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En mission au Togo, Clotilde a redécouvert le Christ au service des jeunes

Clotilde, 24 ans, a passé une année au Togo au cœur du prieuré des sœurs de Saint-Jean. Une mission qui a changé sa manière de vivre, de penser et de se mettre au service des autres.

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Anna Ashkova - publié le 13/01/26
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La mission n’est pas une parenthèse dans une vie. Il y a un avant, un pendant, mais surtout un après. Pour Clotilde, 24 ans, ce volontariat avec l’association Noé Mission au Togo n’a pas seulement marqué une étape : il a marqué un tournant décisif dans sa vie.

Alors qu’elle venait d’achever ses études en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) et un master en management du sport, Clotilde, 24 ans, a décidé de franchir un cap auquel elle pensait depuis longtemps : partir en mission. "J’étais engagée dans des associations et des projets, mais j’avais vraiment envie de me donner entièrement, de tout laisser derrière moi et d’offrir ce que je suis et le peu que je sais", confie-t-elle à Aleteia. Si l’idée était là depuis longtemps, l’hésitation aussi : "Je me disais que ce n’était pas pour moi et que c’était plutôt destiné aux autres." La fin de ses études a finalement marqué un tournant décisif. "Je me suis dit que c’était le bon moment, juste avant d’entrer dans le monde du travail."

Après quelques recherches sur Internet, elle découvre Noé Mission, une association qui envoie des volontaires auprès des frères et sœurs de la Congrégation de Saint-Jean pour soutenir des projets éducatifs et sociaux. "Je cherchais une petite association avec une vraie communauté, axée sur la vie familiale et la fraternité. J’avais postulé auprès de plusieurs associations ailleurs, mais c’est lors du week-end de discernement à Noé Mission que tout est devenu une évidence", raconte Clotilde, touchée par l’esprit et l’accompagnement de l’équipe associative.

Portée par cette envie de se rendre pleinement disponible, elle a donc tout quitté — sa maison, ses habitudes… — pour s’envoler au Togo en septembre 2024. Clotilde y a passé onze mois au prieuré des sœurs de Saint-Jean, entièrement investie auprès d’adolescents dans un centre périscolaire.

Une mission qui transforme…

"Ma mission principale était de m’occuper des collégiens. Le matin, ils étaient à l’école, puis arrivaient au centre à la mi-journée pour suivre environ 1h30 de temps scolaire. L’après-midi se poursuivait ensuite avec des activités ludiques et éducatives". Les journées étaient rythmées par des ateliers variés : théâtre, découverte d’instruments musicaux, temps de réflexion, et activités sportives. "On a même monté un escape game — ils ne savaient pas trop ce que c’était. C’était vraiment chouette de vivre ces moments avec eux", se souvient la jeune femme, en notant que la plupart des élèves ont un quotidien difficile, marqué par la pauvreté.

Passionnée de natation, Clotilde a même initié les jeunes à la piscine. "Pour beaucoup d’entre eux, c’était leur première expérience aquatique", explique-t-elle. Leur joie simple a été un moment marquant pour elle. Et, contre toute attente, sa pratique de la natation l’a menée… à rejoindre l’équipe nationale de natation du Togo pour des compétitions (avec quelques médailles à la clé.)

Cette mission m’a appris à être dépouillée matériellement et à me tourner vers l’essentiel : la relation humaine, lieu privilégié de la rencontre avec le Christ.

Mais sa mission a aussi été faite de rencontres humaines fortes : avec les jeunes du quartier avec lesquels elle jouait au foot, avec une famille vivant près du centre et qui n’hésitait pas à partager avec elle le peu qu’elle avait, et bien sûr avec les sœurs du prieuré. "Elles étaient très présentes pour moi et me donnaient de précieux conseils d’acculturation. Nous vivions une vie fraternelle marquée par de vrais moments simples, faits de rires, de discussions, de prières et de joies profondes. Cela m’a permis de me donner pleinement dans ma mission et de m’y sentir entièrement intégrée. Et surtout, j'ai grandi humainement et spirituellement", raconte Clotilde.

Au fil de l’année, elle a aussi eu la joie de voir des jeunes s’ouvrir progressivement à elle. "Je me souviens de deux jeunes qui, au début, étaient très distants et réticents. Au fil des mois, ils se sont ouverts et ont beaucoup partagé sur ce qu’ils vivaient, ce qui m’a permis de mieux comprendre les réalités de leur quotidien. L’un d’eux, qui avait quelques difficultés, a énormément travaillé et a obtenu son diplôme en fin d’année. Je suis très fière de ce qu’il a accompli."

Chaque journée au centre se terminait par un temps de prière collectif. "Même les élèves musulmans se joignaient à nous. C’était un très beau moment de recueillement ensemble", note Clotilde.

"À travers toutes ces personnes que j’ai côtoyées, et leur quotidien, j’ai redécouvert le Christ. Ils ne savent pas de quoi demain sera fait, mais ils ont la foi que Dieu sera là pour eux", avoue-t-elle.

… et ouvre de nouveaux chemins

Son expérience n’a pas été une simple parenthèse. De retour en France en août 2025, Clotilde a choisi de simplifier ses priorités, tant matériellement qu’humainement : "Cette mission m’a appris à être dépouillée matériellement et à me tourner vers l’essentiel : la relation humaine, lieu privilégié de la rencontre avec le Christ."

Au-delà des moments intenses vécus au Togo, c’est la manière dont la mission a renouvelé son rapport au service et à l’autre qui l’a profondément transformée. Aujourd’hui, cette pétillante Bretonne travaille comme chef de projet événementiel pour Holy Games et aspire à vivre d’autres projets solidaires qui pourront continuer à l’élever comme l’a fait sa mission au Togo avec Noé Mission.

"Je veux aider les autres de manière encore plus concrète, je pense à faire des maraudes ou à rendre visite aux prisonniers", explique la jeune femme. Autant de façons concrètes de poursuivre ce don de soi qu’elle a appris au Togo.

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