La réouverture tant attendue de Notre-Dame de Paris, flambant neuve, il y a un peu plus d’un an, a-t-elle redonné l’envie aux Français de visiter leurs cathédrales ? C’est ce que laisse penser un rapport du Centre des monuments nationaux (CMN) publié le 31 décembre, qui indique que les monuments nationaux "enregistrent un nouveau record de fréquentation" en 2025, "en atteignant pour la première fois de leur histoire 12 millions de visiteurs". Des chiffres colossaux dus en partie à une augmentation significative de la fréquentation de plusieurs cathédrales, comme celles d’Amiens ou de Chartres.
Les cathédrales plébiscitées
Plus que jamais, le patrimoine français continue d’attirer les curieux. Plus de 12 millions de visiteurs ont déambulé dans des monuments nationaux en 2025, "un record" selon le CMN, qui ne prend cependant en compte que les bâtiments dont l’accès est payant. L’Arc de Triomphe caracole en tête avec 1,85 million de visiteurs, suivi de près par le Mont Saint-Michel (1,63 million) et la Sainte-Chapelle (1,33 million). Des chiffres exceptionnels, qui attestent d’un regain d’intérêt des Français pour leur patrimoine.
Au-delà de ces monuments bien connus, le CMN regroupe plusieurs abbayes, basiliques ou cathédrales… qui n’échappent pas à ce record de fréquentation. "Les tours et trésors de cathédrale ont été plébiscités", précise le CMN, qui indique notamment que la cathédrale d’Amiens a enregistré "une hausse de fréquentation de + 95% avec 26.564 visiteurs". À Chartres également, 24.511 visiteurs ont franchi les lourdes portes de la cathédrale, représentant une hausse de fréquentation de 74%. À Reims, les tours de la cathédrale ont enregistré une hausse de + 43%, avec 16.262 visiteurs.
Un patrimoine qui "rassure"
Comment expliquer ce regain d’intérêt des Français pour leurs cathédrales et plus globalement pour leur patrimoine ? Selon Matthieu Lours, historien de l’architecture religieuse interrogé le 1er janvier par RMC, "il y a un effet Notre-Dame-de-Paris" indubitable. Selon lui, l’incendie qui a ravagé la cathédrale il y a plus de cinq ans, a permis de "comprendre que notre patrimoine est fragile", qu’il "nous apporte des sentiments, et que c’est quelque chose qui nous rassure, et aussi qui honore notre pays, qui nous donne une sorte de fierté importante". Enseignant à l’université, il a remarqué depuis quelques années chez ses étudiants un intérêt grandissant pour des métiers anciens, pratiquement oubliés, comme "les tailleurs de pierre et les charpentiers". Des carrières qui attirent de plus la nouvelle génération d’étudiants qu'il suit de près. "À toutes les échelles, le monument est important, a-t-il rappelé. Toutes les églises ouvertes aujourd’hui sont des espaces de liberté formidables, qui nous plongent au quotidien avec le patrimoine".
De son côté, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, actuel recteur de Notre-Dame-de-Paris voyait, le 26 novembre dernier, dans les 11 millions de visiteurs à la cathédrale, un autre record, un retour de la dimension de "lieu d’accueil universel" de l’édifice. Selon lui, de nombreux visiteurs "ne viennent pas seulement voir un monument : ils viennent se laisser toucher. Nous constatons chaque jour des grâces et des fruits spirituels. Il n’est pas rare que des visiteurs, initialement partis, reviennent sur leurs pas et demandent à pouvoir se confesser, alors qu’ils ne l’ont pas fait depuis 50 ans", se réjouissait-il.

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