Et si votre lecture allait plus loin ?
Avec l’abonnement Aleteia, recevez notre magazine trimestriel, accédez à des contenus qui prennent le temps d’approfondir, et soutenez une information qui fait grandir.
Nul ne peut prédire l’avenir et le premier dossier majeur à traiter par Léon XIV sera celui de l’incertitude. Un certain nombre de conflits, de scandales, d’imprévus surgiront en 2026, comme tous les ans. Et le propre du pape et de l’Église est de parvenir à surmonter ces crises imprévues. Mais dans le cadre d’un monde incertain, plusieurs dossiers sont eux tout à fait certains et suscitent déjà de grands défis au Vatican.
Italie : une foi à retrouver
Le premier défi est celui de l’Italie, où la pratique du catholicisme s’effondre. La fermeture des églises durant l’épisode du Covid a provoqué une rupture et un abandon de la pratique, qui n’a jamais été retrouvé. À bien des égards, l’Italie traverse la même crise spirituelle que la France des années 1960 : les églises se vident, les séminaires aussi, et le catholicisme comme pratique spirituelle s’efface de l’horizon des consciences. À quoi s’ajoute une crise sociale d’envergure. L’Italie est l’un des pays d’Europe le plus touchés par la dénatalité, et cela depuis plusieurs années, y compris chez les familles catholiques. Le pays connaît de nouveau une émigration, comme au début du XXe siècle. Mais ce ne sont plus les couches rurales pauvres qui quittent le pays, mais les jeunes bien formés et bien diplômés, qui vont trouver ailleurs en Europe les emplois auxquels ils ne peuvent pas accéder dans leur pays. Une fuite des cerveaux et des talents qui est préjudiciable à moyen terme pour le pays et qu’aucune politique ne parvient à enrayer. Ces problèmes italiens sont préjudiciables à l’Église universelle, tant l’Italie fournit des prêtres aux nonciatures, aux diverses congrégations missionnaires et des cadres intellectuels et humains pour l’Église. Plus que jamais, Léon XIV devra être évêque de Rome et de l’Italie pour redonner un souffle spirituel à un pays qui s’embourbe.
Ukraine : un pays à reconstruire
La paix en Ukraine finira bien par arriver. Mais le grand défi diplomatique est d’en faire une paix durable et profonde, et non un cessez-le-feu temporaire pour une guerre qui pourrait reprendre dans dix ans. L’Église gréco-catholique demeure importante en Ukraine. En 2022, elle représentait 6 millions d’Ukrainiens, soit 8 % de la population. À quoi s’ajoutent des catholiques de rite latin et des gréco-catholiques ruthènes. Avec la perte de territoires à l’ouest du pays et de populations ukrainiennes orthodoxes qui sont soit parties en Russie, soit seront rattachées à la Russie, le pourcentage des catholiques ukrainiens va mécaniquement augmenter. Leur rôle va être majeur dans la reconstruction du pays, tant sur le plan matériel que spirituel et moral. Comme après toutes les guerres, la reconstruction morale et le pardon des populations seront un enjeu majeur. Une fois la paix signée, un voyage du pape en Ukraine n’est pas à exclure, ce qui apporterait incontestablement un grand baume au cœur pour ces populations martyrisées.
Mondes musulmans : poursuivre le dialogue
François avait beaucoup fait avec les mondes musulmans, notamment par ses visites et ses rencontres. Léon XIV devra reprendre et poursuivre ce dialogue, qui est essentiel. Cela a d’ores et déjà débuté, lors de ses voyages en Turquie et au Liban. En s’appuyant sur les chefs spirituels et politiques désireux d’empêcher la victoire des islamistes, le Vatican trouve des relais et des personnes avec qui il est possible d’échanger et de mener des politiques communes.
Amérique latine : des sociétés fragmentées
Celui qui fut évêque au Pérou ne peut rester insensible à la route prise par l’Amérique latine. Le continent est de plus en plus gangrené par les réseaux criminels, qu’ils soient ou non producteurs de drogue. Le combat des États-Unis contre les embarcations clandestines l’illustre, même si cette contre-offensive s’avère insuffisante. À ce fléau de la drogue, qui engendre corruption et criminalité, s’ajoute celui de gouvernements corrompus et violents, voire antichrétiens, comme c’est le cas au Nicaragua. Là aussi, la diplomatie du Saint-Siège peut être une aide spirituelle pour les populations et un lieu d’échanges et de négociations, comme ce fut le cas pour Cuba.
Chine : la grande muraille
Depuis que Benoît XVI a tendu la main à la Chine, le Vatican se heurte à une muraille. Certes, un accord a été conclu avec Pékin, mais celui-ci est loin d’être respecté et de régler l’absence de vraie liberté religieuse. La Chine est l’un des grands échecs du pontificat précédent. Face à un régime qui ne veut rien entendre et ne laisser aucune liberté, le Saint-Siège est dans une impasse et en manque de solutions. C’est un défi manifeste pour Léon XIV, qui devra trouver des moyens d’établir un vrai dialogue avec Pékin.










