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“L’adoration est l’outil le plus puissant” : le témoignage de Doroteja, future religieuse

Doroteja Bizant

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Kristina Mitalaité - Hortense Leger - publié le 02/01/26
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Originaire de Slovénie, Doroteja Bizant a choisi de consacrer sa vie à Dieu au sein des Franciscaines Missionnaires de Marie. Depuis son enfance jusqu’à son entrée au noviciat en Pologne en 2022, elle raconte comment l’appel du Christ a pris racine en elle. Face à l’éloignement familial et aux combats intérieurs, c’est au cœur de l’adoration eucharistique qu’elle puise sa force. 

Un visage qui rayonne. Doroteja Bizant est entrée en 2022 dans l’ordre des Franciscaines Missionnaires de Marie, en Pologne. Une jeune femme simple, élevée dans une famille slovène de sept enfants au cœur de la campagne balkanique. Ce qui l’a menée à se consacrer à Dieu ? D’abord, son rapport à la Création divine, contemplée durant son enfance au milieu de la ferme où elle a grandi. Et puis, un soir, lorsqu'elle est au lycée, un cœur à cœur avec Jésus lors d’une messe.

"Dieu a simplement œuvré en moi"


Doroteja assiste à la messe paroissiale avec son grand-père. Elle aspire à une vie de famille et rêve de rencontrer un jeune homme qui deviendrait son mari. Mais, au moment de l’élévation, alors qu’elle regarde Jésus sur l’autel, Doroteja sent "quelque chose changer dans son cœur". "J’ai tout de suite su que c’était la vie religieuse", confie la jeune femme à Aleteia Slovénie. Doroteja est d’abord assaillie de doutes car ce sentiment est nouveau pour elle. Tout en s’inscrivant à l’université, elle garde l’appel dans son cœur. Après cette année d’étude, elle décide de s’engager dans la voie religieuse. "Quand je regarde en arrière, je vois que Dieu a simplement œuvré en moi. Ce furent des années à Nazareth, comme celles de Jésus, Marie et Joseph – invisibles, silencieuses, mais pas perdues.", témoigne-t-elle. 

Je constate vraiment ici combien le Seigneur est bon et comment, à travers nos faiblesses, il fait advenir quelque chose de beau.

Pourquoi les Franciscaines Missionnaires de Marie ? Il n’y a pas beaucoup de congrégations féminines en Slovénie, le choix n’a donc pas été très compliqué. "Comme je me connais bien, je savais que je ne voulais pas entrer dans une congrégation cloîtrée, mais plutôt dans une communauté apostolique active, qui inclut une dimension missionnaire." La jeune femme participe à une courte retraite spirituelle de trois jours chez les Franciscaines Missionnaires de Marie et ressent un fort appel à y entrer. "Le Seigneur m'a parlé et j'ai senti que ma place était là." Cette communauté, qui appartient à la grande famille franciscaine, a aussi une dévotion mariale particulière. Les religieuses sont appelées à imiter Marie : vivre comme elle et renouveler chaque jour leur Fiat. Enfin, les sœurs sont missionnaires et présentes dans le monde entier. "Nous voulons aller là où le Christ est moins connu", souligne Doroteja. 

La vie quotidienne au noviciat 

Doroteja, qui est actuellement au noviciat, s’imprègne du mode de vie de la communauté. Cette période de formation lui permet d’approfondir la spiritualité et le charisme de la congrégation en recherchant "le Seigneur en profondeur". La jeune femme vit éloignée de beaucoup de choses. "Nous n’avons ni téléphone, ni ordinateur et les contacts avec nos proches sont limités. Tout ceci pour pouvoir, dans le silence, consolider notre vocation." Doroteja insiste sur l’importance du silence dans sa vie de novice, nécessaire pour que l’appel de Dieu puisse se confirmer en elle. "Ce n’est pas un choix facile que nous faisons."

Doroteja Bizant
Noviciat.

Le programme de Doroteja est varié. Elle est actuellement en stage de quatre mois dans une communauté où les sœurs s’occupent d’enfants l’après-midi : danse, chant, jeux, les activités sont variées. Le matin, elles ont ensemble un temps de louange et une prière commune. La jeune femme va ensuite à la messe et se ressource auprès de Jésus dans l’adoration, avant d’aller voir les enfants. "Ils viennent pour la plupart de familles brisées. Ils n'ont nulle part où aller, parce que leurs parents travaillent ou parce qu'ils sont issus de familles monoparentales."

Doroteja vit aussi loin de sa famille, restée en Slovénie, ce qui ajoute une épreuve à sa décision. "Cette transition a été dure pour moi car je viens d’une famille très unie où nous aimons passer du temps ensemble. Les premiers mois ici je ne comprenais rien et je me sentais seule. Mais chaque jour, j’étais aussi de plus en plus chez moi." Cela fait presque trois ans que Doroteja est en Pologne et le mal du pays l’assaille encore régulièrement. "Chaque fois que ce sentiment m’envahit, je reviens à l’essentiel : l’Adoration, le moment où Jésus m’a appelée dans l’Eucharistie. Ça m'aide beaucoup."

Faire face aux combats

L’un des grands défis de Doroteja est la solitude. "Il m’arrive parfois d’avoir l’impression que chacune mène sa propre vie ici, même si nous partageons le même toit. Si deux sœurs ne s’accordent pas, elles peuvent rester dans leur chambre. Et si l’une ne souhaite pas parler, rien ne l’y oblige." Pour la jeune femme, il s’agit d’un véritable combat pour ne pas se replier sur elle-même lorsqu’elle rencontre des difficultés relationnelles avec certaines sœurs. Pourtant, Doroteja se réjouit de voir autant de femmes réussir à vivre ensemble dans la paix. "Je constate vraiment ici combien le Seigneur est bon et comment, à travers nos faiblesses, il fait advenir quelque chose de beau", témoigne-t-elle.

Quand on lui demande si le désir de se marier et d’avoir des enfants est toujours présent, Doroteja répond qu’il n’est revenu qu’au moment de rentrer au couvent. "Il ne s'agissait pas d'amour, mais plutôt d'un sentiment de regret pour tout ce que je risquais de manquer. J'ai compris que le diable ne voulait pas que je devienne religieuse. Ces tentations sont toujours présentes." Pour les combattre, la jeune femme martèle que l’adoration est l’outil le plus puissant. "Ces pensées peuvent être très fortes et, comme je suis humaine, je peux m'y enliser si profondément qu'il m'est difficile d'en sortir. Dans l'adoration, je parviens à les interrompre et à revenir à la source, à Dieu et à l'origine de ma vocation."

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