Réunis au sein du Leonardo da Vinci DNA Project (LVDP), ils sont une trentaine de chercheurs, américains et italiens, à travailler conjointement depuis une dizaine d’années pour tout connaître du maestro italien. Des scientifiques de l’université Rockfeller, à New York, de l’Institut J. Craig Venter dans le Maryland, et de l’université de Florence, en Italie. Les pistes sont nombreuses, les enquêtes variées, mais un seul et même objectif réunis tous ces passionnés : établir le profil génétique de Léonard de Vinci.
Un chromosome Y d'un groupe répandu en Toscane
Début janvier 2026, l’équipe italienne a mis en ligne les résultats de ses derniers travaux : une analyse de prélèvements effectués sur différents documents en avril 2024, dont un dessin à la sanguine, l’Enfant Jésus, attribué au maître italien. C’est en frottant un écouvillon imbibé d’eau, puis un écouvillon sec, sur un morceau de papier, que les chercheurs sont ainsi parvenus à en extraire des minuscules particules. "Le papier est poreux. Il absorbe la transpiration, les peaux mortes, les bactéries, l’ADN. Tout y reste", a expliqué le chercheur italien Norberto Gonzalez-Juarbe au magazine américain Science. Des traces de chromosomes Y (le chromosome sexuel masculin) ont pu être prélevées et appartiennent au groupe E1b1, qui est très répandu en Toscane. Tellement répandu que les scientifiques le reconnaissent, il pourrait appartenir au peintre tout aussi bien qu’à un acheteur, un apprenti, au fabricant de la toile, ou à tout homme ayant manipulé ce dessin ces 500 dernières années !
Peu importe, les scientifiques n’ont pas dit leur dernier mot et poursuivent leurs recherches en parallèle sur d’autres œuvres du maître (en essayant de convaincre les propriétaires actuels de prêter leurs toiles), ou en tentant de trouver et d’analyser les tombes des membres de sa famille. Car s’il n’a jamais eu d’enfant, on sait aujourd’hui que Léonard de Vinci avait une vingtaine de demi-frères et sœurs. Les scientifiques historiens du LVDP ont ainsi pu reconstituer son arbre généalogique, depuis la naissance de son grand-père paternel en 1331 jusqu’à aujourd'hui. Ils ont identifié actuellement 14 descendants mâles encore en vie. L’enquête n'est donc pas finie, mais elle pourrait bientôt apporter un nouvel éclairage à tous les passionnés du plus grand maestro italien, qui fascine toujours autant.








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