Naturellement, je n’aurais pas commenté dans cette chronique un livre et encore moins un opus écrit par un homme politique. Si je fais exception avec l’ouvrage de Nicolas Sarkozy (Le Journal d’un prisonnier, Fayard), c’est parce qu’il a été à ce jour vendu à plus de 150.000 exemplaires et qu’il est pris en main par plus de lecteurs encore. Le fait d’être parmi les best-sellers de la fin de l'année 2025 n’est pas la raison de ce propos, mais c’est le fond ou du moins une partie de ce dont parle Sarkozy qui nous intéresse. L’ancien président émaille son texte par des propos sur son rapport à Dieu et ce, à dix reprises. Il y a donc des milliers de lecteurs qui entendent parler de spiritualité à travers les pages d’un homme politique qui n’est pas connu pour fréquenter assidûment les églises.
Un chemin pour résister
Ces lecteurs reçoivent ainsi un message spirituel à travers une lecture quelque peu curieuse ou voyeuse. Un ancien président à la Santé, c’est selon ou tout de même choquant, ou une conséquence normale selon les couleurs politiques, mais ne regardons que le caractère spirituel du livre. Je ne ferai aucun commentaire sur l’affaire qui a conduit à cet emprisonnement, les raisons ou non de mettre en cellule un ancien élu à la magistrature suprême à l’exception d’une remarque personnelle : je suis choqué parce que cela n’élève ni le débat ni l’impartialité qui doit caractériser la justice. Mais revenons à l’essentiel.
L’homme démuni comble sa pauvreté matérielle par une présence spirituelle.
Dès la page 17, Nicolas Sarkozy annonce la couleur : "Il convenait en conséquence que je me laisse toucher par la grâce, j’en n’ai fait la confidence à personne mais j’ai pensé à ce moment de ma vie que la prière pouvait être d’un précieux secours." Des milliers de lecteurs ont été alertés dès le début de l’ouvrage par cette phrase qui donne le ton. Quand l’individu est dépouillé de presque tout, quand la liberté physique et intellectuelle est restreinte voire inexistante, il reste la liberté spirituelle. L’expérience de ce prisonnier de trois semaines est celle de nombreux isolés en prison, mais aussi par la maladie et le grand âge, par l’isolement au désert. L’homme démuni comble sa pauvreté matérielle par une présence spirituelle. Cet homme démuni, c’est peut-être nous demain, non que nous risquions de subir un séjour à la Santé, mais la maladie, l’isolement, le grand âge et le prisonnier Sarkozy illustre ce recours : "Et si la prière devait être le chemin pour résister, je décidais de l’emprunter aussi souvent qu’il serait nécessaire."
Une promesse à tenir
Le prisonnier rencontre un personnage discret — on ne connaît pas son nom — il apparaît dans le livre comme étant une oreille attentive, un consolateur. Il s’agit du prêtre qui visite l’ancien président de la République comme tout autre détenu. Il aurait pu en tirer quelque gloire, il reste écoutant, partageant les blessures, notamment la tentative de visite « haineuse » des députés LFI, il raconte les fragilités et les malheurs des pauvres, des isolés, car Nicolas Sarkozy n’est pas seul dans son enfermement. Ce prêtre a manifestement beaucoup compté, nombreux aussi ceux qui l’ont soutenu par des messages, des lettres commentant ce qui est injustice pour beaucoup et plus encore par des témoignages pour le moins étonnants faisant allusion à la prière comme l’a fait Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, "dont j’ignorais jusque-là les convictions religieuses", écrit-il, et qui "confiait dans son message qu’elle avait prié pour la liberté, la justice…".
Au cœur de la nuit
"Il me reste une promesse à tenir. Elle pourra paraître étrange, puérile, impudique mais je me la suis faite au cœur de la nuit de la Santé… je me dois de la tenir. Si je sortais de l’enfer, j’irai à Lourdes voir les malades et les désespérés." Il a tenu parole, discrètement. Accompagnée de Carla Sarkozy-Bruni, il est allé rejoindre les fracassés de la vie, il a été plongé dans l’eau des piscines, il a assisté à la messe et sans média, sans photographe, ce qui est, remarquons-le, rare pour cet illustre personnage.
Nicolas Sarkozy a osé dire l’importance de la prière dans sa vie, reconnaissons-lui ce courage.
Certains diront "beaucoup de bruit pour un court séjour", d’autres crieront à la récupération, d’autres encore s’agaceront par l’exploitation faite d’une situation qui peut sembler la conséquence logique d’une justice impartiale. Beaucoup seront touchés par le témoignage de cet homme. Combien de politiques parlent ouvertement de leur foi, affirment les racines chrétiennes de la France et disent ouvertement qu’ils prient ? Que de pudeur sur la foi des élus, tétanisés par une laïcité mal comprise. Nicolas Sarkozy a osé dire l’importance de la prière dans sa vie, reconnaissons-lui ce courage.
Pratique

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