"J’irai au bout de mes rêves, tout au bout de mes rê-ê-ves". C’est ce qu’a vécu Jacques, 14 ans, un adolescent porteur de trisomie 21, qui a reçu il y a quelques jours dans sa boîte aux lettres une lettre de Jean-Jacques Goldman en personne. "Il y a trois ans, dans la voiture, je me suis remise à écouter sur Spotify Entre gris clair et gris foncé", explique à Aleteia Julie Chaboud, sa mère, 43 ans, qui vit avec son mari et leurs quatre enfants dans le Trièves, en Isère. "C’est un album qui me rappelait plein de souvenirs. Un de mes fils m’a dit que c’était complètement ringard mais Jacques a eu un véritable coup de cœur", poursuit-elle. "Pour lui, cela a été comme une révélation". Une passion est née. Jacques ne vit plus que pour Jean-Jacques Goldman : il écoute en boucle les albums du chanteur, visionne tous les documentaires qu’il trouve à son sujet, se met à étudier la guitare puis le piano, assiste à un concert des Goldmen… et se fait même pousser les cheveux pour avoir la coupe mulet portée par l’artiste dans les années 1980. "Jacques nous fait aller là où nous n’irions pas !", s’amuse sa mère.
Lorsqu’à Noël, son IMPro (Institut médico-professionnel) organise un concours du type "Incroyables talents", ni une ni deux, l’adolescent embarque deux éducatrices avec lui pour interpréter "J’irai au bout de mes rêves" et rafle la seconde place. "Jean-Jacques Goldman, tout le monde s’y retrouve. Et on sent que Jacques, c’est vraiment une musique qui le touche", s’enthousiasme Julie Chaboud.

"C’est un peu l’extraordinaire qui s’invite dans notre vie"
Groupie jusqu’au bout des ongles, le guitariste en herbe décide d’écrire à son idole pour lui faire part de son admiration et de son rêve de suivre ses traces. "Quand il a une idée en tête, il ne la lâche pas !", sourit sa mère. Elle joint un petit mot au sien, trouve une adresse sur internet et envoie la lettre au printemps 2025, "un peu comme une bouteille à la mer". "Honnêtement, c’était pour faire plaisir à Jacques et pour qu’il aille au bout de son projet, mais on ne s’attendait pas à une réponse". Quelques mois plus tard, le 13 janvier 2026, une enveloppe arrive dans leur boîte aux lettres. À l’intérieur, un petit mot pour Jacques et un autre destiné à sa mère, écrits de la main du chanteur lui-même, qui remercie le jeune garçon et l’encourage à continuer à jouer de la guitare. "Il s’est dit touché par notre lettre avec des mots assez conséquents", résume la mère de famille. "J’adore !", applaudit de son côté Jacques au téléphone auprès d’Aleteia. "C’est la petite surprise 2026 qui met un peu de magie dans le monde", reprend Julie Chaboud. "C’est beau de voir à quel point cette histoire procure de la joie autour de nous. Au-delà de cet échange très discret, il y a un rayonnement hyper grand. On sent qu’il y a quelque chose à l’œuvre. C’est un peu l’extraordinaire qui s’invite dans notre vie". Pas de doute : Jacques nous montre que la vie est belle, surtout quand elle n’est pas vécue par procuration.









