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Envier la gloire ou désirer la paix : il faut choisir son chemin

4 min de lecture
carrefour chemin choix

Crédit : Shutterstock

Derrière les grands de ce monde, il y a l’image de ce qui joue en nos vies, remarque le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille. À qui veut-on appartenir ? Il n’y a pas de dérobade possible. 

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Ils sont deux, face à face. Ils se voient par écrans interposés et sont comme l’avers et le revers d’une médaille. Américains, ils incarnent chacun un visage différent devant lequel il nous faut choisir. Comme si, au bout du compte, ce manichéisme caricatural et infantile que nous impose la culture de masse états-unienne était devenue la réalité du monde. L’un séduit, l’autre éduque. L’un envahit sans être entravé par quiconque, l’autre annonce celui qui libère chacun. L’un ne parle que de richesses, de dollars et d’or noir, l’autre se présente vulnérable. L’un parle de guerres comme d’une banalité, l’autre proclame un amour désarmé. Certains verront chez le premier du pragmatisme que le réalisme justifie, tout en souriant, confus, de l’angélisme du second. D’autres chanteront le courage de ce dernier en fustigeant la folie du premier.

À qui veut-on appartenir ?

Les réseaux sociaux, qui semblent devenir l’agence de presse du monde entier, favorisent ce vertige : car les deux sont en fait les images de ce qui se joue en nos vies, en nos cœurs et nos intelligences. Entre le prédateur et le prédicateur, entre le vulgaire et le pauvre, entre le virulent et le non-violent, nous oscillons, regardant, parfois envieux, les gloires du monde mais aussi, désireux, les promesses de l’Évangile. 

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L’histoire que nous vivons ne se réduit pas à des magouilles et à des petites phrases. Et puisque nous y sommes convoqués par l’urgence et les dangers qui menacent de plus en plus nos peuples et nos personnes, il faut bien que chacun choisisse à qui il veut appartenir. Car c’est bien cette liberté là qu’il nous reste et que nous chérissons : celle de pouvoir choisir — ce qui ne veut pas dire y parvenir car nous connaissons bien les reculades, les chutes et les doutes qui reviennent en chacun — entre Mammon et Dieu. Sans s’illusionner par les protestations du premier qui grave les billets de banque du nom du second comme pour les rendre plus présentables.

Pas de dérobade possible

On peut parler de Dieu à tout bout de champ et ne jamais accomplir sa volonté, nous ne le savons que trop. Car sa volonté précisément ne se situe ni dans un duel de coqs ni dans les fantasmes de toute-puissance. Elle se résume dans un commandement, qui n’est pas une recommandation ou même une prière : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé." Il n’y a pas de dérobade possible, ni de justification honnête à prétendre l’inverse. Donald et Léon le savent l’un et l’autre. L’un joue, l’autre cherche à vivre. L’un convoque les rieurs de son côté au détriment des faibles, l’autre sourit dans le silence en contemplant la foule. L’un justifie les pires crimes par la nécessité, l’autre pleure devant la Miséricorde de Dieu. L’un n’incarne pas le mal, l’autre n’incarne pas le bien. Mais l’un et l’autre posent un choix sur ce qu’ils veulent vivre et, par leurs fonctions, ce qu’ils cherchent à inviter à vivre. 

Artisans de paix

En fait, les deux sont pécheurs. Mais l’un le nie avec fureur, l’autre l’accepte avec compassion. Dans l’hiver froid et triste d’aujourd’hui, certains hésitent entre la guerre du feu ou la quête de la lumière. Puisse l’Esprit fortifier les artisans de paix. Qu’ils trouvent notamment dans l’Église, le lieu où s’enraciner pour œuvrer dans la confiance, et des frères qui suivent avec eux le Prince de la Paix !