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Incendie en Suisse : Gianni a bravé les flammes pour sauver les victimes

Gianni, étudiant de 19 ans, a porté secours aux victimes de l'incendie du bar de Crans-Montana en Suisse, la nuit du Nouvel An

Gianni, étudiant de 19 ans, a porté secours aux victimes de l'incendie du bar de Crans-Montana en Suisse, la nuit du Nouvel An

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Hortense Leger - publié le 02/01/26
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Un incendie meurtrier a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana dans la nuit du Nouvel An, faisant au moins quarante morts et plus d’une centaine de blessés. Alors que l’enquête se poursuit, le témoignage de Gianni, 19 ans, l’un des civils intervenus pour porter secours, illustre le courage et la solidarité au cœur du drame.

Un acte de grande bravoure au milieu de l’horreur. Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, un terrible incendie s’est déclenché dans le bar Le Constellation dans la célèbre station de ski suisse de Crans-Montana, causant la mort d’au moins quarante personnes et 119 blessés. Parmi les héros intervenus cette nuit-là pour tenter d’aider les victimes, Gianni, 19 ans, a fait preuve d’un courage inouï. Portant secours aux autres, cet étudiant en génie mécanique à Genève a été témoin de scènes d’une grande violence. 

"On est entré et on a commencé à sauver"

Moins de dix minutes après le début de l’incendie, vers 1h40 du matin, une amie de Gianni se rend au bar Le Constellation. Elle entend une forte détonation et assiste, impuissante, aux ravages causés par les flammes. Gianni, qui n’est pas loin, s’y dirige tout de suite avec son père. "Dès qu’on arrive, on voit un mouvement de foule énorme, (...) des gens partout, des premières personnes torse nu par terre, des brûlures, ça crie, c’est effrayant (...)", témoigne le jeune homme auprès du média 20 minutes, le 1er janvier. Dépassé, Gianni fait face à l’horreur alors que les secours tardent à venir.

Peu à peu, les premiers pompiers et ambulanciers arrivent. Gianni n’hésite pas une seconde. Avec un membre de sa famille, il décide d’entrer dans le bar pour tenter de porter secours aux victimes piégées dans l’établissement. "J’ai eu cet instinct, comme mon père, de me dire qu’à l’intérieur de la boîte, on savait qu’il y avait des personnes très jeunes. Et je trouve ça horrible de rester spectateurs face à une situation où l’on voit des enfants de 14-15 ans en train de brûler. On est entré et on a commencé à sauver." Gianni a une petite expérience dans la Protection Civile et propose son aide aux pompiers, "pas assez nombreux pour toutes les victimes". Il aide d’abord les personnes encore capables de se déplacer malgré leurs blessures, puis progresse dans le bar et assiste à des scènes d’une grande violence. "Plus on avançait, plus on avait des cas extrêmes. Des grands brûlés, qui n’avaient plus de visages ou de cheveux. (...) Les vêtements fondaient dans la peau." 

Les pompiers pleuraient. C’était pire qu’un film d’horreur.

Pour évacuer les blessés, il improvise, aidé d’autres personnes, des civières avec les structures métalliques des canapés. L’adolescent décrit des scènes chaotiques et des choix impossibles. "On devait parfois poser des victimes par terre et les "abandonner" pour aller chercher celles qui étaient encore à l’intérieur. (...) J’ai vu beaucoup de gens mourir devant mes yeux." Dans une panique totale, il court chercher des couvertures dans les bars annexes, sous -11 degrés. 

Jusqu’à 5h du matin, Gianni fait tout son possible pour aider les victimes. Le jeune homme déplore que si peu de civils soient intervenus,"trois ou quatre seulement". Les professionnels, dépassés, sont aussi sous le choc. "Les pompiers pleuraient. C’était pire qu’un film d’horreur." Au lendemain du drame, le jeune homme a du mal à réaliser ce qu’il a vécu."Aucun humain ne devrait, dans sa vie, voir une situation pareille (...) Ça fait presque 48 heures que je ne dors pas.", conclut-il au micro de TF1, le 2 janvier.

Au moins quatorze Français blessés

Beaucoup de victimes ne sont pas encore identifiées et de nombreuses personnes sont encore à la recherche de leurs proches qui n’ont pas donné signe de vie depuis le drame. Les appels à témoins affluent sur les réseaux sociaux et les internautes sont nombreux à proposer leur aide. Le bilan des victimes décédées reste toujours provisoire. Au moins quatorze Français ont été blessés dans l’incident, et huit autres ne sont pas encore localisées, a précisé le Quai d’Orsay dans un communiqué. La majorité des victimes est hospitalisée en Suisse, mais aussi en Allemagne et en Italie. Plusieurs grands brûlés ont également été transférés en France, à Paris ou à Lyon. Le porte-parole du Quai d’Orsay a indiqué que la France réservait 19 lits pour l’accueil des blessés. 

S’agissant de l’enquête pour déterminer la cause de l’incendie, celle-ci est toujours en cours. Plusieurs témoignages attestent que des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne juchée sur les épaules d’une autre, "show" habituel dans cet établissement, ont provoqué le drame.

Messe à l'intention des victimes 

Incendie en Suisse : Gianni a bravé les flammes pour aider les victimes

Le 1er janvier au soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées spontanément à proximité du bar pour rendre hommage aux victimes. "Ce moment de recueillement était bouleversant : des centaines de jeunes, silencieux, se tenaient enlacés, portant fleurs et bougies", a confié au site cath.ch l’abbé Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion. Une messe a également été célébrée ce jour-là. "Au moins 400 personnes y ont participé. L’église était comble et certains fidèles ont dû rester à l’extérieur. Des paroissiens comme des sauveteurs étaient présents." L’abbé a salué "la présence de chacun dans ce contexte de drame terrible, en profonde communion avec toutes les victimes, les familles toujours sans nouvelles de leurs enfants, les jeunes, ainsi que toutes les personnes engagées dans les soins et l’accompagnement". Le diocèse a annoncé qu’une messe à l'intention des victimes de l’incendie sera célébrée le 4 janvier à 10h en la chapelle de Crans-Montana. Elle sera présidée par l’évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey. 

Léon XIV s’associe quant à lui "au deuil des familles et de toute la Confédération helvétique", a indiqué le cardinal Pietro Parolin dans un document adressé à l’évêque de Sion, le 2 janvier. Le Pape désire ainsi "manifester aux proches des victimes sa compassion et sa sollicitude" après le drame. Le cardinal a précisé que le pontife "prie le Seigneur d’accueillir les défunts dans Sa demeure de paix et de lumière, et de soutenir le courage de ceux qui souffrent dans leur cœur ou dans leur corps."

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