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Un mélange d’espoir et d’incertitude plane dans les rues du Venezuela

Un mélange d'espoir et d'incertitude plane dans les rues du Venezuela

L'atmosphère est particulièrement tendue au Venezuela depuis l'arrestation de son président Nicolas Maduro par les Etats-Unis, le 3 janvier 2026.

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Carlos Zapata - Anna Ashkova - publié le 08/01/26
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Achats de provisions et d'essence en masse, commerces fermés, état d'urgence décrété… La situation au Venezuela est complexe depuis l’arrestation de son président Nicolas Maduro par les Etats-Unis, et tout le monde attend le dénouement de la situation. Malgré cela, l'espoir et un appel à Dieu résonnent plus fort que jamais.

Alors que les célébrations font suite au départ forcé de Nicolas Maduro du pouvoir au Venezuela, l'incertitude plane sur la suite des événements. Les États-Unis entendent "dicter" jusqu'à nouvel ordre les décisions des autorités du Venezuela, en gardant en particulier le contrôle de la commercialisation du pétrole vénézuélien pour une durée "indéterminée". Dans une interview au New York Times, le président américain a déclaré ce 8 janvier que "seul le temps nous dira" combien de temps les États-Unis maintiendront leur surveillance sur le Venezuela. Un message qui sonne comme une réponse aux propos de la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez qui a affirmé la veille, lors d'une allocution à la télévision publique, qu'aucun "agent extérieur" ne gouvernait le pays. "Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d'autre. Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela", a-t-elle assuré.

L'atmosphère est particulièrement tendue au pays ou un deuil de sept jours a été décrété depuis le 7 janvier, en hommage aux victimes de l'opération américaine. Selon le ministre vénézuélien de l'Intérieur Diosdado Cabello, celle-ci a causé 100 morts et un nombre similaire de blessés. 

La peur et l'incertitude face à l’avenir 

Après des années de persécution et un système sophistiqué de terrorisme d'État, la peur reste profondément ancrée et constitue une stratégie de survie pour de nombreux Vénézuéliens. Rapidement, des files d'attente se sont formées devant les magasins, les gens cherchant à faire des provisions pour leurs foyers. Une situation similaire s'est produite dans les stations-service, bien que cette scène soit courante dans ce pays d'Amérique du Sud, où des décennies de production pétrolière ont entraîné un rationnement forcé et des pénuries intermittentes. Habitués depuis des années aux coupures de courant et aux défaillances des services essentiels tels que l'eau potable et le gaz domestique, les Vénézuéliens ont adopté un niveau de résilience particulièrement élevé. Malgré une situation incertaine, ils affichent néanmoins un calme apparent chargé d'attentes. Une attention particulière est portée à l'avenir de l'aile militaire et des structures armées qui ont jusqu'ici soutenu le pouvoir en place. 

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Bien que la paix, la démocratie et la liberté soient évoquées à l'étranger, ces trois termes restent étrangers au Vénézuélien moyen vivant encore dans son pays. Face à la confusion ambiante, le peuple garde le silence, d’autant plus que l’état d'urgence (officiellement appelé "état de troubles extérieurs") est toujours en vigueur. Le texte de cette loi votée en septembre par le président déchu Nicolas Maduro, donne des instructions aux groupes paramilitaires qui se sont déployés dans les rues de Caracas pour maintenir l’ordre. Toute opinion favorable à l'opération américaine peut valoir une arrestation. 

Cela explique en partie la brièveté exceptionnelle et la nature du message de la Conférence épiscopale du Venezuela, qui fournit d’habitude des documents longs et bien argumentés. Cette fois-ci, le message n'est pas plus long qu’un paragraphe. "Face aux événements qui se déroulent aujourd’hui dans notre pays, nous prions Dieu d’accorder à tous les Vénézuéliens sérénité, sagesse et force", indique le communiqué publié le 3 janvier, appelant à la prière. 

La prière à l’ordre du jour 

Le même jour, le pape Léon XIV réagissait à l'actualité vénézuélienne, assurant suivre avec "une profonde inquiétude les développements de la situation". "Le bien du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération et conduire à dépasser la violence et à emprunter des chemins de justice et de paix, en garantissant la souveraineté du pays", a ainsi déclaré le Pape, appelant à "surmonter la violence et à s’engager sur la voie de la justice et de la paix, à garantir la souveraineté du pays, à assurer l’état de droit inscrit dans la Constitution, à respecter les droits humains et civils de chacun et de toutes les personnes, et à œuvrer ensemble pour bâtir un avenir serein de collaboration, de stabilité et d’harmonie." "Je prie et vous invite à prier pour ces intentions, en confiant notre prière à l'intercession de Notre-Dame de Coromoto et des saints José Gregorio Hernández et Carmen Rendiles", a-t-il conclu. Premiers saints vénézuéliens, ils ont été canonisés le 19 octobre 2025. 

Ta lumière brillera dans les ténèbres, tes ténèbres deviendront midi !

Lors de la messe d'action de grâce pour leur canonisation, le cardinal Pietro Parolin avait alors adressé un message au gouvernement vénézuélien : "Le Seigneur vous appelle à "ouvrir les prisons injustes, briser les verrous des chaînes, libérer les opprimés, briser toutes les chaînes"." Dans son homélie percutante, il a également déclaré que nous vivons un "kairos" ; c’est-à-dire, a-t-il expliqué, un "moment opportun" pour mettre en œuvre des changements positifs dans cette nation sud-américaine. Il est allé plus loin encore, prophétisant que c'est seulement ainsi que le Venezuela bien-aimé passerait "de la mort à la vie". "Ta lumière brillera dans les ténèbres, tes ténèbres deviendront midi !", avait insisté le prélat qui a personnellement subi la répression de la version vénézuélienne du communisme, un système mis en place par Hugo Chávez et perpétué par Nicolás Maduro dans un cadre international. 

Aujourd’hui les propos de Don Pietro - comme l'appellent affectueusement les milliers de Vénézuéliens qu'il a rencontrés lorsqu'il vivait dans le pays en tant que nonce apostolique du pape François - résonnent avec force pour le peuple de ce pays d’Amérique latine, qui implore l'intercession de ses deux saints et demande une fois de plus à Dieu de ne pas être un "effet collatéral", un prix à payer pour le bénéfice de quelques-uns, ni les victimes dont la vie et le bien-être sont arrachés dans un échange de tirs !

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