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Claudia Procula, femme de Pilate et témoin en songe de la Passion

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"Le Rêve de la femme de Pilate" ("The dream of Pilate's wife"). Une gravure d'Alphonse François (1814-1888) d'après Gustave Doré.

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Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 17/01/26
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Alors que la vie terrestre de Jésus touchait à son terme, l’épouse de Ponce Pilate, celui qui allait présider à sa condamnation, eut un curieux songe, pour le moins inattendu…  

Claudia Procula, tel est son nom, était une femme romaine de haut rang. Peu connue de nos jours, il se pourrait qu’elle ait été parente de l’empereur Tibère, voire même la petite-fille de l’empereur Auguste… Quelle que soit sa véritable filiation, elle appartenait manifestement à une famille aristocratique en vue pour avoir épousé le préfet de Judée, Ponce Pilate. Son nom n’est pas expressément mentionné dans l’évangile selon Matthieu. Mais, ce dernier l’évoque cependant par l’intermédiaire d’un étrange songe que Claudia Procula aurait fait concernant Jésus qui allait être sous peu jugé par son mari… 

"Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste…"

Le procès de Jésus imposait qu’Il soit tout d’abord jugé par le Sanhédrin, tribunal suprême des Juifs, avant de comparaître devant l’autorité romaine représentée par Ponce Pilate. Il n’y avait guère de place à cette époque pour les femmes dans ces affaires, aussi est-il surprenant d’entendre cet avertissement que Claudia Procula fit à son époux avant la condamnation finale de Jésus : "Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui." (Mt 27,19). Ces quelques mots, brefs et concis, nous sont parvenus par l’intermédiaire de Matthieu, sans autre explication. Nous savons que Pilate n’avait rien trouvé à reprocher à l’accusé, ne constatant rien de répréhensible dans sa conduite et cherchant même à plusieurs reprises à obtenir sa libération… Or, son épouse va plus loin encore en qualifiant Jésus de juste et en recommandant à son époux de ne pas le condamner. Plus encore, le texte biblique laisse entendre que Claudia Procula eut à souffrir beaucoup en songe à son sujet, participant ainsi au mystère de la Passion et en en ressentant les souffrances de manière anticipée… 

Une sainte romaine…

Cette étonnante empathie d’une aristocrate romaine, qui n’avait pourtant pas eu le temps d’être convertie au christianisme encore à naître, ne cesse de surprendre. Pour ces raisons, et même si certaines exégètes n’hésitent pas à dire que cet épisode a pu être enrichi par la suite par l’évangéliste, il n’en demeure pas moins que la tradition verra en Claudia Procula une sainte parmi les saintes femmes de la Passion ; faisant de celle-ci, en quelque sorte, une disciple en songe de Jésus, ainsi que le soulignera le père de l’exégèse biblique, Origène, au IIIe s. Les Eglises grecques orthodoxes, coptes et éthiopiennes lui vouent un culte comme sainte à part entière dans leur calendrier. L’image de Claudia Procula, plus méconnue de nos jours, est à redécouvrir en ce sens qu’alors même que la majorité des hommes cherchaient à faire condamner Jésus ou à fuir une situation dramatique, quelques femmes eurent, cependant, le courage de reconnaître Celui qui allait sauver l’humanité par son ultime sacrifice… 

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