separateurCreated with Sketch.

Léon XIV clôt le Jubilé et appelle les fidèles à porter l’espérance

pope-leo-xiv-epiphany-closes-holy-door-jubilee2025
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
I.Media - publié le 06/01/26
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Le pape Léon XIV a refermé la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre ce 6 janvier, clôturant ainsi le 28e jubilé de l’histoire de l’Église catholique.

Un peu plus d’un an après l'ouverture de la Porte sainte par le pape François le 24 décembre 2024, son successeur, Léon XIV, s’est recueilli, ce 6 janvier, agenouillé sur le seuil, avant de refermer un à un les deux lourds battants franchis par des millions de pèlerins en 2025. Quelques instants après avoir fermé cette porte de bronze lors d’un rite célébré dans l’atrium en présence du président italien Sergio Mattarella et de nombreux cardinaux présents à Rome pour le consistoire extraordinaire, le Pape a célébré la messe à l’autel de la Confession. Bien que la porte soit scellée de l’intérieur de la basilique par un mur de briques, dans lequel sera enfermé le coffret contenant ses clés, le Pape a exhorté les fidèles à demeurer animés par "l’espérance", thème de l’année jubilaire qui vient de s’achever.

Dans les récits bibliques, "joie et trouble, résistance et obéissance, peur et désir" se mêlent face aux manifestations de la présence de Dieu, a expliqué Léon XIV dans son homélie de la messe de l’Épiphanie. Il a relevé le trouble subi à Jérusalem par les prêtres et les scribes, en remarquant que "ceux-là mêmes qui étudient les Écritures et pensent avoir toutes les réponses semblent avoir perdu la capacité de se poser des questions et de cultiver des désirs". "La ville est effrayée par ceux qui viennent de loin, animés par l’espérance, au point de percevoir une menace dans ce qui  devrait au contraire lui procurer beaucoup de joie", a remarqué le Pape. Et d'expliquer que cette réaction doit interpeller l’Église d’aujourd’hui, qui se doit de rester attentive à "la recherche spirituelle de nos contemporains". 

Les églises et les sanctuaires "doivent diffuser le parfum de la vie"

Léon XIV a rappelé que tout au long de cette année jubilaire, la porte sainte de la basilique Saint-Pierre "a vu le passage d’innombrables hommes et femmes, pèlerins d’espérance, en route vers la Cité aux portes toujours ouvertes, la nouvelle Jérusalem". D’après les organisateurs du jubilé, plus de 33 millions de fidèles sont venus à Rome ces douze derniers mois. Il a vu dans ces pèlerins les rois mages d’aujourd’hui, c’est-à-dire "des personnes qui acceptent le défi de risquer chacun son propre voyage, et qui, dans un monde tourmenté comme le nôtre, repoussant et dangereux à bien des égards, ressentent le besoin d’aller, de chercher". 

Face à "une économie faussée" qui "tente de tirer profit de tout", l’héritage du Jubilé doit conduire à "fuir ce type d’efficacité qui réduit toute chose à un produit, et l’être humain à un consommateur".

En situant la foi chrétienne comme l’expression d’une vie en mouvement, le Pape a souligné que "l’Évangile engage l’Église à ne pas craindre ce dynamisme, mais à bien le saisir et à l’orienter vers Dieu qui l’inspire". Dieu n’est pas une "idole" statique mais un être "vivant et vivifiant, comme cet Enfant […] que les Mages ont adoré". Dans cette perspective, les lieux saints, les églises et les sanctuaires "doivent diffuser le parfum de la vie, l’impression indélébile qu’un autre monde a commencé", a insisté le pontife. "Y a-t-il de la vie dans notre Église ? Y a-t-il de la place pour ce qui naît ?  Aimons-nous et annonçons-nous un Dieu qui remet en route ?", a demandé Léon XIV, exhortant à ne pas se comporter comme Hérode qui s’est aveuglé dans le "contrôle" et le souhait de ne pas perdre son "trône". Dieu "est déterminé à nous racheter des servitudes anciennes et nouvelles", a-t-il affirmé, assurant que le Royaume de Dieu "germe déjà partout dans le monde", souvent sans faire de bruit, en mobilisant "des jeunes et des personnes âgées, des pauvres et des riches, des hommes et des femmes, des saints et des pécheurs dans ses œuvres de miséricorde, dans les merveilles de sa justice".

Résister aux "flatteries des puissants"

Le Pape a souligné que ces "épiphanies aujourd’hui" nécessitent de se soustraire aux "nouveaux Hérodes" et aux "peurs toujours prêtes à se transformer en agressivité", qui s’expriment dans les "nombreux conflits par lesquels les hommes peuvent résister et même agresser la nouveauté que Dieu réserve à tous". "Aimer la paix, rechercher la paix, c’est protéger ce qui est saint et, précisément pour cette raison, en train de naître : petit, délicat, fragile comme un enfant", a insisté le pontife. Face à "une économie faussée" qui "tente de tirer profit de tout", l’héritage du Jubilé doit conduire à "fuir ce type d’efficacité qui réduit toute chose à un produit, et l’être humain à un consommateur". "L’Enfant que les Mages adorent est un bien sans prix et sans mesure. Il est l’Épiphanie de la gratuité", a insisté le Pape, en martelant que "personne ne peut nous vendre cela". "Si nous ne réduisons pas nos églises à des monuments, si nos communautés sont des foyers, si nous résistons ensemble aux flatteries des puissants, alors nous serons la génération de l’aurore", a promis Léon XIV.

Comme de coutume après l’Évangile de l’Épiphanie, un diacre a proclamé les grandes dates "mobiles" de l’année liturgique catholique, comme le Mercredi des Cendres (18 février), Pâques (5 avril), l’Ascension (14 mai), la Pentecôte (24 mai), la Trinité (4 juin) et le premier dimanche de l’Avent (29 novembre).

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !