L'histoire est doublement étonnante. En 1957, les communistes de l'ancienne Tchécoslovaquie construisent Neratovice, une cité ouvrière située à 30 kms au nord de Prague, sans aucune église. En 2026, alors que la promotion du communisme a été interdite par l'actuelle République tchèque démocratique, cette même ville, qui compte aujourd'hui près de 16.000 habitants, annonce la construction de sa toute première église. Et la nouveauté ne s'arrête pas là, car cette église sera sans doute intégralement imprimée en 3D, devenant ainsi la plus grande église au monde jamais construite ainsi. Baptisée Église de la Sainte-Trinité, la pose de la première pierre a été bénie par l'archevêque de Prague, Mgr Jan Graubner, en 2024.
Une arche de Noé ultramoderne
Les images du bâtiment final ne laissent pas indifférent. Le projet, conçu par l'architecte Zdeněk Fránek, qui a déjà réalisé des édifices religieux, s’inspire en effet de l’arche de Noé, avec une forme ultramoderne, voire conceptuelle. La conception de l'église consiste ainsi en une structure en forme d'arche composée de 520 blocs imprimés en 3D, assemblés à la manière d'un puzzle. Ces blocs se caractérisent par une structure ondulante à fonction acoustique. Une tour est également prévue. Les deux éléments seront recouverts de toits verts irrigués par des réservoirs de rétention d'eau de pluie. Pour le moment, il a été annoncé que seule la tour serait construite à l'aide de la technologie d'impression 3D, mais la décision d'imprimer ou non l'ensemble de l'église sera prise prochainement, sur la base de calculs et d'estimations de la voûte de l'édifice. Cette décision permettrait alors de réaliser d’importantes économies, tout en devenant une première au monde.
Symbole de reconstruction
Quoi qu’il en soit, ce projet très novateur fait parler. C'est ainsi que dans le numéro de décembre 2025 du magazine économique Forbes, version tchèque, un article célèbre cette "église exceptionnelle", qui a l'ambition de changer les fondements de la construction, et qui va "remettre la République tchèque sur la carte architecturale du monde après une longue période". Outre la prouesse technique, c’est surtout un symbole de reconstruction et d'espérance, pour la ville, et surtout pour la communauté catholique, qui attendait une église depuis des décennies ! S'ils doivent patienter encore un peu, se retrouvant encore chaque dimanche dans une chapelle, ce n'est plus en années mais bien en mois qu'ils peuvent à présent compter pour intégrer ce lieu qui attirera sans doute au-delà des frontières.











