Dès son plus jeune âge, un enfant peut comprendre que le corps est un trésor, que le toucher sans respect n’est pas sain et que personne ne peut entrer dans l’intimité de l’autre sans son accord, même pour jouer ou faire du sport. Dire “non” et savoir entendre le “non” d’un camarade sont des clés pour construire des relations saines.
La communication assertive
Les éducateurs britanniques utilisent largement la notion d’assertivité pour apprendre aux enfants à respecter leurs propres besoins et ceux de leurs camarades. Être assertif, c’est être honnête, clair et respectueux. Tanya Alexander, praticienne en santé mentale à Londres, explique: "Il y a trois postures à distinguer. La première - l’attitude passive - qui laisse l’autre imposer ses idées, la deuxième - l’attitude agressive - qui impose, crie ou se moque, et la troisième - assertive - qui permet de communiquer clairement et respectueusement."
La professionnelle, travaillant essentiellement dans les écoles primaires et les collèges, prend un exemple simple. "Imaginons une situation où un ami veut prendre les crayons que l’enfant utilise. L’attitude passive fera dire "D’accord, prends-les…" en s’effaçant, l’agressif haussera le ton "Non, ce sont les miens !" tandis que l’assertif expliquera tranquillement "Désolé, je les utilise, tu peux peut-être en demander d’autres à la maîtresse ?"" Les jeux de rôle permettent aux enfants de trouver des pistes pour répondre de façon ajustée dans les situations qui les mettent mal à l’aise.
Savoir dire non, et savoir entendre non : deux compétences clés
Savoir dire "non" sans s’énerver s’apprend. Savoir accepter le "non" de l’autre est tout aussi important. Dans un jeu, quand un camarade dit "non", il faut s’arrêter. Les enfants ont à apprendre que dire "non" n’est ni une provocation, ni une invitation à forcer, ni un motif de moquerie.
Ce qui s’applique aux jeux, au sport ou aux relations à l’école, s’applique aussi au corps dans son intimité. Ainsi, les parents peuvent veiller à ce que leur enfant sache de façon certaine que personne - ni adulte, ni enfant - n’a le droit de toucher ses parties intimes. Les enfants ont besoin d’entendre qu’ils doivent parler à leurs parents si une situation à l’école ou ailleurs les a mis mal à l’aise, et que ce qui s’est passé n’est pas de leur faute. Sans voir le mal partout, les parents qui parlent du sujet du consentement, des limites corporelles et du refus, permettent à leurs enfants d’être mieux équipés pour faire face à de graves situations. Claire de Gatellier, coauteur du livre Violences sexuelles entre mineurs (Artège), présidente de l’association Famille et Liberté et administrateur de l’association Jean Cotxet qui œuvre pour la protection de l’enfance, rappelle le chiffre douloureux: "En cas de violences sexuelles entre mineurs, 11% des agresseurs ont moins de 10 ans."
Construire le futur
Apprendre à respecter les limites physiques et émotionnelles dès l’enfance aide les jeunes à devenir des adultes respectueux et responsables. Enseigner le respect permet d’apprendre à tisser des relations équilibrées, basées sur l’écoute et la confiance, sans domination. Le corps n’est pas un simple outil mais un don de Dieu. Comme saint Paul le rappelle dans sa lettre aux Corinthiens : "Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps." (1Co 6-20).

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