David Rolfe pensait lever le voile sur une supercherie. Ce réalisateur et photographe britannique, né en 1951, était convaincu que le Linceul de Turin n’était qu’un artefact médiéval vénéré à tort. En 1978, il se lance donc dans le tournage d’un documentaire avec une intention scientifique bien précise : prouver son origine factice. Mais, au fil des recherches, les certitudes vacillent. Il passe de l’athéisme à l’agnosticisme, puis au christianisme. "Au moment du tournage, je n’étais pas croyant. Aujourd’hui, je me reconnais chrétien et je prie régulièrement", confiait-il en 2022 dans le podcast Backstory of the Shroud of Turin. Ce ne sont pas pourtant les preuves solides attestant qu'il s'agit bien du Linceul du Christ qui l’ont convaincu, mais Jésus Christ Lui-Même. "Je me suis converti en contemplant le visage du Christ sur le suaire, cette image divine qui dépasse ce que l'homme pourrait créer."
Contempler le Linceul de Turin est, pour lui, une expérience profondément spirituelle, comparable à celle de l’apôtre Jean face au tombeau vide : une rencontre qui ouvre à la foi en la Résurrection (Jn 20, 6-8). À travers ses documentaires, Silent Witness (1978), Silent Witness 2 (2008), et plus récemment Who Can He Be ? (2022), le réalisateur retrace son enquête et son cheminement intérieur. Son dernier film appuie l’idée que les découvertes scientifiques récentes viennent relancer le débat sur l’authenticité du Suaire, loin de clore la question. L’histoire de David Rolfe témoigne qu’une véritable rencontre avec le visage du Christ peut bouleverser une vie : la foi surgit parfois au détour des recherches les plus sincères, là où on ne l’attend pas.
L'authenticité du Linceul
Les analyses du XXe siècle Linceul de Turin, notamment par la datation au carbone, semblaient au départ indiquer son origine médiévale. Mais ces examens ont été faits sur une partie du tissu maintes fois manipulée et restaurée au fil des siècles. Les recherches récentes démontrent désormais que le Linceul correspond chronologiquement au premier siècle, l’époque de la mort du Christ. Quant à l'image du visage et du corps, il s'est avéré qu'elle n'avait été réalisée ni avec de la peinture, ni avec des couleurs végétales, ni avec de l'encre. Une étude menée en 1997 a révélé que les marques de sang sur le Linceul correspondent exactement à celles qu’aurait laissées le corps d’un crucifié enveloppé dans le tissu. Sur le dos, on observe également des marques qui ne peuvent avoir été causées que par un fouet romain spécial utilisé pour la flagellation.

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