separateurCreated with Sketch.

Au Nigeria, des chrétiens assassinés au cours d’un raid meurtrier

Au Nigeria, un raid meurtrier fait plus de quarante victimes

Image d'illustration - entre le 28 décembre et le 3 janvier, une série d’attaques coordonnées, menées par des « bandits » dans l’Etat du Niger, au Nigeria, a fait une quarantaine de victimes.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Louis de La Houplière - publié le 07/01/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Au moins 42 personnes, dont plusieurs chrétiens, ont été tuées au cours d’une série d’attaques menées contre des villages situés dans le diocèse catholique de Kantagora, au Nigeria, entre le 28 décembre et le 3 janvier. Des femmes et des enfants ont été enlevés et une église a été mise à sac.

La situation ne s’améliore pas au Nigeria. Depuis des années, les habitants, parmi lesquels de nombreux chrétiens, vivent sous la menace quotidienne d’assassinats ou d’enlèvements. Il y a quelques jours, un épisode tragique est venu alourdir la liste des actes menés contre les civils de ce pays meurtri. Entre le 28 décembre et le 3 janvier, une série d’attaques coordonnées, menées par des "bandits" dans l’État du Niger, au Nigeria, a fait plus de quarante victimes. Une église a été dévastée. Plus grave encore : des femmes et des enfants ont été enlevés et n’ont, pour l’heure, pas donné signe de vie.

L’événement a été documenté par le père Matthew Stephen Kabirat, directeur de la communication du diocèse de Kontagora. Selon lui, des "bandits" lourdement armés à bord d’une trentaine de motos, ont fait irruption dans le diocèse le 28 décembre. "Ils se sont rendus au village de Kaiwa, où ils ont tué cinq personnes et incendié des maisons. Ils ont ensuite poursuivi leur route vers Gebe, où ils ont tué deux autres personnes", raconte le prêtre. Agissant en toute impunité, sans être inquiétés par les forces de l’ordre, les "bandits" sont entrés le 2 janvier dans l’enceinte de l’église catholique de Sokonbora et ont détruit un crucifix, des images du chemin de croix et des instruments de l’église présents dans l’édifice. Avant de repartir, ils ont également volé de l’argent liquide présent dans l’église.

Les chrétiens persécutés

C’est le 3 janvier au soir que la violence et les massacres ont atteint leur apogée. "Ils ont quitté l’enceinte de Kambari près de Sokonbora et sont entrés dans le village de Kasuwan Daji", poursuit le père Matthew Stephen Kabirat. Là, les assaillants ont "incendié le marché et les maisons environnantes, et ont massacré 42 hommes après leur avoir ligoté les bras dans le dos". Les victimes étaient des chrétiens et des musulmans. "Ils ont également enlevé un nombre indéterminé de femmes et d’enfants. La panique règne désormais dans les villages. Les habitants évacuent la région en grand nombre, abandonnant leurs maisons et leurs biens."

Au Nigeria, les populations civiles, chrétiennes notamment, paient un lourd tribut à une insécurité grandissante. Bien que 46% des 206 millions d’habitants embrassent la religion chrétienne, ils sont les cibles privilégiées des bandes de terroristes ou de malfrats qui sillonnent le pays. En juin dernier, une attaque terroriste dans la paroisse de Yelewata faisait 200 victimes. En une dizaine d’années, ce sont près de 150 prêtres qui ont été enlevés, rançonnés pour la plupart, les autres assassinés. Quand les maisons ne sont pas incendiées et le bétail confisqué, les chrétiens sont discriminés dans leurs recherches d’emplois et d’admission à des parcours dans l’enseignement supérieur et deviennent des citoyens de seconde zone. 

Espérance

Malgré les persécutions, "notre espérance en Dieu est éternelle, affirmait le père Emmanuel Isa Saliu, Professeur d’islamologie et de dialogue interreligieux au séminaire de Kaduna, lors de la Nuit des Témoins organisée par l’AED en novembre dernier. Notre foi se renforce de jour en jour. Tout ce que les chrétiens souhaitent, c’est de pouvoir pratiquer leur foi avec leurs semblables et avoir une vie normale. Les vocations au sacerdoce ne diminuent pas."

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !