, ce qui reviendrait à renoncer à ce que nous sommes précisément", conclut le moine, heureux néanmoins d’avoir partagé, à défaut de la recette ancestrale, cette nouvelle page du monastère pluriséculaire.


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