Le président de la République Emmanuel Macron veut instituer un "Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas" chargé de fédérer les diasporas de France, a annoncé le journal L’Opinion. Devons-nous nous en inquiéter ? Oui, pour trois raisons.
La première raison est que la création d’une nouvelle structure est une machine à déception. Quand un dirigeant politique est à court d’idées, il propose volontiers la création d’un commissariat, "haut" si possible, avec ce que cela entraîne de frais de structure, de temps perdu, de vaines disputes et d’espérances démenties. En règle générale, une structure de ce genre ne sert à rien. Parfois, elle est nuisible. Elle ne dure guère. On pourrait en citer dix exemples récents.
Surtout, ne pas déranger
Revenons en arrière. En 1989, le Premier ministre Michel Rocard avait eu en apparence la même idée que le président Macron aujourd’hui. Michel Rocard avait institué un "Haut-Conseil de l’intégration" présidé par des personnalités éminentes et crédibles, Marceau Long d’abord, puis Simone Veil. L’objectif de cette instance était de proposer des idées pour faciliter l’intégration (on n’osait plus parler d’assimilation) des immigrés en France. Au commencement, ce comité est passé inaperçu. Quand il s’est mis au travail, il a dérangé. En 2012, il a produit un rapport dénonçant l’islamisation qu’il observait dans l’enseignement supérieur. Des universitaires ont crié à l’islamophobie. Contrairement à la coutume, la Documentation française fut priée de ne pas publier ce rapport qui avait le grand tort de dire la vérité. Comme disait Charles Péguy, nous devons avoir le courage de dire ce que nous voyons et surtout, le courage de voir ce que nous voyons. Le Haut-Conseil commençait à voir ce qu’il voyait : il a été supprimé. Soulagement chez les islamo-gauchistes ; indifférence chez les autres. Qui se souvient de ce Haut-Conseil voulu par Michel Rocard ? Sans doute pas Emmanuel Macron : il était trop jeune.
La déconstruction par le wokisme
La deuxième raison que nous avons de nous inquiéter est que le Haut-Commissariat envisagé par Emmanuel Macron est très différent de l’instance rocardienne précédente, en ce qu’il s’oppose frontalement à nos principes français. On nous cite déjà les personnalités qui vont le composer : Lilian Thuram, Najat Vallaud-Belkacem, Christiane Taubira, Pap Ndiaye ou Teddy Riner. Ces personnalités remarquables dans leur domaine et diverses dans leur parcours, ont en réalité un seul point commun : toutes se sont prononcées un jour ou l’autre en faveur du communautarisme, contre l’idée d’une civilisation française. On se souvient d’un ministre de l’Éducation allant expliquer aux États-Unis, dans un discours prononcé en anglais, que la France était un pays raciste, ou de tel autre se refusant à chanter la Marseillaise. Le Haut-Commissariat poursuit un objectif clairement affiché : parfaire le travail de déconstruction de notre pays en promouvant le wokisme, sous prétexte de résister à Donald Trump, en mettant en avant les binationaux. Il ne s’agit même pas de promouvoir la France créolisée appelée de ses vœux par La France insoumise, mais d’aller au-delà, vers une France non pas métissée, mais balkanisée, non pas diverse mais communautarisée ; bref, une France prête pour la guerre civile.
Une politique de quotas
La troisième raison de nous inquiéter est que l’instance qu’on veut nous imposer sera conduite, par la force des choses, à promouvoir une politique de quotas ethniques. La pratique des quotas est remise en cause partout où elle a été poussée à l’excès. Elle est une machine à fabriquer le racisme. Mais cela ne semble pas inquiéter le chef de l’État qui, par crainte d’être le dernier républicain, se fait le dernier des wokistes. Il croit avoir six mois d’avance et il a dix ans de retard. Il est au demeurant cohérent : ne déclarait-il pas — il y a dix ans — qu’il n’y a pas de culture française ?
Quand elle était ministre d’État, Simone Veil s’était prononcée contre la politique des quotas dans laquelle elle voyait un fauteur de communautarisme et de divisions. Cette personnalité libre, idole des féministes, refusait qu’on imposât des quotas de femmes : elle misait sur le modèle républicain. Elle a renoncé à exprimer son opposition aux quotas en 1994 seulement, parce que le Premier ministre Édouard Balladur, dont elle soutenait la candidature à la présidence de la République, le lui avait explicitement demandé.
Une triple faute
Le futur Haut-Commissariat à la diversité commet une triple faute : administrative, politique et morale. Face à cet assaut de folie, il nous faut rappeler inlassablement que la France n’est pas un territoire de minorités ethniques, mais une nation de cohérence chrétienne.

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