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Pourquoi faut-il éviter les aliments bourrés de conservateurs ?

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Mathilde de Robien - publié le 08/01/26
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Selon les récentes recherches de l’Inserm publiées ce 8 janvier, la consommation de conservateurs serait associée à une augmentation du risque de cancer et de diabète. Si les résultats de ces études doivent être confirmés, ils poussent néanmoins à prêter attention à son alimentation et à comparer les listes d'ingrédients pour un même produit.

Nitrite de sodium (E250), sorbate de potassium (E202), érythorbate de sodium (E316), acide citrique (E330), lécithines (E322)… Le bon sens indique déjà de faire attention aux listes d’ingrédients longues comme le bras, dans lesquelles les additifs alimentaires prennent plus de place que l’aliment lui-même. Les nutritionnistes sont unanimes : plus la liste est longue, plus il faut se méfier ! Il s’agit généralement de codes commençant par la lettre E (pour Europe) suivi de trois chiffres : 100 pour les colorants, 200 pour les conservateurs et 300 pour les antioxydants. Des additifs largement utilisés par l’industrie agroalimentaire à l’échelle mondiale, et présents dans les aliments et les boissons transformés industriellement pour prolonger leur durée de conservation ou les colorer.

Or d’après de récents travaux menés par des chercheurs de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-Eren) sur un panel de 100.000 adultes entre 2009 et 2023, la consommation de conservateurs serait associée à une augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2.

Risque accru de cancer et de diabète

Concernant le risque de cancer, les principaux conservateurs mis en cause sont les sorbates, contenus dans les produits laitiers, les confitures, les produits de boulangerie industrielle, le ketchup, la mayonnaise, la charcuterie et les plats cuisinés, les sulfites, présents notamment dans le vin, le nitrite de sodium, présent dans la charcuterie pour fixer la couleur rose, le nitrate de potassium et les acétates. Ces composés peuvent altérer les voies immunitaires et inflammatoires, ce qui peut déclencher le développement d’un cancer. Ces additifs sont associés de manière encore plus forte avec un risque accru de diabète de type 2.

C'est la première fois qu'on arrive à quantifier les expositions aux conservateurs alimentaires de manière aussi précise.

"C'est la première fois qu'on arrive à quantifier les expositions aux conservateurs alimentaires dans une étude de cohorte en population de manière aussi précise", confie à Aleteia Dr Mathilde Touvier, directrice de recherche Inserm, co-fondatrice du Nutriscore et coordinatrice de ces travaux. "Il s’agit des deux premières études au monde sur les liens entre additifs conservateurs et incidence de cancer et de diabète de type 2. Nous avons comparé les marques des produits spécifiques consommés, et quand on s'intéresse aux additifs, les résultats changent du tout au tout entre un même aliment générique pour deux marques différentes", explique Mathilde Touvier. "Bien que les résultats de ces deux études doivent être confirmés, ils concordent avec les données expérimentales suggérant des effets néfastes de plusieurs de ces composés."

Privilégier les aliments frais et peu transformés

"Le but ultime de ces travaux, c'est qu'ils soient pris en compte dans les réévaluations de la sécurité de ces additifs par les instances comme l'EFSA (European Food Safety Autorithy) au niveau européen, explique la directrice de recherche, afin que des mesures soient prises (comme interdire certains de ces composés ou réduire les doses maximales autorisées) pour protéger la santé des consommateurs et éviter qu'ils ne s'arrachent les cheveux dans les rayons des magasins !" S'il y a peu d'incidence sur la santé lorsque les additifs sont consommés de manière exceptionnelle, le risque s'accroît en revanche si la consommation est régulière.

On travaille actuellement à un Nutriscore augmenté qui intègre les informations relatives aux additifs controversés.

En attendant, comment limiter les additifs superflus ? Mathilde Touvier préconise de faire attention au Nutriscore, de privilégier les aliments frais et peu transformés et de comparer, pour un même produit, les listes d'ingrédients. "On travaille actuellement à un Nutriscore augmenté qui intègre les informations relatives aux additifs controversés, avec par exemple un bandeau noir sur l'emballage", confie-t-elle. Dans l'attente de ces réévaluations, la directrice de recherche recommande de regarder les listes d'ingrédients, afin d'éviter au maximum les produits contenant des conservateurs, mais aussi des édulcorants et des émulsifiants, dont les effets négatifs sur la santé ont été démontrés par une étude de l'Inserm en 2024, et de choisir des alternatives sans additifs.

Oubliez donc les sauces "prêtes à servir", les plats préparés, les boissons sucrées… Cuisinez à partir d’aliments bruts. Si vous optez pour des aliments modifiés, privilégiez les procédés traditionnels, comme le séchage, le broyage, la torréfaction, la pasteurisation, le filtrage ou la congélation. Pour les céréales, tournez-vous vers des céréales complètes, qui ont conservé leur enveloppe extérieure riche en fibres et en nutriments. L’enjeu n’est-il pas d’adapter son alimentation selon un art de vivre défini par le pape François dans Laudato Si’ ? Prendre le temps de s’émerveiller des fruits de la Création, protéger l’environnement en choisissant des produits locaux et de saison, prendre soin de la santé de ceux qui nous sont confiés… "Tout cela fait partie d’une créativité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain", écrit le pape François. De quoi méditer, et se régaler !

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