Chute de la natalité, basculement démographique... les derniers chiffres publiés par l’Insee suscitent, semble-t-il, beaucoup de réactions traduisant une véritable préoccupation pour une réalité pourtant bien ancienne. Ou plutôt confirment, avec 1,56 enfant par femme en 2025 (soit le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale), l’incapacité de la France à assurer le remplacement de sa population (depuis le milieu des années soixante-dix du siècle dernier quand même !) et à satisfaire le désir d’enfants des couples, désir pourtant suffisant pour assurer ce remplacement. En revanche, il est vrai que le solde naturel, différence entre les berceaux et les cercueils, est négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ne boudons pas cette actualité qui a au moins le mérite de susciter (provisoirement ?) un réel intérêt, confirmant une préoccupation qui s’est réveillée avec les difficultés d’assurer le financement des retraites...
Des causes diverses et variées
Alors pourquoi ne pas profiter de cette actualité pour rappeler quelques vérités largement établies et proposer quelques pistes d’action, renvoyant chaque lecteur intéressé par plus de précisions et de développements à l’ouvrage publié fin 2024 chez Salvator : La Famille au cœur de l’économie ? Certes les causes de cette dénatalité sont multifactorielles et même transdisciplinaires, de telle sorte qu’il serait présomptueux de vouloir les envisager toutes dans le cadre de cette tribune. Du point de vue économique qui est le nôtre, les difficultés de se loger, les coûts d’éducation des enfants et l’instabilité des couples sont à juste raison les explications les plus souvent mentionnées dans les enquêtes. Mais des raisons anthropologiques (individualisme, matérialisme, consumérisme) pour ne pas dire idéologiques (anti-familialisme, malthusianisme, féminisme) devraient également retenir notre attention.
Des conséquences économiques avérées
En revanche, les conséquences économiques, négatives en l’occurrence, sont moins souvent citées alors qu’il est établi que si le dynamisme démographique n’est pas suffisant pour assurer le développement économique, il n’en est pas moins nécessaire. Il est assuré également que le développement récent de la théorie du capital humain vient renforcer ce diagnostic favorable à l’investissement dans la jeunesse pour reprendre une formule ancienne puisqu’elle serait due à Alfred Sauvy.
Des confusions préjudiciables
Quant aux confusions qui tronquent malheureusement, volontairement ou non, le débat pour ne pas dire qu’elles l’empêchent, mentionnons celle qui ne fait pas de différence entre politique nataliste et politique familiale, confusion aboutissant à affirmer que la première serait inefficace alors que bien peu de pays la mettent en œuvre. De même, dire que nous pourrions substituer l’immigration à la natalité, c’est soit déplacer la difficulté sans la résoudre, soit ignorer justement la dimension investissement dans le capital humain. À moins qu’il ne s’agisse, après avoir été cigales, de "déshabiller Pierre pour habiller Paul".
Des réformes à mettre en œuvre
Alors que faire ? Au-delà des nombreuses mesures d’accompagnement, d’aide et de reconnaissance de la famille, en commençant par le retour à la politique familiale dont la France a été un modèle avant de la remplacer par une politique sociale comme si fonder une famille était un malheur, il est temps de valoriser la production domestique, le temps passé par les parents à l’éducation de leur(s) enfant(s) en particulier, de cesser de considérer que la famille (les "ménages familiaux" selon l’expression consacrée) ne produit aucune richesse puisqu’aujourd’hui — c’est une règle de comptabilité nationale — seul le fait qu’elle consomme est considéré.
C’est donc bien une révolution en matière économique qu’il s’agit de faire pour intégrer dans nos analyses l’investissement dans la jeunesse, en reconnaître la réalité et l’importance, ce qui permettra peut-être alors de le prendre en compte non dans une optique d’assistance mais bien de justice et d’efficacité. Ne faudrait-il pas aussi considérer plus particulièrement les familles nombreuses, car c’est cette minorité qui permet la liberté de choix d’une part, de ne pas stigmatiser ceux qui ne peuvent pas donner la vie d’autre part ? Il ne s’agit pas d’obliger chaque couple à avoir deux enfants, mais de permettre à ceux qui en souhaitent davantage de les avoir pour que ceux qui n’en ont pas trouvent leur place.
Le pari de la famille
Le défi que nous avons à relever, celui de la démographie, justifie de commencer par bien poser le problème et donc de faire le pari de la famille. Symboliquement, mais les symboles sont importants, c’est un véritable ministère de la Famille qui doit être envisagé dont la feuille de route serait de souligner et de renforcer son rôle décisif comme investissement...
Pratique

![[VIDÉO] Portable caché, scrutins inattendus… Dans les coulisses du dernier conclave](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2025/05/VATICAN-POPE-CONCLAVE-SISTINE0A-2013-000_DV1436250.jpg?resize=75,75&q=25)







