Le moine Athanase du monastère Saint-Sabas en Palestine est témoin d’un certain relâchement parmi les religieux qui l’entourent. Non qu’ils fassent des choses pendables, mais ce n’est plus comme avant. Voici son témoignage : "Nos Pères ont pratiqué jusqu'à leur mort la maîtrise de soi et la pauvreté ; nous, nous avons arrondi notre ventre et notre bourse." L'ancien dit encore : "Du temps de nos Pères, on veillait à ne pas se laisser distraire ; aujourd'hui, c'est la cuisine et le travail manuel qui nous dominent."
Ceux qui luttent et les autres
Il lui vient alors une interrogation sur la bonne attitude :
Abba Athanase nous raconta encore ceci : "Une question se posa un jour à moi en ces termes : "Qu'est-ce qu'il y a pour ceux qui luttent et pour ceux qui ne luttent pas ?"Je tombai ensuite comme en extase et quelqu'un vint me dire : "Suis-moi." Et il me conduisit dans un endroit plein de lumière ; il me plaça près d'une porte, dont il est impossible de décrire la beauté ; nous entendîmes, comme venant d'une foule innombrable à l'intérieur, des voix qui chantaient Dieu. Quand nous frappâmes, quelqu'un entendit à l'intérieur et demanda : "Que voulez-vous ?" Mon guide répondit : "Nous voulons entrer." L'individu répondit en me disant : "On n'entre pas ici si l'on vit dans la négligence ; si vous voulez entrer, allez lutter, en ne tenant compte de rien dans ce vain monde.""
Le désir constant d’aimer sans s’épargner
Abba Athanase se demande si c’est vraiment important de "se contrarier en tout", comme répétaient les pionniers du monachisme. Une vie moyenne, équilibrée, sans efforts excessifs, ne suffirait-elle pas ? La réponse qu’il reçoit du ciel, avec toute la solennité voulue, ne laisse aucun doute : "On n’entre pas ici [dans la cité sainte], si on vit dans la négligence." L’expression est tout à fait juste : le ciel ne demande pas des exploits, des prouesses d’ascèse ou de recueillement, mais une belle constance dans la prière et la pénitence. Éviter la négligence ! C’est cela : ne pas avancer à reculons, mesurant sa peine, trop sensibles à nos états d’âme, qui nous font abandonner l’oraison et ensuite renoncer à la pénitence pour un oui ou pour un non. Ce qu’il nous faut, c’est ce désir obstiné d’aimer Jésus sans nous épargner. C’est ce qu’il faut lui demander comme une grâce, pour commencer.

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