Réunie par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), la Convention citoyenne a présenté fin novembre vingt propositions visant à "remettre l’enfant au cœur de la société". Parmi les mesures phares, le retour à cinq jours d’école « pleins » par semaine dès l’école élémentaire, afin de mieux étaler les apprentissages, ainsi que le début des cours à 9 heures au collège et au lycée. Mais dans un entretien accordé à Ouest-France samedi 3 janvier, Édouard Geffray a fermé la porte à toute réforme rapide.
Un vrai débat pour la présidentielle de 2027
"La question des rythmes scolaires ne peut pas se régler pour la rentrée 2026, d’abord parce qu’on a besoin de stabilité et surtout parce que ce n’est pas quelque chose que l’on peut réussir en six mois", a-t-il affirmé. Pour le ministre, il s’agit d’"un vrai débat pour la présidentielle de 2027". S’il a reconnu que "la Convention citoyenne a dit des choses très justes", notamment sur la fragmentation des temps de l’enfant entre scolaire, périscolaire et extrascolaire, le ministre a mis en garde contre une application uniforme. "On ne peut pas réussir la semaine de cinq jours partout, dans les mêmes conditions", a-t-il déclaré, évoquant le risque d’accentuer les inégalités territoriales et de produire des effets contre-productifs.
Ce sujet reste cependant hautement sensible. La précédente réforme des rythmes scolaires, mise en place en 2013-2014 avec le passage de quatre à quatre jours et demi, avait été largement abandonnée dès 2017, faute de consensus et de moyens suffisants. Les citoyens de la Convention ont pourtant estimé que le système actuel "entraîne des journées trop denses" pour les élèves.
En attendant 2027, les propositions de la Convention citoyenne alimenteront le débat public, sans pour autant déboucher sur une réforme immédiate. Une manière, pour le gouvernement, de temporiser sur un sujet explosif, tout en reconnaissant la nécessité de repenser, à terme, les temps de l’enfant.









